Depuis juin dernier, les salariés sont nombreux à revenir au bureau. Leur regard sur le travail est-il toujours le même ? Leurs nouvelles attentes ont-elles trouvé des réponses ? Le niveau de détresse psychologique est-il durablement élevé ?  

La 8ème vague du baromètre de la santé psychologique des salariés en période de crise réalisé par OpinionWay pour Empreinte Humaine montre que si la situation s’améliore légèrement avec le retour au bureau, les salariés français sont épuisés par 18 mois de crise et aspirent à changer de vie. 

Les indicateurs de l’état psychologique des salariés demeurent inquiétants même si l’on observe une diminution par rapport au mois de mai 2021. Cette légère amélioration s’explique principalement par une baisse pour les managers de leur taux de détresse psychologique (-14 points) qu’on peut attribuer à une forte diminution du 100% télétravail pour eux. Sans surprise, les femmes et les jeunes continuent d’être gravement touchés avec respectivement 44% de situation de détresse psychologique (33% pour les hommes) et 50% de détresse psychologique chez les moins de 39 ans. 

Malgré cette amélioration, après plusieurs mois de crise, le nombre de burn out sévères a grimpé de 25% par rapport à mai 2021. Les managers demeurent les plus touchés : 18% d’entre eux sont en burnout sévère. Les niveaux élevés de burnout s’expliquent par l’épuisement de leurs ressources personnelles.

Environ 1/3 des organisations ont mis en œuvre des mesures de fond notamment avec l’implication du top management, ce qui améliore de 30 points la santé psychologique des salariés, leur fidélité envers leur organisation. La sortie de crise semble avoir encore renforcer les attentes des salariés envers leur entreprise : 82% (+12 points) veulent que les politiques de qualité de vie au travail de leur entreprise évoluent.   

Changements de vie et déménagements

Pas moins de 19 % des salariés déclarent avoir déménagé depuis le début de la crise (ce taux monte à 35% pour les télétravailleurs). Les télétravailleurs ayant déménagé présentent quant à eux, 15 points de détresse psychologique de moins que les autres (28 % vs 43%). Enfin, parmi les 20% des salariés déclarant avoir été en arrêt maladie pour des raisons psychologiques 69% d’entre eux déclarent avoir déménagé. Ce qui confirme le lien en santé mentale et volonté de changement de vie. 

« Ces chiffres sont riches d’enseignements car ils expriment un vrai changement du rapport au travail et des priorités des salariés Français, expliquent Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d’Empreinte Humaine, et Jean-Pierre Brun, co-fondateur d’Empreinte Humaine et expert conseil. Ils sont épuisés par ces mois de crises, par les confinements suivis des déconfinements et aspirent à changer en particulier pour préserver leur santé mentale au travail. Mais au-delà cela démontre un changement de rapport au travail et pose une question de fond celle du sens du travail. » 

Retour au bureau, télétravail et modèle hybride

Selon les résultats de l’étude 46% des salariés français télétravaillent (-4) dont :

·         39% en hybride (+11) 

·         7% en 100% télétravail 

12% des salariés interrogés disent n’être jamais retournés dans les bureaux depuis le début de la crise. Le niveau de détresse psychologique étant de 56% pour ces deniers, contre 36% quand ils y sont retournés. 

Prise de conscience et rééquilibrage des choix de vie 

La croissance post-traumatique (la résilience mesurée grâce à un questionnaire scientifique) se confirme et continue avec la sortie de crise :

·         69% des salariés apprécient mieux la valeur de la vie 

·         58% qui ont changé leurs priorités 

·         50% qui ont de nouveaux centres d’intérêt 

·         47% qui ont donné une nouvelle orientation à leur vie 

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Diplômée de Sciences-Po Paris, Fabienne Broucaret est la fondatrice et la rédactrice en chef de My Happy Job. Conférencière, passionnée par les questions de mixité, elle est aussi l’auteure des livres "Le sport, dernier bastion du sexisme ?" et "A vos baskets toutes ! Tour de France du sport au féminin" (Michalon). Elle a aussi co-écrit “2h chrono pour déconnecter (et se retrouver)” avec Virginie Boutin (Dunod, mai 2018).

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