“Grâce à la spontanéité, chacun peut se montrer tel qu’il est : on passe du paraître à l’être”

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Le regard des autres, les attentes de son manager ou de l’entreprise, la peur d’exprimer ses émotions… Il est parfois difficile d’être naturel et authentique au travail. Or, comme nous le rappelle Sylvaine Messica, conférencière professionnelle et formatrice en prise de parole, dans La puissance de la spontanéité (1), cette posture permet de créer de la valeur ajoutée, humaine et créative. Interview.

Comment définissez-vous la spontanéité ?
Selon le dictionnaire, la spontanéité correspond à tout ce qui vient naturellement. C’est une vie authentique, en lien avec soi et avec son environnement, qui demande de ne pas toujours obéir aux règles et d’accepter l’échec. Enfants, nous étions tous spontanés. Mais les systèmes normatifs font perdre cette spontanéité en visant le contrôle et les résultats. Grâce à la spontanéité, chacun peut se montrer tel qu’il est, on passe du paraître à l’être. Dans notre société régie par des codes et des modèles classiques, nous avons besoin de ce retour à plus de simplicité, de naturel et d’authenticité.

Mais certaines personnes ont l’impression de porter un masque une fois la porte du bureau franchi…
Cela doit être un signe d’alerte. Quand on se sent bien dans son travail, on est la même personne à la maison et au bureau. Il n’y a alors pas besoin de jouer un rôle. Porter un masque dans sa vie professionnelle n’est pas tenable sur le long-terme, cela enlève du plaisir et empêche de s’épanouir. Pourquoi ne pas alors réinventer votre métier ? Il n’y a pas forcément besoin de tout changer ou de quitter votre entreprise.

Cela passe notamment par un travail sur les émotions, non ?
Oui, c’est une des clés, il faut leur laisser une place en entreprise. Certains métiers ont gommé toute émotion. On enlève alors une partie de leur humanité aux collaborateurs. Car accepter ses émotions, c’est tout simplement vivre ! Lorsque les émotions sont bloquées, la spontanéité l’est aussi. Quand elles sont trop fortes, la spontanéité devient réactivité. Développer son intelligence émotionnelle permet de s’ouvrir aux autres et de mieux communiquer. Se reconnecter à ses émotions est un premier pas important.

Concrètement, comment faire ?
Je vous propose d’essayer un exercice très simple extrait de mon livre. Asseyez-vous sur un banc public. Quelles sont les sources d’émerveillement autour de vous ? Il peut s’agir de la nature, de personnes, etc. Observez, écoutez, souriez… Et listez tout ce qui vous émerveille dans la vie. A l’inverse, quels sont les éléments anxiogènes autour de vous ? Qu’est-ce qui vous gêne vraiment ?

L’idée en plus. Chaque jour, inventez une expérience spontanée pour ressentir de la surprise et du bonheur. Quelques exemples :
– Prendre les transports et sourire à plusieurs personnes ;
– Prendre un autre chemin pour aller au bureau et parler à des commerçants sur le chemin ;
– Discuter avec des collègues que vous connaissez peu ou avec lesquels vous ne travaillez pas directement ;
– Faire un compliment à un collègue avec qui vous travaillez…

(1) Eyrolles. Sylvaine Messica est fondatrice et dirigeante du cabinet “En haut de l’affiche”. Illustrations de Philippe-Elie Kassabi, facilitateur graphique. Plus d’infos : www.enhautdelaffiche.fr

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Diplômée de Sciences-Po Paris, Fabienne Broucaret est la fondatrice et la rédactrice en chef de My Happy Job. Conférencière, passionnée par les questions de mixité, elle est aussi l’auteure des livres "Le sport, dernier bastion du sexisme ?" et "A vos baskets toutes ! Tour de France du sport au féminin" (Michalon). Elle a aussi co-écrit “2h chrono pour déconnecter (et se retrouver)” avec Virginie Boutin (Dunod, mai 2018).
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