Envie de mieux concilier vie pro et vie perso, quête de sens, nouveau rapport au travail, « Big résignation » ou « Big quit »… Quelles sont les conséquences durables de la crise sur les salariés français ? Qu’en est-il de leur santé mentale, du niveau de leur fatigue et du nombre de burn out en France ? Alors que le mode hybride, qualifié de « new normal » du travail, se généralise, découvrez les résultats clés et les enseignements de la 9ème édition du baromètre d’Empreinte Humaine réalisé par Opinion Way (1).  

Santé mentale : des chiffres toujours inquiétants

Alors que la crise sanitaire semble s’éloigner et que les mesures sanitaires s’assouplissent, la détresse psychologique des salariés français continue, elle, de se dégrader atteignant 41% (+3 pts). Ainsi, 34% (+1 pt) des salariés sont en burnout en France, dont 13% en burnout sévère.

Nombre de personnes en burn out en France

Les populations les plus à risques

Ce sont les jeunes qui sont aujourd’hui les plus touchés, avec 54% des moins de 29 ans (+13 pts). Sont aussi plus exposés à la détresse psychologique les femmes qui pointent à 47,5 % (+3,5 pts), les managers à 44% (+6 pts) et la fonction RH. Comme le montrait déjà en 2021 l’étude “Professionnels RH, comment allez-vous ?“, les ressources humaines sont ainsi 64% à être en situation de détresse psychologique et 63% en situation de burnout dont 34% de burnout sévère.

Concernant les managers, ils sont 38% à être en situation de burnout, dont 16% en burnout sévère. Enfin, les télétravailleurs sont quant à eux 36% à indiquer être en situation de burnout, dont 13% de sévère.

Les conséquences sur le comportement des salariés

Beaucoup de salariés s’isolent et se coupent du monde, perdent souvent patience et sont facilement irritables. Ils sont également 1/3 à être moins réceptifs aux idées de leurs collègues, et ¼ a être agressifs pour tout et rien.

Le rapport au travail des salariés a changé

Le baromètre d’Empreinte Humaine s’est appuyé sur les travaux de Lucie Davoine et Dominique Méda « Place et sens du travail en Europe : une singularité́ française ? » pour montrer comment la place du travail a évolué dans la vie des salariés. Ils sont ainsi 19% à déclarer que le travail tient une place importante dans leur vie, alors qu’ils étaient 70% en 1999 !

« Il existe peu de différences de résultats entre les générations ou selon le genre, précise Christophe Nguyen, psychologue du travail et président du cabinet Empreinte Humaine. Le rapport au travail se modifie fortement. Les promesses d’émancipation, réalisation de soi au travail semblent avoir été bouleversées par la crise sanitaire. Les salariés en mauvaise santé psychologique sont les plus concernés par ces modifications. La qualité de vie au travail a été bouleversée. La question du bien-être et de la santé psychologique devient une motivation professionnelle. »

La question du sens du travail évolue peu en revanche. Ils sont 22% considérer que leur
travail doit être utile à la société là où ils étaient 18% à la fin des années 90. En 1999, ils étaient 75% à dire que pour développer pleinement ses capacités, il faut avoir un travail, ils ne sont plus que 40% en 2022. L’importance données aux possibilités de promotion passe de 83% en 2002 à 59% 20 ans après.

Les attentes des salariés en matière de qualité de vie au travail en 2022

Voici le top 4 des attentes prioritaires des salariés en matière de Qualité de vie au travail ( QVT) en sortie de crise sanitaire :

1. L’équilibre des vies professionnelles et personnelles
2. Le salaire et les primes
3. De bonnes relations avec les collègues
4. La reconnaissance au travail (autre que salariale)

(1) La 9ème vague du Baromètre « Impact de la crise sanitaire sur la santé psychologique des salariés » OpinionWay pour Empreinte Humaine, a été réalisée en ligne. Le recueil a été fait du 27 janvier au 11 Février 2022 auprès d’un panel représentatif de 2001 salariés, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de secteurs d’activités, de nature d’employeur et de taille d’entreprises.

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Diplômée de Sciences-Po Paris, Fabienne Broucaret est la fondatrice et la rédactrice en chef de My Happy Job. Conférencière, passionnée par les questions de mixité, elle est aussi l’auteure des livres "Le sport, dernier bastion du sexisme ?" et "A vos baskets toutes ! Tour de France du sport au féminin" (Michalon). Elle a aussi co-écrit “2h chrono pour déconnecter (et se retrouver)” avec Virginie Boutin (Dunod, mai 2018).

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,
    Pouvez-vous préciser d’où viennent vos chiffres mesurant les taux de burn-out ?
    En effet, ce terme n’est pas utilisé dans la 9ème vague du Baromètre OpinionWay pour Empreinte Humaine (qui parle de détresse psychologique).

    Merci de votre retour,
    C Henry

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