Voilà un sujet dont on parle encore trop peu : la qualité de la vie au travail après la maladie. Saviez-vous que cinq ans après un cancer, on constate toujours des douleurs physiques, de la fatigue ou encore de l’anxiété chez certains patients ? Karine Chossinand, coach spécialisé dans la vie après le cancer, nous apporte son éclairage. 

Quels sont pour vous les moments essentiels dans le retour au travail après un cancer ?
Il existe deux moments clés où l’on peut agir en faveur de la qualité de vie au travail. Le premier correspond à l’organisation du retour en poste de la personne, le second à la création de son avenir professionnel. Il peut s’agir d’entamer une reconversion ou encore de créer sa propre entreprise.

Qui peut contribuer à ce bien-être au travail selon vous ?
Dans ces deux moments clés, tout le monde peut-être acteur ! L’entreprise d’une part qui peut aider le salarié en mettant en place des procédures internes pour améliorer le retour en poste, en communiquant en amont, en préparant ses équipes. Le salarié d’autre part qui, en s’organisant autant que possible, peut améliorer son retour en poste. Il s’agit des deux faces d’une même pièce de monnaie. J’ai la conviction que l’un ne va pas sans l’autre.

Est-ce que certains de vos patients ou anciens patients ont choisi de ne pas retourner dans leur poste en CDI, de prendre un chemin totalement différent ?
Oui, bien sûr, je les accompagne alors dans la création d’entreprise et dans des reconversions très spécifiques. Il s’agit de trouver un équilibre différent avec des valeurs et des envies qui sont très précises, et qui ont changé après la maladie. Le retour au travail devient alors le moment d’imaginer sa propre manière de concevoir son travail, de créer son quotidien, de choisir avec qui on a envie de travailler, de rééquilibrer sa vie personnelle et professionnelle, de profiter de ses enfants par exemple. Certains y voient l’opportunité d’aller de l’avant, de se (re)découvrir, de faire des projets ambitieux qu’ils ne s’étaient pas autorisés avant. Pour d’autres, le retour dans leur poste en CDI est source de sécurité.

Pensez-vous que la qualité de vie au travail et la résilience après le cancer sont liés ?
C’est exactement ce en quoi je crois. Je pense que pour les patients la création de leur avenir professionnel fait naître des sensations de liberté et de maîtrise. Celles-là mêmes qui ont pu être absentes lors de la prise en charge de la maladie. L’après cancer est une période délicate à organiser. C’est précisément le moment où l’hôpital ne vous prend plus en charge et où il faut faire sans lui. D’où l’importance que les entreprises s’engagent pour faciliter le retour à l’emploi des personnes après le cancer.

Avez-vous quelques exemples de belles reconversions après la maladie ?
Oui, évidemment. J’ai en tête une personne qui faisait de l’administratif et qui est devenue photographe professionnel. Je pense aussi à une dame qui était spécialiste en courtage maritime et qu’est devenue romancière, à un monsieur qui était boulanger et se fait désormais une place dans le milieu du tennis, ou encore à une mère de famille de 3 enfants qui travaille à l’international et a monté une association d’aide aux patientes.

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