Savoir dire non, se ménager du temps pour soi et des moments de repos, ne pas faire passer les demandes des autres avant ses propres besoins… Autant de manières de se préserver. Oui, mais voilà, ce n’est pas toujours évident de poser des limites dans un cadre professionnel. Pour vous aider à y parvenir, Catherine Borie, fondatrice de “Assurer sans s’épuiser”, vos propose d’apprendre à définir vos priorités, mieux communiquer et refuser sans culpabiliser. Interview.

Pourquoi apprendre à poser des limites ?
Catherine Borie. C’est un élément clé pour prendre soin de notre écologie personnelle, pour assurer son propre développement durable. A force de tout accepter, on s’use physiquement et moralement. Il y a plusieurs signaux qui doivent vous alerter : des ruminations, des maux physiques, des tensions… Nous avons tous besoin de temps pour nous régénérer. Penser que l’on peut tout gérer à un rythme frénétique est illusoire, cela ne dure qu’un temps. On finit toujours par s’épuiser. Il est donc nécessaire de poser des limites aux autres, mais aussi à soi-même.

Comment expliquez-vous que savoir dire non est aussi compliqué ?
CB. Cela dépend évidemment des gens, mais notre histoire personnelle compte beaucoup. La peur de dire non correspond souvent à la peur de ne pas être aimé(e). On veut fait plaisir aux autres et leur rendre service avant tout. On redoute aussi les conséquences de ce refus : on va penser que je ne suis pas fiable, que je renonce facilement… Or, il faut surtout penser à ce qui est le plus juste pour vous, pour respecter vos besoins et vos valeurs. C’est encore plus vrai pour les personnes qui reprennent le travail après un burn-out.

Quels premiers pas peut-on faire pour apprendre à poser des limites ?
CB. Faites attention pendant deux ou trois jours à vos décisions. Qu’est-ce qui fait que vous ne posez pas de limites ? Le faites-vous avec tout le monde ou seulement, par exemple, avec votre boss ? Est-ce dans un contexte particulier ? Ensuite, reprenez confiance petit à petit. Dites non à des demandes qui n’ont pas une importance fondamentale. On vous tend un tract dans la rue ? Au lieu de le prendre machinalement, dites non merci. Un collègue vous demande votre avis sur son dossier ? Acceptez, mais en posant des conditions : une fois que vous aurez terminé ce que vous étiez en train de faire, après votre réunion de la matinée… Plus vous serez précis(e), mieux ce sera. Autre idée : prendre le temps de la réflexion au lieu de répondre oui immédiatement. Dire non est inconfortable, mais cela s’apprend. Vous allez vous rendre compte au fil des jours que les gens ne vous tournent pas le dos pour autant.

Tout est une question de confiance ?
CB. C’est vraiment un élément clé. Pour gagner en assurance, je recommande de faire des exercices de visualisation. Imaginez-vous après avoir dit non à un énième rendez-vous. Quels bénéfices en tirez-vous ? Comment vous sentirez-vous ? Ressentez le respect et la force qui se dégagent de votre décision. Vous pouvez aussi muscler votre confiance avec des mantras positifs.

Quels sont les écueils à éviter ?
CB. Etre trop vindicatif. La manière de dire non est primordiale. Selon votre ton et votre posture, cela sera bien accepté, ou non. Essayez toujours d’apporter une solution, de ne pas aller au conflit frontal. La communication non violente est un vrai outil pour cela.

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Crédit photo : Pexels.

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