La mission de Shine ? Simplifier le quotidien des entrepreneurs et des dirigeants via un compte pro responsable, qui propose des services en ligne et un véritable copilote administratif. En bref, alléger leur charge mentale administrative et leur permettre de se concentrer sur leur activité. La Start-up, fondée en 2017, compte désormais 170 collaborateurs et est en pleine croissance avec une moyenne d’âge de 30 ans. Rencontre avec Mathilde Callède, VP People & Culture.

Quelle est votre politique vis-à-vis du télétravail ?
Mathilde Callède. Nous avions déjà beaucoup de télétravail avant la crise, mais nous avons aujourd’hui encore plus de flexibilité qu’il y a deux ans. Les horaires sont aménageables pour les jeunes parents, mais aussi par exemple pour les sportifs qui préfèrent s’entraîner en journée et donc travailler plus tard le soir.

Nous avons désormais trois cas de figures parmi nos salariés :
– Les personnes habitant en région parisienne qui peuvent télétravailler à leur convenance. Ce sont celles qui viennent au bureau le plus régulièrement ;
– Les personnes en full remote en France. Elles viennent au bureau une fois par mois pour une période de deux jours ;
– Les personnes en full remote en Europe avec un décalage horaire de 2h maximum. Elles viennent au bureau une semaine deux fois par an. Nous avons mis en place cette possibilité depuis quelques mois. À noter que ces personnes sont en portage salarial.
Les frais de transport sont pris en charge par l’entreprise pour ces allers-retours au bureau. Shine prend aussi en charge un leasing d’ameublement pour que chacun soit bien installé à la maison ou une place dans un espace de coworking proche du domicile.

Comment parvenez-vous à garder de bons liens et une cohésion d’équipe ?
M.C. C’est LA question qui nous préoccupe le plus, et c’est un travail de tous les instants. Nous travaillons beaucoup en asynchrone pour que tout le monde soit au même niveau d’informations et de connaissances. Pour les nouvelles recrues, la première semaine se passe toujours intégralement au bureau. Si la personne n’habite pas en région parisienne, nous prenons en charge les frais de transport et d’hébergement.

Les journées au bureau permettent de se voir et de tisser des liens, mais nous entretenons la cohésion par des rituels. Les managers organisent régulièrement des temps d’échanges formels et informels avec leur équipe. Qu’il s’agisse de jeux en ligne ou de cafés virtuels, ces moments sont importants. Ce sont des points de contact qu’il ne faut pas négliger. Nous organisons un séminaire de 3 jours par an avec tout l’effectif, toujours en France pour limiter notre empreinte carbone. Chaque manager a aussi un budget pour proposer un moment hors bureau à son équipe : restaurant, escape game, etc. 

Comment accompagnez-vous les managers ?
M.C. Nous avons mis en place des formations et un accompagnement par l’équipe “People Partner”. Nous les aidons pour réaliser les entretiens, animer des réunions, apprendre à faire des feedbacks constructifs… Les échanges se font par petits groupes pour partager des clés. Nous faisons aussi du codéveloppement entre managers : chacun vient avec une problématique pour la résoudre ensemble. C’est très efficace !

Vous proposez 1 jour de freelancing par mois à vos salariés. En quoi cela consiste exactement ? Et quelles sont les vertus individuelles et collectives de cette initiative ?
M.C. C’est l’occasion pour nos collaborateurs de se mettre dans la peau de nos clients (avec un compte premium offert !) et donc d’améliorer nos offres. Ils peuvent travailler pour une autre entreprise, développer des projets personnels ou encore donner un coup de main à des associations. Cela leur évite de le faire le soir ou le week-end. Et puis cela leur apporte de nouvelles compétences, mais aussi de nouvelles idées ! Cette journée en freelancing est source de créativité. Une de nos collaboratrices qui travaille aux opérations bancaires construit ainsi des violons sur ce temps !

Vous avez choisi la transparence pour les salaires. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement, et pourquoi ce choix ?
M.C. Nous sommes persuadés des bénéfices d’une grille des salaires publique pour assurer une équité aux candidats. Nous avons alors choisi de communiquer ce que nous pensons être le bon niveau de salaire pour chacun de nos métiers. En interne, notre grille permet de donner un cadre à la politique de rémunération et d’assurer une ambiance plus saine entre management et salariés ainsi que dans les équipes. La rémunération fixe chez Shine se construit selon 4 critères : une classification par métier, un bonus d’ancienneté dans la vie active, un bonus “personnes à charge” et une prime parisienne. Cette grille ne cesse de s’enrichir selon les nouveaux métiers qui composent l’équipe et selon le marché. C’est une initiative très appréciée en interne. Elle évite des inégalités, notamment de genre : ce sont souvent les meilleurs négociateurs qui ont de meilleurs salaires, cette grille enlève un vrai poids et de la pression.

Quelles sont vos initiatives en matière de RSE ?
M.C. Nous aspirons en tant qu’entreprise à avoir un impact social et écologique positif. Nous avons à cœur de favoriser la diversité et l’inclusion au sein des équipes ainsi qu’au sein de notre communauté. Nous avons d’ailleurs reçu le label B-Corp, qui reconnaît les entreprises qui respectent des normes sociales et environnementales élevées. C’est un projet qui a été mené de manière transversale par des salariés volontaires et intéressés par ce sujet. Nous formons tous nos salariés à la fresque du climat pendant leur premier mois d’arrivée. Nous faisons aussi partie du mouvement 1 % pour la planète : nous reversons donc 1 % de notre chiffre d’affaires annuel à des associations environnementales.

Nous tenions à ce que nos clients et nos employés choisissent les associations auxquelles nous reverserons ce premier don. Nous avons organisé un vote en début d’année pour leur permettre de choisir les quatre organisations qui allaient recevoir chacune un quart de notre 1 %. Il est enfin important pour nous d’incarner ses engagements en interne : pas de déplacements en avion, des menus végétariens lors de nos repas d’entreprise, une grande cuisine au bureau… Quand on va chercher à manger à emporter le midi, on apporte systématiquement nos tupperwares (il y a une armoire dédiée au siège). Au départ, notre “gang de tupperwares” intriguait dans le quartier. Cela a interpellé et questionné. Notre initiative a été depuis suivie par d’autres !

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Diplômée de Sciences-Po Paris, Fabienne Broucaret est la fondatrice et la rédactrice en chef de My Happy Job. Conférencière, passionnée par les questions de mixité, elle est aussi l’auteure des livres "Le sport, dernier bastion du sexisme ?" et "A vos baskets toutes ! Tour de France du sport au féminin" (Michalon). Elle a aussi co-écrit “2h chrono pour déconnecter (et se retrouver)” avec Virginie Boutin (Dunod, mai 2018).

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