Bouger est bon pour la santé, mais pas seulement. Utiliser son corps permet aussi de mieux fixer les apprentissages. Un élément que l’on utilise avec les enfants en passant par le jeu, le théâtre ou le sport mais que l’on oublie une fois adulte. Pourquoi apprendre en mouvement même au travail ? Comment s’y mettre ?

Suivre une formation avec l’ancien entraineur de Teddy Riner, c’est pas mal pour la confiance en soi ! Mais aussi pour l’expérience vécue selon Aurélien Rothstein, le CEO d’Engagement et Performance, la société qu’il a fondée avec le dit ex-entraineur, Benoit Campargue. Son but: « être dans le ressenti pour appendre différemment ». Il intervient dans trois domaines: « la remobilisation des équipes, l’accompagnement des transformations et le développement des compétences », avec dans cette dernière spécialité l’apprentissage par le corps.

C’est aussi la base de l’apprentissage de la pédagogue Maria Montessori. Pour elle, et les nombreux professeurs qu’elle inspire aujourd’hui, c’est en engageant le mouvement que l’enfant fixe sa concentration et développe sa pensée. En une phrase: il faut développer ensemble corps et esprit. Aujourd’hui cette idée semble complètement oubliée dans les entreprises et les nombreuses heures passées assis, derrière un écran, à un bureau sont parfois remises en question pour des questions de santé publique, avec la sédentarité que l’on commence à reconnaitre comme un danger. On ne remet pas encore en cause en revanche la position assise comme un frein aux apprentissages. Et pourtant. « Pour apprendre à un enfant à écrire, on lui fait faire la lettre avec son corps », reprend Malika Azaiez, coach en entreprise qui a fondé Etre en mouvement il y a deux ans avec cette idée d’apprendre en bougeant.

Concentration et ancrage corporel

« Quand l’enfant utilise son corps, il comprend mieux », assure-t-elle. « L’intérêt de la mise en mouvement est double : il permet une meilleure concentration et un ancrage corporel », complète-t-elle. Ce que remarque aussi Aurélien Rothstein. « Nous avons développé une méthode basée sur quatre E (Echauffement, Electrochoc, Entrainement et Engagement) avec l’idée qu’il y a besoin d’une préparation physique et mentale pour aborder les sujets de formation dans les flux d’activité. Nous aidons ainsi les collaborateurs à identifier leurs besoins, non pas par des tests, mais grâce à la pratique corporelle ».

Evidemment, pour eux, cela passe par la pratique du judo. « On met en place de petits exercices physiques qui permettent de faire prendre conscience que si l’on résiste à l’autre on dépense énormément d’énergie, alors que faire un pas de côté peu avoir le même résultat, mais est beaucoup moins énergivore », illustre-il. Une technique qui lui permet d’interroger et d’avancer par la suite sur la relation au collectif, la résistance au changement, les conflits… « Ensuite, il faut s’entrainer », conseille Aurélien Rothstein, « pour remettre le plaisir au cœur du jeu », comme un sportif le ferait. Avec pour lui aussi un avantage énorme de ce passage par le corps: « cela permet des déclics ».

Le corps comme un post-it

Déclics qu’il encourage ensuite à formuler. La verbalisation et l’engagement public devant son équipe, par exemple, permet selon lui un changement majeur, de l’ordre du symbolique. Il offre aussi parfois des plantes aux participants de ses formations : « Quand on arrose sa plante, ce simple geste du corps va nous permettre de repenser à sa compétence acquise ». Le corps comme un post-it plus efficace.

Comme on donne plus de sens ou retient mieux en passant par l’écrit, apprendre avec le corps permet d’ancrer ses connaissances. Certains comédiens connaissent bien cette technique et répètent leur texte en mouvements ou en l’inscrivant dans des trajectoires. « La position statique entraine une lassitude, alors que la mise en mouvement, en conscience, aide à ancrer les savoirs », reprend Malika Azaiez. « Un simple déplacement pendant une formation en présentiel peut faciliter l’apprentissage car cela facilite le fait de suivre le fil conducteur », confirme-t-elle, d’expérience alors qu’elle utilise des petits mouvements « comme la respiration » ou des plus grands « comme des étirements » dans les sessions de coaching individuel ou collectif en entreprise.

Brain gym ou vélo-bureau ?

Elle intègre aussi des visualisations de mouvements -ou mouvements métaphoriques- dans sa palette de mouvements, « comme on utilise une image mentale en méditation », explique-t-elle. « Le fait de mettre en image ou en mots, puis de reformuler avec ses propres mots et de le partager avec quelqu’un rajoute une étape de la mémorisation », encourage-t-elle. « Cela crée de l’efficacité et de l’authenticité: quand on ressent quelque chose corporellement, les choses deviennent évidentes », résume-t-elle.

Dernières idées : se mettre à la Brain Gym, des séries de mouvements pour faciliter la concentration des petits et des grands, ou encore apprendre en… pédalant ! C’est ce que propose Bike’n Learn lors de ses formations. Cette start-up, fondée par Sophie Tellier, propose un programme d’activité physique modérée – pédaler sur un vélo-bureau – associé à une activité intellectuelle simultanée comme des cours de langues étrangères ou des ateliers sur la qualité de vie au travail : prendre les bonnes habitudes alimentaires & améliorer son bien-être, oser parler de soi, adopter les bons réflexes en réunion, mieux gérer le stress… De quoi mettre en accord paroles et actes !

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Titulaire d’un master de journaliste au Celsa (Paris), Lucie Tanneau est journaliste indépendante, sillonnant la France, et plus particulièrement l’Est de la France au gré des thèmes de ses articles. Elle collabore à de nombreux titres, de Liaisons sociales magazine, La Vie, et Okapi, en passant par Grand Est, l’Est éclair, Village, et Foot d’Elles.

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