HPI, hypersensibilité, TDAH, multipotentialité ou encore TSA… De nombreux profils atypiques peinent à s’épanouir au travail, non pas par manque de compétences, mais parce que leur mode de fonctionnement ne correspond pas toujours à leur environnement professionnel. Et si la clé n’était pas de changer de métier, mais d’identifier les conditions qui permettent d’exprimer pleinement son potentiel ? L’Ikigaï offre des pistes concrètes pour mieux se connaître et construire une carrière plus alignée.

« Tu réfléchis trop », « Tu es trop sensible », « Tu te disperses »… Ces remarques, de nombreuses personnes qui se reconnaissent dans un profil atypique les ont entendues tout au long de leur parcours. Derrière ce terme se cachent pourtant des réalités très diverses : haut potentiel intellectuel (HPI), hypersensibilité, TDAH, multipotentialité, troubles du spectre de l’autisme… Difficile de les mettre dans une même case.

En revanche, beaucoup partagent une expérience commune : celle de se sentir en décalage avec les codes du monde professionnel. Non pas parce qu’ils seraient moins compétents, mais parce que leur façon de penser, d’apprendre, de communiquer ou de travailler ne correspond pas toujours aux attentes de leur environnement.

Au fil de mes accompagnements, je constate d’ailleurs que leur première demande n’est pas forcément de « trouver un autre métier ». Ils cherchent aussi à comprendre pourquoi ils s’épuisent là où d’autres semblent s’épanouir. Et si la bonne question n’était pas : « Quel métier est fait pour moi ? » Mais plutôt : « Dans quelles conditions est-ce que je fonctionne le mieux ? »

C’est précisément là que l’IKIGAI prend tout son sens.

Se connaître, c’est bien. Comprendre son fonctionnement, c’est encore mieux.

Lorsque l’on évoque l’IKIGAI, on pense souvent à un exercice de connaissance de soi ou de développement personnel. Quelles sont mes compétences ? Mes passions ? Ce qui a du sens pour moi ?

Ces questions sont essentielles, mais elles ne suffisent pas toujours pour les profils atypiques.

Pourquoi ? Parce qu’ils connaissent souvent déjà leurs qualités… et leurs difficultés. En revanche, ils ont parfois plus de mal à identifier ce qui favorise, ou au contraire freine, leur épanouissement au quotidien.

Certains ont besoin d’une grande autonomie pour donner le meilleur d’eux-mêmes. D’autres s’épanouissent lorsqu’ils peuvent explorer plusieurs projets en parallèle. D’autres ont besoin de concentration sans interruption, de relations de confiance ou d’un travail nourrissant leur curiosité.

Autrement dit, leur bien-être dépend autant de leur environnement que de leur fonction.

L’ikigaï devient alors une véritable boussole : non pas pour désigner un métier idéal, mais pour mettre en lumière les conditions dans lesquelles une personne peut exprimer pleinement son potentiel.

Cesser de vouloir “fonctionner comme les autres”

Beaucoup de profils atypiques ont passé des années à essayer de se conformer.

Ils ont appris à masquer leur hypersensibilité, à ralentir leur rythme de réflexion, à limiter leur curiosité ou à culpabiliser de se lasser rapidement de certaines missions. À force d’adaptation, certains finissent même par perdre de vue ce qui leur convient réellement.

Je pense notamment à cette cliente, brillante dans son domaine, persuadée qu’elle devait changer de métier. En explorant son ikigai en bilan de compétences, elle a réalisé que ce n’était pas son activité qui la faisait souffrir. C’était plutôt son environnement où chaque initiative devait être validée, où les procédures primaient sur la créativité et les journées étaient rythmées par des réunions incessantes.

Quelques mois plus tard, elle exerçait toujours le même métier… dans une entreprise dont la culture correspondait davantage à son mode de fonctionnement. Ce changement a fait toute la différence.

Cette situation rappelle une réalité souvent oubliée : un même poste peut être source d’épuisement dans une organisation et profondément stimulant dans une autre.

4 questions pour avancer

Si vous vous reconnaissez dans un fonctionnement atypique, voici quelques pistes de réflexion inspirées de l’ikigaï :

  • « Quelles activités vous donnent de l’énergie, même lorsqu’elles sont exigeantes ? ». Elles révèlent souvent vos motivations profondes.
  • « Dans quelles situations avez-vous le sentiment de pouvoir être pleinement vous-même ? ». Les réponses mettent en évidence les environnements qui vous conviennent.
  • « Quelles sont les qualités que les autres reconnaissent chez vous mais que vous considérez comme “normales” ? ». Elles constituent souvent vos forces naturelles.
  • « Quels compromis êtes-vous prêt à accepter… et lesquels finissent systématiquement par vous épuiser ? ». Identifier ses limites et sacrifices éventuels est aussi important que connaître ses aspirations.

Faire de sa singularité un levier

Les profils atypiques n’ont pas nécessairement besoin de devenir quelqu’un d’autre pour trouver leur place. Ils ont surtout besoin de mieux comprendre leur propre mode de fonctionnement afin de faire des choix plus alignés.

L’Ikigai ne gomme pas les difficultés et ne promet pas une carrière sans obstacles. En revanche, il invite à porter un regard différent sur soi : non plus en cherchant à corriger ce qui dépasse, mais en identifiant les contextes dans lesquels cette singularité devient une véritable ressource. Et les apports de l’Ikigaï sont une mise d’or pour se lancer dans un plan d’action pertinent et cohérent.

Et vous, connaissez-vous réellement les conditions qui vous permettent d’exprimer le meilleur de vous-même ?

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Spécialiste de l'IKIGAI et de l'accompagnement en évolution professionnelle Le cabinet Coach&volution permet de développer l'Ikigaï au service du bien-être au travail. Fondé en 2018 par Axelle Martinelli, il aide ainsi les personnes en reconversion, entrepreneurs et équipes à mieux se connaître pour stimuler leur équilibre de vie.

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