L’invité de ce 13ème épisode de notre podcast “Ca me travaille” ? Jean-Edouard Grésy, co-fondateur du cabinet AlterNego, auteur notamment de “La révolution du don” et de “Gérer les ingérables”, conférencier et anthropologue.

Il nous raconte son parcours de médecin contrarié à médiateur : “Ce que j’aime le plus dans mon métier, c’est le lien et le contact.” Il nous explique en quoi le don est essentiel, même au travail : “C‘est le roc sur lequel la société est fondée, ce qui est constitutif du lien social. Sans cela, impossible de générer de l’entraide et du partage d’idées. C’est ce qui fait qu’on a un sentiment d’appartenance et de bien-être au quotidien. La connaissance mutuelle des uns des autres crée un filet de protection dans le corps social quand l’un rencontre des difficultés les autres s’en aperçoivent. C’est le capital immatériel de l’entreprise. Cela demande de faire le pari de la confiance. Donner envie aux collaborateurs de donner d’eux-mêmes ne se décrète pas, et c’est cela qui est passionnant.”

Mais comme le disait Marcel Mauss, “donner, ce n’est pas se sacrifier !” Jean-Edouard Grésy nous rappelle les multiples étapes du don : donner, recevoir, rendre et demander. Et la dernière est certainement la plus difficile : “Ose demander, tu seras surpris de recevoir.”
 
Quelles différences entre le don et la négociation ? Ce sont deux systèmes d’échanges qui se complètent. Alors que le don est inconditionnel et qu’il ne se quantifie pas, à l’inverse, la négociation est conditionnelle et quantifiable. Le principe de base de toute négociation : “Pas de concession sans contrepartie !”.

La gratitude et la reconnaissance au cœur du management

Jean-Edouard Grésy intervient également sur les questions de leadership. “Deux-tiers des collaborateurs ne se sentent pas reconnus, c’est une catastrophe, regrette-t-il. On confond encore reconnaissance matérielle et immatérielle. Les managers doivent reconnaître les efforts, les compétences et les individualités. C’est ce qui fait que les gens se sentent exister tout simplement dans l’entreprise.”
 
Ce que la crise a changé selon lui ? “Il y a une tendance de fond inquiétante, accélérée par la crise sanitaire : ce sont les solitudes. Elles augmentent et elles tuent. La conflictualité augmente aussi dans les entreprises. Il est nécessaire de trouver un bon équilibre entre le distanciel et le présentiel pour que les conflits n’explosent pas quand les gens se revoient.” Trois réactions nourrissent ainsi les conflits : fuir, céder ou riposter.
 
Sa plus grande fierté ? “Avoir créé une entreprise, une fierté partagée avec mes associés et mes collaborateurs. C’est ce qui me permet de tenir aussi, c’est un plaisir de revenir au bureau après des médiations difficiles. Une chance !”
 

Son arme secrète pour décompresser ? La nature ! Il nous parle enfin de l’influence de sa mère, Brigitte Grésy, personnalité et auteure engagée pour l’égalité homme-femme et contre le sexisme, qui lui a transmis, notamment, la valeur de respect – “le creuset du vivre ensemble”, et lui a permis d’apprivoiser très tôt les stéréotypes.

Pour ne rater aucune actualité en matière de qualité de vie au travail, inscrivez-vous à la newsletter de My Happy Job, parcourez nos hors-séries thématiques  et découvrez notre annuaire du bien-être au travail.

Article précédentDanièle Linhart : “Le problème fondamental pour les salariés, c’est la reconnaissance”
Article suivantLes clés de la qualité de vie au travail chez Onepoint
Diplômée de Sciences-Po Paris, Fabienne Broucaret est la fondatrice et la rédactrice en chef de My Happy Job. Conférencière, passionnée par les questions de mixité, elle est aussi l’auteure des livres "Le sport, dernier bastion du sexisme ?" et "A vos baskets toutes ! Tour de France du sport au féminin" (Michalon). Elle a aussi co-écrit “2h chrono pour déconnecter (et se retrouver)” avec Virginie Boutin (Dunod, mai 2018).

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici