TMS : “Les douleurs ne sont pas une fatalité, mais un signal qui doit nous faire réagir !”

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A l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le 28 avril, zoom sur les troubles musculosquelettiques (TMS) avec David Chérubin, co-fondateur de Yusse. Enseignant au sein de l’Ecole Nationale de Kinésithérapie et de Rééducation, élu et chef de projet à l’Union Régionale des Professionnels de Santé, il nous éclaire sur la prévention en entreprise.

Quels sont les TMS les plus fréquents ?
Les régions corporelles concernées sont principalement le dos, les épaules et les poignets. Les TMS des membres inférieurs sont plus rares et concernent principalement le genou. Parmi les plus fréquents, on peut citer les lombalgies, les troubles du rachis cervical, le syndrome du canal carpien…

Quelles en sont les causes principales ?
Les TMS sont le résultat de la combinaison de multiples facteurs liés au poste de travail et à son environnement, à l’organisation du travail, au climat social dans l’entreprise, à l’accroissement des contraintes de productivité ou encore à l’intensification du travail.

Les TMS touchent-ils tous les secteurs d’activités ?
Oui ! Ce qui varie, ce sont la prévalence et les zones touchées. Mais il est erroné de croire que seuls les métiers manuels, agricoles ou industriels sont concernés. Les TMS sont, en France, la première cause de maladie professionnelle, et aucun domaine n’est épargné.

Il est donc urgent pour les entreprises d’agir en prévention…
Tout à fait car les TMS ont un vrai coût économique et social. Ils sont une source de désorganisation majeure, peuvent entraîner une baisse de performance et avoir un impact majeur en matière d’absentéisme et de turnover. La prévention des TMS est un enjeu majeur pour les ressources humaines.

Comment agir concrètement ?
Le premier niveau d’action correspond à de la sensibilisation des salariés, via des formations ou des événements afin d’expliquer les causes des TMS et les manières d’y remédier. Ensuite, une adaptation ergonomique des postes de travail est possible. L’activité physique sur le lieu de travail est également un élément clé en matière de prévention.

Que pensez-vous justement des échauffements réalisés sur le lieu de travail avant la prise de poste ?
C’est une solution intéressante quand l’échauffement est bien fait. Les effets positifs sont avérés, notamment sur la baisse des arrêts de travail. Mais on constate aussi une hausse de l’engagement des équipes. Cela a un impact positif sur le travail en équipe, sur la motivation et sur l’ambiance. La régularité est déterminante pour vraiment changer les comportements.

Comment parvenir à de vrais changements individuels ?
La connaissance de sa propre physiologie est essentielle. Une multitude de facteurs agissent sur les TMS et les RPS : la nutrition, l’hydratation, le sommeil, les postures… Il faut avoir une vision globale de l’individu et activer plusieurs leviers. Au-delà de ce que propose l’entreprise, chacun doit donc être acteur de son bien-être au travail et en dehors. Certains se disent qu’on ne peut rien y faire. Les douleurs ne sont pas une fatalité, mais un signal qui doit nous faire réagir. Pour cela, la répétition est indispensable pour installer de bonnes habitudes. L’idéal ? Que les formations soient co-construites avec les collaborateurs pour qu’ils puissent s’approprier les conseils et les bonnes pratiques. Il faut en finir avec les cours magistraux, et favoriser des sessions participatives.

La technologie peut-elle aider à cela ?
Oui, en étant au service de la pédagogie. La réalité virtuelle ou augmentée permet, par exemple, de marquer davantage les esprits et d’augmenter l’appropriation. Les participants aux formations deviennent des acteurs. On constate de meilleures retombées avec ce genre d’immersion et de simulation réalistes, notamment via des casques.

 

 

 

 

 

 

 

 

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