« Etre Chief Happiness Officer, c’est avant tout un savoir-être »

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Lettre ouverte aux détracteurs du Bonheur au Travail

Je lis depuis quelques temps de nombreux articles « anti-bonheur au travail », certains pointant du doigt le poste gadget que constituerait la fonction – certes très à la mode – de Chief Happiness Officer (CHO). Je dois dire que ces articles me laissent perplexe.

Essayons d’analyser quels sont vos arguments pour refuser à ce point une démarche positive pour les entreprises françaises (et au final un peu aussi pour la société en général).

1/ Le bonheur n’a rien à faire dans l’entreprise et doit être réservé à la sphère privée.

Dans la majorité des langues étrangères, la traduction du mot « bonheur » signifie le fait de « ressentir des émotions positives du simple contentement à la joie intense ». Il n’y a qu’en France qu’il est défini par un « état durable de plénitude ». En effet, cette promesse est difficilement tenable en entreprise ! Si le terme bonheur vous crispe tant, que penseriez-vous d’employer à la place l’expression de « bien-vivre en entreprise » ?

2/ Les mesures prises pour favoriser le bien-être au travail ne sont que des alibis pour attirer les talents ou accroître la profitabilité de l’entreprise.

Il se trouve que les entreprises qui se soucient de leurs salariés sont celles qui font le plus de profits. On aurait tort de s’en priver, non ? Certains patrons ou DRH peuvent en effet surfer sur cette vague ou s’y intéresser uniquement parce que leurs concurrents le font déjà, mais d’autres agissent ainsi par conviction. Et même si l’entreprise agit par pur calcul, à partir du moment où cela entraîne de réels progrès pour les salariés (je ne parle pas, bien sûr, de mesures de pacotille qui se résumeraient à un baby-foot dans la salle de repos et seraient au final inefficaces), cela contribue à faire bouger les lignes positivement, non ?

3/ Vous assimilez le CHO à une injonction à être heureux tout le temps…

Non allez, vous ne croyez pas réellement ce que vous dîtes ? Le rôle du CHO n’est surtout pas ça ! Ça serait très triste pour tout le monde au final… La mission globale d’un CHO est d’améliorer les situations et la communication au sein de l’entreprise. Bon, pour autant, je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il faudrait peut-être arrêter de mettre des smileys partout quand on parle de bonheur au travail. C’est un peu réducteur, et, surtout, on peut être très heureux dans son travail sans pour autant rire à gorge déployée.

Je suis lucide, le CHO ne peut pas tout régler tout seul, évidemment. Il a besoin du soutien de la direction, des RH, des managers mais aussi de tous les salariés. Comme le dit la Fabrique Spinoza, Think -Tank du bonheur citoyen, « devenons tous acteurs du bien-vivre en entreprise ». Ce travail d’amélioration peut être long, semé d’embûches, mais pour autant on essaie,  on avance, on progresse. Et surtout, on ne stagne pas dans la morosité ambiante !

Depuis plusieurs mois, j’ai rencontré de nombreux CHO, en France et à l’étranger, de tout âge. Ce que j’en retire ? Qu’être CHO, c’est avant tout un savoir-être. Il faut s’aimer soi-même, aimer l’autre et être convaincu que tant qu’à passer 8h  par jour avec des collègues, autant que ça se passe le mieux possible.

La progression est en marche. Il y a quelques années, qui aurait parlé de conférences très sérieuses sur le bonheur au travail ? Or, on y croise aujourd’hui de grands groupes français, des start-ups, des PME…  C’est devenu presque normal. On ose enfin imaginer que le travail peut aussi être du plaisir.

La  recherche, les neurosciences et la psychologie positive n’ont fait que confirmer que le dialogue, la bonne communication, l’ouverture d’esprit, la confiance et la convivialité nous aident à mieux travailler ensemble, et que de fait nous sommes plus productifs.

Les mutations constantes de l’entreprise demandent plus que jamais d’avoir des équipes soudées, volontaires, engagées, contentes et heureuses de travailler ensemble. Comme dit si bien l’ancien avocat Thomas d’Ansembourg, devenu thérapeute et écrivain, « depuis l’école on nous apprend à Faire mais on ne nous apprend jamais à Être, avec soi-même ou avec les autres. »

Je suis convaincue que le CHO peut avoir ce rôle tourné vers l’Être. Être à l’écoute de tous, Être un facilitateur, Etre créateur de liens. Comme un médiateur. Avec, en plus, l’envie de cultiver des émotions positives, et d’en semer les graines à tous les étages.

Séverine Daniel est Chief Happiness Officer. Après une formation au Danemark, elle a co-réalisé l’étude « Happiness at work : qu’en pensent les dirigeants de PME ?« .

A lire aussi :
Témoignage : « Je suis Chief Happiness Officer et très fière de l’être ! »

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Crédit photo : Fotolia.

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Commentaires

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  5. Répondre

    C’est un article trés intéressant. Je crois, comme vous, que le CHO doit avant tout se tourner vers l’être et jouer un rôle de médiateur.
    Mais pour éviter qu’il devienne justement un gadget aux yeux de certains, il faut aussi au CHO une formation solide (sur la qualité de vie au travail, la gestion du stress, les risques psychosociaux et sans doute un peu de connaissances juridiques).

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    • Lemaitre
    • 21 février 2017
    Répondre

    Bonjour à tous et merci pour cet article! Je l’ai partagé avec mes collègues de l’IAE avec lesquels nous souhaitons organiser un débat autour de ce thème du bonheur au travail, ou
    plutôt effectivement du « Bien Etre » au travail pour ne pas hérisser les poils de certains :)… Nous avons eu quelques débats animés entre nous à ce sujet effectivement… Quoi qu’il en soit, nous planifions cet évènement le 22 mai et cherchons des intervenants. Je pense m’adresser au bon groupe, alors si certains d’entre vous se trouvent dans la région de Caen, n’hésitez pas à me contacter, ne serait ce que pour échanger, c’est toujours intéressant! Merci d’avance

    1. Répondre

      Bonsoir, je ne suis pas basée dans la région de Caen, mais je serais très ravie d’échanger avec vous au 0610340478.

      Rana Badarani / Le Dream Planner
      Com Un Rêve / Manage Happiness

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