La période extra-ordinaire, au sens premier du terme, que nous traversons, avec son lot d’incertitudes, de peurs, de frustrations, en lien avec le bouleversement de toutes nos habitudes, vient faire naître des réactions inhabituelles.

Ces dernières sont différentes pour chacun d’entre nous mais il semblerait que certaines soient largement répandues. Pour ma part, passés les quelques premiers jours de confinement, c’est l’oscillation de mon moral qui est la plus marquante : en gros, un jour ça va, je suis plein d’énergie, je fais plein de choses et le lendemain, c’est la descente, avec l’envie de ne rien faire (ou plus exactement l’incapacité à faire quoi que ce soit…).

Apparemment nous sommes nombreux à passer par ces phases, sans réellement savoir pourquoi. Ces réactions imprévisibles et incontrôlables sont des signes que notre psychisme est en train de se débattre avec une réalité dont il n’a pas l’habitude et à laquelle il ne peut même pas réellement s’habituer, parce qu’on sait que c’est provisoire (on ne sait juste pas quand ni comment ça va s’arrêter).

Pour passer ces moments ou ces journées sans, l’auto-compassion est une bonne pratique, théorisée par Kristin Neff. Elle a distingué 3 ingrédients : la pleine conscience (ou l’attention), l’humanité partagée et la gentillesse envers soi-même. Voici comment l’utiliser dans les périodes difficiles :

  • Pleine conscience : repérez les moments de baisse de régime et décrivez ce que vous ressentez (« pas le moral », « triste », « anxieuse », « agité »… ). Cela permet d’en accuser réception plutôt que de vous en détourner.
  • Humanité partagée : rappelez-vous que vous n’êtes pas seul.e à avoir des coups de mou en ce moment-même. Nous sommes tous dans le même bateau et beaucoup de personnes ressentent la même chose que vous, à cet instant même.
  • Gentillesse envers soi-même : dites-vous ce que vous diriez (ou dites peut-être) à un proche qui ressentirait cela. Utilisez également les gestes, par exemple en vous mettant une main sur la zone de votre cœur. Voyez si vous pouvez relâcher un peu la pression et vous apporter du réconfort.

L’efficacité de cette approche très simple est largement démontrée par la recherche. Simple ne veut pas dire que c’est toujours facile. C’est en fait lorsqu’on en a le plus besoin que c’est parfois le plus difficile, par exemple en se disant « c’est bien gentil tout ça, mais je n’y arrive pas ! ». Si c’est votre cas, voyez si vous pouvez étendre votre compassion envers cette réaction aussi. Certaines fois, vous y arriverez. D’autres non. Quoi qu’il en soit, ce moment passera, comme les autres. Et cette période passera elle aussi…

Bonus. Kristin Neff propose des exercices dédiés à l’auto-compassion sur son site (en anglais) : https://self-compassion.org/category/exercises/

Christophe Deval vient de publier son nouveau livre Soft Skills. 10 séances d’auto-coaching pour cultiver ses talents dans la collection My Happy Job aux éditions Vuibert. Il est disponible en format numérique avant sa sortie en librairies d’ici quelques semaines.

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