Alors que le retour au bureau et le passage en mode hybride sont au cœur de toutes les préoccupations, voici les principaux résultats de la 7ème vague du baromètre Empreinte Humaine de la santé psychologique des salariés français en période de crise.

« Si la détresse psychologique n’évolue pas beaucoup, elle demeure à un niveau très important, souligne d’entrée de jeu Christophe Nguyen, psychologue du travail et Président d’Empreinte Humaine. Le taux de burnout a ainsi doublé en un an culminant à 2 000 000 de personnes en burnout sévère. »

La détresse psychologique des salariés français reste importante à 44% (-1 pts par rapport à mars 2021) dont 17% élevée (=) de même que le taux de dépression nécessitant un accompagnement chez les salariés qui se maintient à 36% (dont 21% risquant une dépression sévère). Les salariés au chômage technique total sont quant à eux 56% à présenter un risque dépressif.

Plus le temps passe, plus ces risques sont importants, comme souvent dans les problèmes de santé psychologique, le facteur temps joue et les conséquences sur la santé globale sont à anticiper. Les plus impactés ? Les parents en télétravail, surtout avec de jeunes enfants, les dirigeants et les managers. Parmi les foncions les plus exposées à la détresse psychologique, le top management tient le haut du pavé avec 80% pour les directions générales, devant les présidents et les DRH à 61% et les managers avec 52% souffrant de détresse psychologique. C’est particulièrement vrai chez les dirigeants de PME/TPE. « Le cas des dirigeants est vraiment préoccupant et des actions de prévention doivent être mises en œuvre pour les soutenir spécifiquement et compléter les mesures de soutien économique, souligne Jean-Pierre Brun, co-fondateur d’Empreinte Humaine. Les DRH sont touchés depuis un an car ils sont au centre de la crise dans les entreprises : au croisement des enjeux économiques, humains, sociaux et juridiques. »

Autre élément important : ¼ des salariés disent avoir peur de perdre leur emploi générant un taux de détresse psychologique pour 61% d’entre eux. Elle est sans surprise beaucoup plus forte chez ceux en chômage technique avec 49% d’entre eux qui ont peur. Contrairement au début de la crise, les télétravailleurs sont toujours les plus exposés à la détresse psychologique. Ils font malgré tout la part des choses : après la crise, le souhait de rester en télétravail à 100% reste minoritaire mais quasiment 8/10 veulent pouvoir télétravailler 1 à 3 jours par semaine.

Les managers sont les plus en difficultés car « empêchés » de pouvoir « bien manager ». La pérennisation du télétravail devra passer par des évolutions managériales, des changements d’organisation du travail et notamment la réduction de la taille des équipes pour 1 manager sur 2. Une des raisons du maintien de ces niveaux importants de risques psychosociaux liés au travail est la difficulté à s’exprimer dans l’entreprise. 50% des salariés expriment avoir des difficultés psychologiques liées au travail. Parmi eux, la moitié n’osent pas en parler, a peur d’être stigmatisée, et sait pas à qui parler, ou le manager peut aussi nier ses propres difficultés…

Les pratiques de management et d’équipe devront changer dans un contexte plus hybride du travail. Les vécus et souhaits de retour sont très disparates entre les salariés (75% des télétravailleurs ne veulent pas revenir au bureau « comme avant » vs 30% chez les non-télétravailleurs), ce qui joue sur l’érosion du sentiment collectif d’appartenance et peut être un facteur de tensions entre les personnes.

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Photo de Tima Miroshnichenko provenant de Pexels

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