Ancien directeur marketing dans la presse professionnelle, et manager d’une équipe de neuf personnes, Rodéric Maubras s’est reconverti en 2007. Désormais psychologue, il s’est spécialisé dans la psychologie sociale et son utilisation dans le monde du travail (1). Son objectif : améliorer les relations de travail dans des équipes.

Qu’est-ce que la psychologie sociale ?
C’est une branche de la psychologie qui étudie en particulier le fonctionnement des groupes  humains, et deux aspects plus précisément :
– comment l’individu va adapter son comportement dans un groupe ?
– comment le groupe en lui-même va prendre corps et développer ses propres normes de fonctionnement ?

Que peut-elle apporter à des managers d’équipes ?
Une chose précieuse : comprendre, au-delà de ce qu’il a coutume de mettre en place (les réunions, les listes de tâches, les plannings et objectifs…), qu’il va se jouer de multiples choses entre les membres de son équipe, ce que l’on appelle les normes implicites. Par exemple, en séminaire, quand un manager propose 15 minutes de pause, certaines équipes seront de retour dans la salle avec dix minutes d’avance, d’autres vont prendre 25 minutes. Prendre conscience de ces normes montre au manager ce qui intervient dans son équipe, sans qu’il en ait conscience, et peut lui permettre de mieux faire fonctionner cette équipe, de manière à ce que les individus s’y sentent bien et que l’équipe atteigne ses objectifs en terme de performance.

Concrètement, qu’est-ce que cela change dans la posture du manager, ou du fonctionnement de l’équipe ?
Il y a des gens performants et motivés qui, en se retrouvant dans une équipe donnée, sont démotivés et inefficaces… Car certaines équipes choisissent, par exemple, un bouc-émissaire pour fonctionner. Ce phénomène d’expulsion devient une norme implicite de fonctionnement. Si le manager repère cet implicite, on peut amener l’équipe à changer : l’idée est de prendre conscience des mécanismes pour rendre explicite l’implicite.

Vous avez créé une école, la Team Intelligence, pour partager ces techniques, qu’y apprend-on ?
On y apprend à devenir médecin d’équipe, pour faire en sorte que le diagnostic soit celui de l’équipe et non celui du médecin, et à l’amener à passer d’une norme A à une norme B. On y apprend aussi à profiler (composer, ndlr) une équipe. Chaque groupe est unique donc aucune solution ne ressemble à une autre.

S’il existait une méthode miracle pour des équipes de travail réussisse, ça se saurait ! Pourquoi la psychologie sociale, plus qu’une autre méthode ?
Il ne s’agit pas d’une innovation en termes de méthode puisque la psychologie sociale est ancienne : la discipline date du XIXI siècle. Elle s’appuie sur le fait que les personnes les mieux placées pour résoudre les problèmes d’un groupe sont les membres du groupe eux-mêmes, pas un consultant. J’utilise l’image de la randonnée. Je marche à côté d’eux et on avance ensemble. Pour reprendre l’exemple d’une équipe excluante. Si on met l’équipe devant le fait accompli, tous vont nier. Alors qu’en les amenant à analyser eux-mêmes la situation, et dépasser certaines représentations, ils peuvent réussir à transformer leur dynamique.

(1) « Coacher une équipe avec la psychologie sociale » Rodéric Maubras. Déconstruire les processus de groupe pour forger des équipes performantes et heureuses de l’être. Préface de Béatrice Arnaud, éditions Eyrolles.

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Titulaire d’un master de journaliste au Celsa (Paris), Lucie Tanneau est journaliste indépendante, sillonnant la France, et plus particulièrement l’Est de la France au gré des thèmes de ses articles. Elle collabore à de nombreux titres, de Liaisons sociales magazine, La Vie, et Okapi, en passant par Grand Est, l’Est éclair, Village, et Foot d’Elles.

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