Savoir dire non au travail ? C’est possible ! Mais cela demande quelques efforts… Pour ce 6ème “Happy Team“, Noémie Martin Pascal, co-fondatrice de la start-up Bloomr, vous donne des pistes à suivre.

Oui, je peux venir à cette réunion. Oui je peux répondre à ce client. Oui je peux te sortir ces chiffres. Oui on peut faire un point cet après midi. Oui j’accepte ce nouveau projet. Oui je peux organiser le team building du mois. Oui, oui, oui.

Et finalement ?

Oui, je me sens sous l’eau. Oui, je suis stressée. Oui, j’ai du mal à boucler mes dossiers. Oui, je dois faire des heures sup’ pour faire face à tout ça. Et oui, j’ai l’impression de tout faire à moitié.

Parce que non, je ne sais pas dire non. Peur qu’on me juge, qu’on me prenne pour un.e tire au flanc, qu’on m’accuse de manquer d’esprit d’équipe, qu’on ne me confie plus aucune responsabilité à force d’en refuser et de rater une opportunité, peur de la confrontation.

La difficulté à dire non est répandue au travail, y compris entre collègues sans lien hiérarchique. Pourtant, dire oui alors qu’on n’est pas en mesure de répondre correctement à la demande, que ce soit par manque de temps, de compétences ou d’envie, lèse tout le monde.

Et si on reconnaissait l’importance du droit au non pour des relations saines au travail et on apprenait à le dire et à le recevoir sereinement ?

Le refus n’est pas forcément une opposition. Souvent, ce n’est pas tant pour dire non à quelque chose que pour continuer à dire oui – à ses projets en cours, à son équilibre, à son efficacité. Finalement, c’est le gage d’une motivation et d’une efficacité durable. On concentre son temps sur ce qui importe et crée de la valeur.

Quelques clés pour exprimer un “non” ferme et serein :

  • Entraînez-vous par des petits refus pour vous confronter à votre peur du non (ex : refuser d’aller à une réunion où vous n’alliez pas intervenir)
  • Dites non avec finesse, considération et fermeté. Faites preuve de tact et de compréhension mais ne laissez pas de place à l’ambiguïté. (ex : Je ne suis pas en mesure de venir cette fois-ci, mais j’aimerais être en copie du compte-rendu : merci beaucoup !)
  • Ne vous justifiez pas a priori. Les gens doivent apprendre à vous faire confiance : si vous dites non, c’est qu’il y a une bonne raison. Assumez votre refus. (ex : je suis désolé.e, mais je ne vais pas pouvoir venir)
  • Si vous en ressentez le besoin ou qu’on vous le demande, donner une explication et factuelle (ex : j’ai cette présentation à terminer pour demain matin et je dois y consacrer toute mon énergie)
  • Si nécessaire, reportez votre réponse et accordez-vous un moment de réflexion, à froid, pour prendre votre décision (ex je te dis ça demain, je dois vérifier quelque chose avant de m’engager avec toi)
  • Tenez votre position même si votre interlocuteur insiste. Ne vous laissez pas déstabiliser. Optez pour la méthode perroquet très efficace : répétez la même réponse que la première fois, aimablement, calmement, mais sans varier d’un mot.
  • évitez de donner des non de principe” (ex : non je ne réponds jamais aux demandes de dernière minute, question de principe”)
  • Optez pour le “oui, à mes conditions” “Oui, mais la semaine prochaine” “oui, avec Malika pour m’aider”.
  • Si pertinent, donner une alternative, une solution, une recommandation. (ex : je ne peux pas t’aider mais tu peux demander à Lilian qui maîtrise bien le sujet)

Quand on reçoit une proposition, réfléchir aux conséquences positives et négatives, d’un oui et d’un non, pour soi et pour son interlocuteur :

  • Si je dis oui, qu’est ce que cela va m’apporter ? Est qu’est ce que cela va me coûter en termes de temps, d’énergie, de performance, de motivation ? Vais-je y perdre quelque chose ?
  • Est-ce que c’est compatible avec mes contraintes, mes projets et mes envies actuels ? Est-ce que je peux me le permettre ?
  • Si je dis non, qu’est ce que cela implique (en termes de relations, d’opportunités, etc) ? A quoi est-ce que je dis vraiment non ? Qu’est ce que je risque, objectivement ? Et qu’est ce que cela implique pour mon interlocuteur ?
  • Qu’est ce qui me fait peur si je refuse ?
  • A quelles conditions pourrais-je dire oui tout en prenant soin de moi, de mon temps et de mon énergie ?

Et parfois, c’est à vous que l’on dit non ? Quelques clés pour le prendre gracieusement à votre tour :

  • Respectez le non
  • Ne jouez pas à intimider ou culpabiliser la personne qui vous répond par la négative
  • Gardez en tête que ce n’est pas vous qui êtes visé par ce non mais votre demande précise

Souvenez vous : dire non demande un certain courage et de la détermination. Cela permet de faire de la place pour ce qui compte, ce qui a de la valeur. Dire non, c’est dire oui à vous-même.

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