Sept Français sur dix préfèrent gagner plus plutôt que bénéficier d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, selon une étude de l'Ifop
Sept Français sur dix préfèrent gagner plus plutôt que bénéficier d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, selon une étude de l'Ifop

D’après une étude menée par l’Ifop pour la Fondation Travailler autrement et le Diot-Siaci Institute auprès de 1 000 salariés du secteur privé et 468 dirigeants d’entreprise, le salaire redevient une préoccupation majeure pour les actifs.

Une tendance qui s’inverse. Selon une étude menée par l’Ifop pour la Fondation Travailler autrement et le Diot-Siaci Institute publiée mercredi 17 juin, 61% des salariés du secteur privé privilégient désormais une hausse de salaire à davantage de temps libre. Un résultat qui marque un retour des préoccupations liées au pouvoir d’achat au premier rang des attentes des actifs.

Une rémunération pour garantir son pouvoir d’achat

Ce résultat marque une nette rupture avec les années qui ont suivi la période de Covid-19. En 2022, les attentes des salariés semblaient davantage s’orienter vers la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle puisque 61% d’entre eux affirmaient être prêts à gagner moins pour disposer de plus de temps libre.

Quatre ans plus tard, la tendance s’est largement inversée, avec 61% des salariés du secteur privé qui préfèrent gagner plus d’argent plutôt que bénéficier de plus de temps libre. Un niveau comparable à celui observé en 2008. Selon les auteurs de l’étude, cette évolution intervient dans un contexte marqué par la hausse des dépenses contraintes, qu’il s’agisse du logement, des transports, de l’alimentation ou encore de la santé.

“les salariés interrogent la capacité du travail à leur permettre de vivre dignement et à leur garantir pouvoir d’achat et reconnaissance de leur contribution économique et social”, analyse Patrick Levy-Waitz, président de la Fondation Travailler autrement.

Le salaire comme principal levier pour améliorer la qualité de vie au travail

Cette priorité accordée à une meilleure rémunération se retrouve également dans les leviers identifiés pour améliorer la satisfaction au travail. Pour 67% des actifs interrogés, une augmentation de la rémunération globale constitue la mesure la plus susceptible d’avoir un impact positif. Elle devance largement un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle (16 %), les avantages complémentaires (9 %) et l’évolution vers un nouveau poste (8 %).

L’étude s’est ainsi penchée sur la perception d’une rémunération considérée comme “juste”. Au total, 63% estiment percevoir une rémunération correcte, adaptée au marché du travail actuel et en cohérence avec les responsabilités exercées.

Mais ces chiffres sont plus nuancés lorsqu’il s’agit d’évaluer la rémunération au regard des compétences (58 %), de l’expérience professionnelle (57 %) ou encore de la contribution aux performances de l’entreprise (57 %).

Interroger l’impact des avantages proposés 

Si la rémunération apparaît comme la première attente exprimée par les salariés, la Fondation Travailler autrement rappelle que d’autres leviers peuvent également jouer un rôle dans la fidélisation des salariés. L’étude invite notamment les entreprises à s’interroger sur l’efficacité des avantages proposés.

Si certains dispositifs, comme la complémentaire santé ou les titres-restaurant, peuvent avoir un impact concret sur le pouvoir d’achat et la qualité de vie, d’autres ont “un impact plus limité” et “pourraient être réévalués”. La fondation mentionne notamment les congés additionnels, l’aide au télétravail ou les services de conciergerie.

L’importance du 13ᵉ mois et des augmentations salariales

L’étude révèle plusieurs écarts entre les avantages valorisés par les employeurs et ceux jugés les plus attractifs par les salariés. Les entreprises placent ainsi les primes, bonus et gratifications parmi les principaux outils d’attractivité et de fidélisation. Les salariés, eux, privilégient davantage les augmentations de salaire et le 13e mois.

Autre point de divergence : le temps de travail et son organisation. Horaires, RTT, congés ou encore semaine de quatre jours figurent parmi les avantages les plus appréciés des salariés, alors que les employeurs leur accordent une place moins importante.

Un écart de perception avec les employeurs

L’enquête met en lumière un décalage considérable entre la vision des salariés et celle des employeurs à propos des salaires. En effet, 89% des dirigeants estiment verser à leurs collaborateurs une rémunération qui leur permet de vivre dignement, contre 63% des salariés. Soit un écart de 26 points.

Le même constat apparaît concernant la transparence salariale. Près de neuf employeurs sur dix (87%) considèrent communiquer de manière claire sur leur politique de rémunération et les avantages proposés. Du côté des salariés, ils sont 62% à partager ce sentiment.

*Source : étude “Rémunération : le retour du salaire au cœur du travail révèle une nouvelle fracture entre PME et grandes entreprises”, l’Ifop pour la Fondation Travailler, 17 juin 2026.

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