
Et si le véritable secret des plus grands champions n’était pas uniquement leur talent, mais aussi leur capacité à apprivoiser le stress, l’échec et l’inconfort ? Dans cet épisode de notre podcast Good Job, Anthony Mette, docteur en psychologie et préparateur mental, explique pourquoi les ressorts de la performance sportive peuvent aussi transformer notre manière de travailler.
Pourquoi certains athlètes parviennent-ils à performer sous une pression immense quand d’autres craquent ? Pour Anthony Mette, préparateur mental auprès de sportifs de haut niveau, la réponse ne tient pas uniquement au talent : « Avoir un mental de champion, ça veut dire avoir une motivation, une concentration, une gestion du stress (…) et une résilience qui sont au-dessus de la moyenne et qui vous permettent d’avancer très loin, de gagner souvent, beaucoup, longtemps et de rebondir malgré les échecs. »
Mais ce mental n’est pas réservé à une élite sportive. Une grande partie des compétences qui le composent peuvent être développées et trouvent un écho direct dans le monde de l’entreprise.
Faire de l’échec un levier de progression
Au cœur de son approche figure la notion d’« antifragilité », popularisée par Nassim Nicholas Taleb. L’idée n’est pas seulement de résister aux difficultés, mais d’en sortir renforcé : « Notre travail, c’est de rendre les gens antifragiles (…). Même s’ils tombent, même s’ils échouent, ça va les rendre encore plus forts, encore plus résistants. »
Cette philosophie suppose aussi de revoir notre rapport à l’échec. Pour Anthony Mette, celui-ci est largement une construction culturelle. « Il n’y a presque plus d’échecs. Il y a juste des moyens d’apprendre, des moyens de progresser, d’évoluer », estime-t-il. Un changement de regard qui peut faire la différence dans la vie professionnelle, où la peur de l’erreur freine souvent les prises d’initiative.
Le stress se travaille
Contrairement aux idées reçues, le mental n’est pas figé. La gestion du stress, en particulier, peut être considérablement améliorée : « On peut faire passer quelqu’un d’un anxieux généralisé à quelqu’un qui vit bien le stress. » L’expert recommande notamment des exercices de méditation et d’entraînement attentionnel afin de développer un « cerveau calme », moins envahi par les pensées parasites. Un travail qui s’accompagne d’un développement de l’intelligence émotionnelle.
Autre enseignement de cet épisode : les champions ne fuient pas les difficultés. Ils apprennent à les traverser. Lorsqu’on lui demande s’il est utile de s’imposer de petits inconforts au quotidien, Anthony Mette répond sans hésiter : « Ce n’est pas important, c’est obligatoire ! » Selon lui, progresser passe aussi par une véritable transformation de soi, qui conduit parfois à revoir ses habitudes, sa manière de penser et même sa vision du monde.
Le mythe du champion invincible
Le psychologue déconstruit enfin une idée largement répandue : celle du sportif mentalement invulnérable : « Tout le monde a peur (…). Le but de la vie, ce n’est pas d’apprendre à ne pas avoir peur. Nous, on sait faire ça. »
Il cite notamment Victor Wembanyama comme symbole d’une nouvelle génération de champions qui assument davantage leurs émotions et contribuent à faire évoluer les représentations de la performance.
Cette conversation rappelle finalement que les plus grands champions sont ceux qui apprennent à mieux se connaître, à accepter leurs fragilités et à s’en servir comme moteur de progression. Une leçon qui dépasse largement les terrains de sport.
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