Médaillé de bronze au 1500 mètres lors des Jeux paralympiques de Rio (1), multimédaillé aux championnats d’Europe et du monde sur la même distance, Louis Radius intervient en entreprise pour partager son expérience et ses conseils de champion.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je fais du sport depuis le plus jeune âge, j’ai démarré à l’âge de 4 ans. J’avais deux rêves : devenir danseur professionnel et faire les jeux olympiques ! J’ai fait de la danse classique, du football américain et de l’athlétisme. C’est un des directeurs qui a détecté mon potentiel dans cette discipline. Je me suis amélioré en faisant des allers-retours chez mon meilleur ami qui habitait à 5 kms de chez moi, je m’amusais à m’y rendre en courant et à battre mes chronos à chaque fois ! J’ai vraiment décidé de croire en mon rêve, cela demande de faire des choix et donc de renoncer à certaines choses, mais je suis fier d’avoir réussi à devenir sportif de haut niveau.

Quand on est sportif de haut niveau, on s’entraîne physiquement mais aussi mentalement…
Oui, tout à fait ! Je l’ai compris assez tôt. Je me suis entouré d’une vraie équipe d’une dizaine de personnes (kiné, ostéo, podologue, etc.). Il m’aurait été impossible de réussir sans elles. Pour la préparation mentale, je me suis mis à la sophrologie avec un ancien membre du GIGN. Grâce à des exercices de respiration dynamique ou relaxante, je suis progressivement devenu autonome, puis je me suis moi-même formé pour transmettre cela aux jeunes et aux salariés que j’accompagne.

Qu’est-ce que la sophrologie vous apporte concrètement ?
La sophrologie m’aide à me recentrer sur moi-même et à prendre du recul par rapport au quotidien ou aux grandes échéances. Cette pratique m’aide aussi à prendre les bonnes décisions. J’aime beaucoup, par exemple, l’outil des cercles d’influence qui permet de se focaliser sur la zone où l’on a un vrai pouvoir d’action et de lâcher prise sur ce qui ne dépend pas du tout de nous.

Trouvez-vous que le sujet du handicap progresse en entreprise ?
Oui, car la loi a incité les entreprises à agir. Par contre, il y a encore beaucoup d’idées reçues. Il faut ainsi garder en tête que la grande majorité des handicaps sont invisibles et que beaucoup de salariés n’osent pas en parler au travail de peur qu’on leur colle une étiquette. Les Jeux de Paris 2024 vont nous offrir une belle visibilité, il faut vraiment en profiter pour activer deux leviers clés : l’éducation des jeunes et l’inclusion en entreprise.

Le sport de haut niveau est très exigeant, comment faites-vous pour rester motivé ?
Je pense qu’il ne faut jamais cesser de rêver ! Il faut aussi se fixer des objectifs, se challenger au quotidien et prendre du recul par rapport à la situation si on échoue ou si on doute. Pourquoi avez-vous entrepris tel projet ? En quoi fait-il sens pour vous ? Quelles sont vos valeurs ? Après un échec, il y a une phase d’acceptation, puis une phase de remobilisation. En entreprise, le manager a un rôle clé pour fédérer et montrer l’exemple à ses collaborateurs. Je vous recommande vivement un exercice : mettez-vous en sous-vêtements devant une glace, regardez-vous et demandez-vous ce qui vous fait rêver. Pas de masque, pas de faux-semblants, pas de regards extérieurs. Juste vous face à vous-même. Parlez-vous de manière authentique et bienveillante. Même si cela n’est pas facile, cela va vous aider à vous recentrer sur vous-même et de déterminer ce que vous voulez/ce que vous ne voulez plus.

(1) En para-athlétisme, Louis Radius concourt dans la catégorie T 38 (classification sportive de la paralysie cérébrale – une hémiplégie en ce qui le concerne).

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Diplômée de Sciences-Po Paris, Fabienne Broucaret est la fondatrice et la rédactrice en chef de My Happy Job. Conférencière, passionnée par les questions de mixité, elle est aussi l’auteure des livres "Le sport, dernier bastion du sexisme ?" et "A vos baskets toutes ! Tour de France du sport au féminin" (Michalon). Elle a aussi co-écrit “2h chrono pour déconnecter (et se retrouver)” avec Virginie Boutin (Dunod, mai 2018).

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