Chez Axon’ Cable, le bien-être et la santé des salariés sont une priorité, pas un concept à la mode

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Pourquoi un fabricant de câbles, notamment pour l’aéronautique, investirait dans un cloître, un château ou encore une ferme  ? Pour les transformer en espaces de travail pour ses salariés. De quoi augmenter la productivité et leur bien-être. Plus que ça, le président d’Axon’ Cable, Joseph Puzo, mène des programmes réellement innovants en matière de santé au travail.

« Le travail est plus agréable si on voit des vaches depuis les fenêtres de l’usine », résume Joseph Puzo. Le président d’Axon’ Cable, fabricant de câbles électroniques installés à Montmirail dans le Grand Est, a installé ses usines dans des espaces atypiques… et jolis. « Dans les années 90, j’ai racheté une ferme briarde à deux kilomètres de notre usine principale pour créer une usine d’assemblage : la proximité était idéale, et la ferme, un ancien hôtel Dieu, était abandonnée, mais en bon état, donc ne coûtait pas cher », raconte-t-il. A la ferme, les pauses se font près de la rivière, les salariés voient les vaches de leur poste de travail et reviennent le samedi pour faire des barbecues ! « Les 15 personnes qui s’y sont installées ont très vite réalisé en quatre jours le travail auparavant fait en cinq. Quand j’ai demandé pourquoi, elles m’ont répondu qu’ici, elles n’étaient pas stressées », se souvient-il.

Un jardin médiéval, une rivière et une abbaye

Cinq ans plus tard, Joseph Puzo cherche de nouveau un lieu pour une usine de câbles pleins. « Je voulais un endroit en centre-ville pour que les gens puissent déjeuner chez eux le midi. On m’a proposé le cloître de d’Orbais, qui jouxte l’abbaye du XIIe siècle » poursuit-il. Les architectes des bâtiments de France tiquent car le patrimoine est classé, mais le dirigeant promet de ne pas toucher à l’aspect extérieur.

Il obtient le feu vert, relève la pelouse du cloître de 4 mètres et installe l’usine en dessous, avec des baies vitrées verticales. « Les salariés voient un jardin médiéval, une rivière et l’abbaye », décrit-il. Autre avantage : la température, stabilisée par la construction, est idéale pour les machines. En 2000, Axon’ Cable rachète le Château de Montmirail pour installer une nouvelle usine dans l’Orangerie. Mais un changement de contexte – l’arrêt du téléphone mobile au profit du spatial – modifie les besoins et la nouvelle usine est finalement construite de l’autre côté de Montmirail. L’entreprise conserve le château pour ses séminaires et conférences. « On y fait des réunions d’équipes, des sessions de formation, et on y invite nos clients, en parallèle du Salon du Bourget par exemple », explique Joseph Puzo qui suit cette stratégie du beau depuis trente ans.

Car le bien-être et la santé de ses salariés sont pour lui une réelle motivation, pas un concept à la mode. « Dans mon usine, le taux de rotation et le taux d’absentéisme après 55 ans sont faibles » se félicite-t-il. Malgré sa situation rurale, et grâce à un programme locatif à bas coût pour ses stagiaires en fin d’études, le président réussit à recruter des profils d’habitude plutôt attirés par les grandes villes.

Axionate, pour se bouger en entreprise !

Son programme de sport en entreprise y est peut-être pour quelque chose. L’histoire commence cette fois au Mexique, pays où Axon’ Cable est implanté et où le taux d’obésité est très élevé. « Le gouvernement a lancé un programme Actionnate (bougez-vous) porté par la médecine du travail. Dans mon usine, une dame a perdu 11kg en un an et demi ! ». Séduit, il décide de l’appliquer à tous ses lieux de travail. Concours de baby-foot, tournoi de pétanque, sessions de découvertes sportives comme le yoga ou le volley, organisation d’un groupe de cours à pied… « Axionate » a pour objectif d’améliorer le bien-être, la convivialité et la cohésion de groupe selon 5 axes : le bien-être, le sport, la nutrition, l’hydratation et l’échange. Les activités proposées changent chaque trimestre. L’entreprise a également activité le programme de prévention santé Vitality, proposé par son assureur Generali, pour inciter ses collaborateurs à mieux manger ou encore bouger davantage. Fin 2018, 350 salariés, répartis en 30 équipes, ont ainsi réalisé un tour du monde connecté via l’application Kiplin. Les pas cumulés leur ont permis de sillonner le monde, virtuellement, en passant par les pays où se trouvent les filiales du groupe.

Une gestion innovante de la médecine du travail

Pour aller encore plus loin, Axon’ Cable, première organisation en France à avoir été certifiée ISO 45001 en mars 2018, s’est aussi associé à la médecine du travail pour accompagner au mieux ses collaborateurs. La démarche est née, cette fois, non pas d’une volonté personnelle… mais d’un manque de médecin !  « La médecine du travail connaît une pénurie et nous devions aller à Épernay pour les visites. Cela représentait un surcoût de 400 000 euros par an pour notre usine », regrette le président qui propose alors une expérimentation, au centre de santé, puis au ministère et enfin au président de la République François Hollande lui-même. Les salariés d’Axon’ Cable seront suivis par une infirmière sur place, et par un médecin à distance. Ce fonctionnement en équipe pluridisciplinaire a depuis été étendu à la France entière et inscrit dans la loi.

Enfin Axon’ Cable, qui a reçu le label « Generali Performance Globale » pour ses performances en matière de gestion des risques et de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE), est à l’origine d’un programme de détection des risques de mort subite et du pré-diabète. La région Grand Est a en effet été sensible aux arguments de l’entreprise et va désormais financer le dépistage des risques cardiovasculaires, par la médecine du travail, pour les 1,3 millions de salariés de la région. L’opération « Cardionum » sera lancée officiellement à la fin de l’été.

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Photos DR

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Titulaire d’un master de journaliste au Celsa (Paris), Lucie Tanneau est journaliste indépendante, sillonnant la France, et plus particulièrement l’Est de la France au gré des thèmes de ses articles. Elle collabore à de nombreux titres, de Liaisons sociales magazine, La Vie, et Okapi, en passant par Grand Est, l’Est éclair, Village, et Foot d’Elles.
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