Il y a environ an, le 14 mars 2020, la fermeture de tous les lieux « non essentiels » était annoncée. Trois jours plus tard, le 17 mars, le premier confinement commençait… Aujourd’hui, avec un an d’expériences, de souvenirs et parfois de tourmente, il est possible de regarder dans le rétroviseur. […] Comment garder ou retrouver un rythme de vie acceptable pour tout son être en télétravaillant ?

Au niveau individuel, les pistes de transformation pour mieux vivre le télétravail se jouent à plusieurs niveaux : physique, émotionnel, psychologique. Le niveau psychologique serait le premier moteur d’un mieux être, le cerveau étant aux commandes et actionnant le moteur des pensées, du corps, du cœur. Les échanges d’informations se font également dans l’autre sens lorsque le corps ou les émotions passent un message, mais il appartient tout de même à l’esprit de le décrypter.

Quelques techniques et idées inspirées de la Programmation Neuro-Linguistique permettront de (re)trouver un équilibre acceptable au milieu de ce conflit entre liberté et télétravail :

Créer un sas d’entrée
Autrefois, et parfois pendant des dizaines d’années, l’esprit a été habitué à un rituel de début de journée propre à chacun. Cela peut passer par des choses en apparence anodines comme le fait de consommer le même petit déjeuner à une heure précise ; ou comme de réaliser une succession de tâches dans un ordre précis du levé au départ de chez soi ; ou bien comme de surveiller l’heure et se sentir dans l’urgence pour ne pas risquer de rater le métro ou d’être coincé dans les embouteillages ; ou encore de prendre un café en arrivant au travail. Chacun a mis en place un protocole « d’entrée » dans sa sphère professionnelle, de façon consciente ou inconsciente, qui lui est propre. Être privé soudainement de ce protocole, alors que le cerveau y était parfaitement habitué, est brutal. Cela trouble tous les ancrages qui avait été verrouillé dans le système cognitif. La tête et le corps ne comprennent plus, ils sont dans l’environnement de la sphère personnelle, sans vivre le rituel habituel qui déclenche le mode travail et pourtant avec la nécessité de mobiliser ce même mode. Alors le cœur s’en mêle, créant petit à petit le phénomène de démotivation, à force de dépenser de l’énergie à se concentrer tout en étant déstabilisé.

Pour être connecté à son mode travail, il est essentiel de se créer ou recréer un rituel d’entrée au travail. Il peut être similaire à celui connu sous certains aspects, comme le contenu du petit déjeuner par exemple. Quant aux aspects qui ont été supprimés du process, comme le transport pour se rendre au travail, il s’agit d’user de ruse pour leurrer son cerveau. La technique de l’ancrage permet d’associer une émotion, une sensation (état interne) à un support, qu’il soit physique, visuel, ou kinesthésique. Par exemple, cela signifie que se mettre dans un conditionnement émotionnel propre à l’énergie du travail chaque matin, en écoutant la même musique, et en prenant quelques minutes pour se connecter à l’émotion recherchée, tout en visualisant un mot comme « ENERGIE », et en prenant une grande inspiration pour l’intégrer dans son corps, est une technique d’ancrage impactante.

L’efficacité d’un ancrage se mesure en le répétant afin qu’il devienne un automatisme assimilé par l’esprit. Plus l’ancrage sera répété chaque matin, plus le rituel de concentration, motivation, énergie, sera efficace. En créant votre sas d’entrée, vous vous connectez à votre mode travail et parvenez à leurrer le cerveau qui ne distingue pas travail et télétravail.

Créer un sas de sortie
De la même manière qu’il est essentiel de réaliser un rituel d’entrée dans la sphère professionnelle, il est tout autant primordial d’en faire un de sortie. Dans le monde du télétravail, sphère professionnelle et personnelle s’entremêlent, se croisent et se confondent, avec une frontière aussi mince que précieuse. Le rituel de fin de journée permet de se déconnecter du travail et de passer pleinement en mode « vie personnelle ». L’ignorer c’est augmenter le risque de surcharge mentale, d’insomnie, de conflit entre les membres du foyer, de démotivation, d’épuisement professionnel notamment. Il s’agira à ce moment de se reconnecter à sa sphère personnelle en utilisant un autre ancrage, distinct de celui réalisé en rituel d’entrée, et associé à une émotion choisie. Il est tout à fait possible de réaliser un « auto-ancrage », cela dit un accompagnement par un praticien en Programmation Neuro-Linguistique pourra être recommandé pour plus d’efficacité.

Réveiller la flamme de la motivation
Le défi du sujet de la motivation est de taille pour un manager en cette période. Comment motiver et/ou garder la motivation de mon équipe si humainement je ne peux pas être en contact avec eux, ou plus de la même manière ? Pour un manager, c’est tout un système qui est à mettre en place pour réinventer la façon d’insuffler l’énergie. Cela dit, au niveau individuel, l’essentiel est de continuer de vibrer ! Être animé par ce qui nous porte est la première étincelle qui crée toute l’énergie de motivation. Pour la garder ou la réactiver, une reconnexion au Sens de ce choix de métier, de poste, d’équipe sera la clé qui ouvre la porte du mouvement. Cela dit, pour ouvrir cette porte encore faut-il détecter qu’on vibre moins, ou plus. Pour scanner cette baisse de vibration, c’est l’émotion qui sera l’indicateur.

S’intéresser à ses émotions
L’émotion étant un message, un indicateur d’état de l’être, il est primordial d’être attentif aux signaux qu’elle transmet. Se connecter au flux de l’émotion permet d’avoir un reporting en direct de la situation à l’intérieur. Si l’émotion transmet une onde positive, comme la joie, le sentiment de satisfaction, le plaisir, c’est que l’être vibre bien ! Si l’émotion transmet des messages à polarité négative, comme l’ennui, la tristesse, la colère, c’est le signe qu’un conflit interne demande à être désamorcé. Pour cela, mettre son ressenti « sous le tapis » ne permettra pas de désamorcer la situation.

Reconnaitre l’émotion, l’accueillir, et la laisser passer est la première étape pour lui permettre de livrer totalement son message, et de s’évanouir. Pour mieux se rendre compte de la fluctuation des émotions, il est possible de tenir un « tableau des émotions » référençant par lignes, les jours, et par colonne, les mois. Chaque case du tableau représentant une date, il s’agira de choisir une légende avec un code couleur afin d’y remplir jour après jours la couleur de l’émotion vécue. Par exemple, supposons que le 1er mars j’ai vécu une journée pleine de joie, de plaisir, où je me suis sentie épanouie : sur la 1ère ligne / 3ème colonne se trouve le 1er mars, il est de couleur verte car la légende indique que le vert correspond au sentiment de joie, d’épanouissement. Vous avez la liberté de choisir votre légende personnelle !

L’importance du feedback
Prendre le temps de se faire un feedback sur sa journée, à soi-même, et/ou à son manager ou d’autres collaborateurs. Le feedback permet de conscientiser ce qui se joue à l’intérieur par la mise en mot du ressenti. La verbalisation est un outil puissant de transformation, d’évacuation, et source de déclics. Pour réaliser un feedback, regardez d’abord les points positifs avant de vous intéresser à ce que vous changeriez, et finissez toujours par une pensée positive globale. Le sandwich « positif/amélioration/positif » et sa vibration n’en seront que meilleurs pour l’autre, comme pour vous-même.

Se connecter au présent
De retour dans la sphère personnelle, pratiquer la méditation ne peut qu’être vivement recommandé. Cette pratique permet de libérer le stress stocké pendant la journée, ou la semaine, et de se connecter au présent, à l’instant. A cet endroit rien d’autre n’existe, il n’y a pas de place pour les pensées parasitent, pour les peurs, pour les contrariétés, ni même pour les contradictions. Il n’y a que soi, la liberté…

Finalement, se sentir libre dans un contexte de télétravail contraint c’est avant tout chercher l’équilibre pour se rapprocher le plus possible d’un alignement avec soi-même. Cultiver la joie de vivre, se jouer des contradictions, composer avec la contrainte, se sentir libre de vivre la situation avec harmonie : autant d’idées qui en un battement de cils, ancrent une nouvelle perception du reflet dans le rétroviseur…

Extrait de l’article « Télétravail et liberté », Marie LOBITO, Fondatrice Cultive ton loup blanc BY Oser sa Chance® – Virginie Mathieu

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Photo by Jason Strull on Unsplash

 

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