Laëtitia Vitaud est devenue experte du futur du travail après avoir été prof, un métier qu’elle rêvait d’exercer enfant. Aujourd’hui auteure et conférencière, elle a co-fondé le média “Nouveau Départ” et vient de lancer “Vives média” avec Bayard presse.
 

Ayant vécu en Angleterre et en France, habitant aujourd’hui en Allemagne, elle nous apporte dans ce podcast un éclairage international sur le monde du travail, et notamment sur les inégalités hommes-femmes.

Comprendre le monde du travail au-delà de l’opérationnel

Ce qui la passionne dans le sujet du travail ? “Je suis partie de ma vie personnelle, j’ai été malheureuse au travail dans ma première expérience au sein d’une société en services informatiques, je ne savais pas ce que je voulais exactement après HEC. Je suis partie de ce sujet intime pour aller vers un angle plus politique, économique et sociétal. Je suis aussi passionnée d’histoire et d’interculturel, j’aime appréhender le sujet travail sous différents prismes, comprendre le monde du travail au-delà de l’opérationnel.”

Selon elle, les changements apportés par la crise sont profonds : “Beaucoup de transitions déjà à l’œuvre se sont accélérées depuis 18 mois. Il y a aussi eu des prises de consciences, par exemple l’imbrication entre le privé et le professionnel. La crise a fortement touché les femmes. On parle désormais de “Shecession”. Je sens émerger une vague de prises de conscience et de questionnements, les inégalités hommes-femmes sont désormais un enjeu de société et un enjeu politique.”

En Allemagne, avoir un enfant, c’est renoncer à son indépendance économique !

Laëtitia Vitaud explique aussi les différences de situations pour les femmes en France, en Angleterre et en Allemagne. “Dans ces deux pays, les femmes travaillent moins, il y a plus de temps partiel, les écoles se reposent beaucoup sur les femmes. En France, les femmes sont des superwomen qui doivent être partout ! Elles ont une pression énorme.”

Connaissez-vous l’indicateur de pénalité maternelle ? Il montre comment la carrière des femmes recule après la maternité en mesurant l’écart de revenus 10 ans après la naissance d’un enfant par rapport à avant. “Au Danemark, il est de 20%, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis de 40% et en Allemagne il s’élève à 62% ! En France, il est estimé entre 30 et 40%, mais on manque encore de données. ”

Le présentéisme, un mal bien français !

Les différences culturelles dans les manières de travailler existent bien, notamment en matière de présentéisme. “En Angleterre et en Allemagne, c’est mal vu de rester tard au bureau. Mais je constate aujourd’hui en Allemagne un brouillage, beaucoup se plaignent des mails le soir, ce qui était moins le cas avant la crise.”

Pour elle, penser que retourner au bureau va automatiquement relancer l’engagement et de collectif est un leurre. “Il n’y aura pas comme par magie de la sérendipité, des rencontres, des échanges… Le lieu ne fait pas tout ! Il faut travailler sur les rituels, la communication, les valeurs partagées, l’accès à l’info, etc. pour créer le sentiment d’appartenance. Il peut y avoir du lien social à distance, ce n’est pas simple, mais pas impossible non plus. Et inversement, ce n’est pas parce qu’on travaille dans le même lieu qu’il y aura forcément du collectif et de vrais liens.”
 

Egalement au menu de ce podcast : Qu’est-ce qu’une journée de travail réussie pour elle ? Son astuce pour bien télétravailler ? A quoi ressemble son bureau ? Sa plus grande fierté professionnelle ?

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Diplômée de Sciences-Po Paris, Fabienne Broucaret est la fondatrice et la rédactrice en chef de My Happy Job. Conférencière, passionnée par les questions de mixité, elle est aussi l’auteure des livres "Le sport, dernier bastion du sexisme ?" et "A vos baskets toutes ! Tour de France du sport au féminin" (Michalon). Elle a aussi co-écrit “2h chrono pour déconnecter (et se retrouver)” avec Virginie Boutin (Dunod, mai 2018).

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