
Dans un contexte de restriction du “tout télétravail”, les entreprises doivent repenser les usages de leurs bureaux. Les espaces, désormais pluriels, hybrides et modulables, répondent autant aux différents rythmes et besoins des salariés qu’à l’optimisation de chaque mètre carré.
Face à l’hybridation des modes de travail, l’aménagement des bureaux devient un axe stratégique pour les entreprises : il doit être aligné avec les pratiques opérationnelles, améliorer le bien-être, favoriser la performance collective et encourager les collaborateurs à venir… et à rester. Voici cinq tendances à suivre pour répondre à ces nouveaux équilibres.
1° Des espaces modulables et polyvalents
C’est acté : l’open space “bétaillère” et les postes figés appartiennent définitivement au passé. Place aux bureaux non attitrés et aux espaces flexibles capables de s’adapter aux équipes à temps plein et aux salariés en rotation. “Les open spaces sont plus élaborés et plus structurés, avec des bases ouvertes et évolutives dans le temps. Il s’agit presque d’un travail de dentelle, avec plein de détails”, explique Camille Rabineau, du cabinet-conseil en aménagement de bureaux Comme on Travaille.
Les zones partagées sont ainsi composées de plateaux flexibles, configurés en îlots d’une dizaine de bureaux modulables et ergonomiques. Ils intègrent du mobilier réglable et souvent mobile (sur roulettes), des solutions assis-debout et des cloisons amovibles, avec, si possible, des rangements. Des tables de réunion, des espaces supports pour travailler en petit comité et des bulles insonorisées ponctuent ici et là l’aménagement des espaces actuels. “Quand les salariés sont sur site, on estime que les bureaux doivent pouvoir répondre à douze usages quotidiens : se concentrer, travailler à deux, échanger, se réunir collectivement, recevoir les clients, se détendre…”, analyse Lynda Pariot, Head of Workplace Strategy & Change Management chez CBRE France, spécialiste de l’immobilier d’entreprise.
2° L’optimisation de chaque recoin compte
Face à la pression des loyers, les entreprises cherchent à augmenter la valeur d’usage de chaque mètre carré. “Couloirs, zones intermédiaires, arrières de salles de réunion… sont agencés en nouveaux espaces d’échanges et de collaboration”, remarque Karin Gintz, directrice générale de Vitra France, dont la nouvelle collection Beta intègre une structure en gradins baptisée Reset, qui s’assemble, se réagence et se démonte au gré des besoins. Dans cette quête d’optimisation des coûts, la tendance est également à la sobriété, avec le recours fréquent à du mobilier reconditionné et à des matériaux écoresponsables.
3° L’acoustique, nouvelle pierre angulaire
Le bruit, longtemps resté l’angle mort des projets d’aménagement, devient un sujet central. 65 % des salariés déclarent en souffrir*, entraînant une baisse de leur productivité estimée à 15 %. Abordée de manière globale au niveau du second œuvre (sols, faux plafonds…), l’acoustique est de plus en plus intégrée aux modules de travail.
Cloisons absorbantes, panneaux suspendus, moquettes isolantes, écrans antibruit pour les bureaux en vis-à-vis sont complétés par des “quiet rooms” et/ou l’installation de cabines acoustiques au cœur même des plateaux. “Ces bulles sont quasi systématiques dans les nouveaux projets. Performantes, intégrant de la connectique, elles sont plus flexibles que des espaces cloisonnés”, remarque Lynda Pariot.
4° Confort et bien-être, leviers de rétention
Le bureau doit aussi être attractif et “apporter aux salariés une vraie valeur ajoutée par rapport au télétravail à la maison”, pointe Camille Rabineau. Assises ergonomiques, supports d’écran surélevés, repose-pieds, repose-poignets, souris verticales, stations de travail assis-debout sont autant d’équipements qui favorisent le confort et réduisent les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS).
Côté design, les entreprises adoptent de plus en plus les codes de l’hôtellerie, avec des matériaux nobles (bois clairs, tissus texturés…), des coins “lounge” meublés de canapés et tables basses ou encore des alcôves de tranquillité. Les couleurs sont choisies en fonction des usages : tons neutres pour les espaces de réflexion, avec une tendance pour la terracotta, le beige, le bleu nuit ou le vert sauge. “Une attention particulière est portée aux hot spots (lieux d’échanges, salles de pause et zones détente/café…) en termes de matériaux, de colorimétrie, de végétalisation, mais aussi de services”, note Lynda Pariot.
5° De la technologie à tous les étages
La tech est devenue une alliée indispensable pour accompagner les nouvelles formes d’occupation. Les capteurs intelligents permettent d’anticiper ou de gérer en temps réel l’occupation des bureaux et de réguler l’éclairage ou la température des espaces. “Les salariés doivent pouvoir réserver leur place en arrivant, se brancher simplement et partout, sur les postes de travail, mais aussi sur les dispositifs de visioconférence”, indique Camille Rabineau. Au-delà de la réduction de la consommation énergétique des bâtiments, ces outils de pilotage automatisé offrent également aux collaborateurs un environnement propice à la qualité de vie au travail.
* Enquête européenne sur les conditions de travail 2024, Eurofound.
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