« L’Holacratie permet de libérer le potentiel humain et l’intelligence collective »

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De plus en plus d’entreprise adoptent ce système de gouvernance, qui supprime la hiérarchie pour laisser plus d’autonomie aux salariés. Quels en sont les grands principes ? Eclairage de Bernard Marie-Chiquet, fondateur du cabinet iGi Partners.

Qu’est-ce que l’holacratie ?
C’est la suppression des positions de pouvoir pour donner plus d’agilité à l’entreprise. Avant toute chose, le dirigeant doit donc accepter de céder son autorité aux règles du jeu. Le pouvoir ne sera plus entre ses mains, mais dans des règles formalisées par une Constitution. Les collaborateurs sont subordonnés aux mêmes règles. Ce nouvel environnement est favorable à l’égalité de tous. Une « raison d’être » devra être également choisie pour l’entreprise. Elle répond à une question : quel est l’objet social profond de l’entreprise ? La Scop Scarabée Biocoop, qui a adopté l’holacratie il y a un peu plus de deux ans, a par exemple opté pour « Bio, créateur, et exemplaire ». Toutes les décisions qui seront prises par la suite devront aller dans le sens de cette raison d’être.

Comment sont gérées les tensions ?
Elles sont évoquées en réunion de gouvernance. Tous les collaborateurs ont alors l’occasion de s’exprimer et de faire des propositions. Au début, les collaborateurs ont du mal à parler en réunion des tensions qu’ils rencontrent. Mais peu à peu, ils commencent à se libérer.

Quels sont les bienfaits de ce système ?
Il libère le potentiel humain, l’intelligence collective et de nouvelles énergies créatrices. En mettant fin aux liens de subordination, les salariés se sentent responsables et unis. Ils sont libres à condition de respecter les règles du jeu établies dans la Constitution. L’holacratie part du principe qu’un organigramme classique et des fiches de poste traditionnelles ne sont pas vraiment utiles. A la place, toutes les activités de l’entreprise vont être découpées en unités de travail, qui vont donner lieu à des rôles affectés aux différents collaborateurs selon leurs compétences. La mobilité interne est ainsi favorisée. L’entreprise a aussi tout à y gagner. La Scop Scarabée Biocoop avait l’habitude de sortir un nouveau projet tous les deux ans, contre trois par an aujourd’hui. Les capacités de création des équipes ont considérablement augmenté avec l’alignement sur la raison d’être de l’entreprise.

Est-ce que toutes les entreprises peuvent se mettre à l’holacratie ?
Oui, mais il faut une bonne raison pour s’y mettre : fidéliser les collaborateurs, retrouver de la sérénité dans les équipes, aligner l’entreprise sur sa raison d’être… C’est un formidable outil, mais ce n’est pas un outil miracle ! Nous avons accompagné aussi bien des PME que des grands groupes comme Danone et Décathlon. L’holacratie n’est pas réservée aux starts-up. Les règles apportent le cadre et la sécurité nécessaires pour permettre de la cohérence et de la fluidité dans l’ensemble des actions de l’entreprise, à petite comme à grande échelle.

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