Comment repérer les signaux émotionnels chez les autres et ainsi pouvoir y répondre efficacement ? C’est l’attente la plus souvent exprimée lorsque je débute mes formations à l’intelligence émotionnelle et à l’empathie. Cool d’être capable de faire ça, non ? Et bien ça a tout de la bonne idée, mais ce n’en est en fait pas une…

Bien sûr que savoir faire cela est très utile et même indispensable. Le piège est ailleurs. Il est dans l’implicite qui se cache souvent derrière cette attente : pouvoir faire cela tout seul dans son coin, sans rien dire à personne. Comme nous n’avons pas l’habitude d’échanger au niveau émotionnel, cela nous rend inconfortable et nous cherchons donc une parade qui ne nécessiterait pas d’aller sur ce terrain perçu comme glissant.

C’est un piège pour plusieurs raisons :

– Tout d’abord il n’y a aucun moyen de lire à coup sûr les signaux émotionnels. Même s’il y a des signes caractéristiques pour chaque émotion, les variables culturelles et personnelles entrent aussi en ligne de compte. Ce qui fait que, dans les études scientifiques, la fiabilité n’est jamais de 100%.

– De plus, une compétence (car s’en est une) se développe par le feedback. Si vous vous contentez d’essayer de deviner, vous ne pouvez pas obtenir de confirmation ni de correction par la personne concernée et vous ne pouvez donc pas progresser.

– Vous vous privez d’une occasion de montrer à l’autre votre intérêt et votre curiosité pour ce qu’ il ou elle vit et ressent.

– Enfin, même si vous avez identifié et interprété correctement les signaux émotionnels, cela ne vous dit pas ce que la personne attend : des conseils, du réconfort, de l’écoute ou tout simplement qu’on la laisse tranquille. Autrement dit, vous visez en aveugle, donc forcément régulièrement à côté.

C’est pourquoi, pour nourrir la relation et améliorer vos compétences émotionnelles, n’oubliez pas de :

– Vérifier : vos perceptions, hypothèses et interprétation des signaux émotionnels (« j’ai l’impression que tu es triste », « j’ai l’impression que tu es en colère depuis que nous avons décidé de ne pas retenir ton idée »).

– Valider : le ressenti de l’autre, une fois que vous avez bien identifié la ou les émotions (« c’est normal que tu sois triste », « je comprends que tu sois mécontent.e étant donné que… »)

– Demander : ce qui a généré l’état émotionnel (« qu’est-ce qui t’inquiète ? ») et surtout sur ce que vous pouvez faire en réaction (« qu’est-ce qui serait le plus utile de ma part ? »).

N’oubliez pas que l’empathie et l’intelligence émotionnelle ont pour but (entre autres) de nous aider à mieux être en relation les uns avec les autres. Ce serait dommage de rater cette occasion en jouant au profiler dans votre coin.

Envie d’aller plus loin ?

Retrouvez d’autres clés dans le livre Soft skills – 10 séances d’autocoaching pour cultiver ses talents (collection My Happy Job, Vuibert, mai 2020). Christophe Deval propose aussi un programme à distance pour mobiliser les 10 soft skills indispensables et relever vos défis. Plus d’infos : www.a-life.fr/modules-courts-a-distance/

Découvrez tous les livres de la collection My Happy job : www.myhappyjob.fr/les-livres/

Pour ne rater aucune actualité en matière de qualité de vie au travail, inscrivez-vous à la newsletter de My Happy Job, parcourez nos hors-séries thématiques  et découvrez notre annuaire du bien-être au travail.

A lire aussi :
L’intelligence émotionnelle parmi les soft skills les plus recherchées sur LinkedIn
– Le secret de bonnes relations au travail ? La sécurité émotionnelle

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici