La crise du Covid-19 a mis en pleine lumière un sujet à l’importance croissante : celui des aidants. Un sujet qui concerne l’intégralité des entreprises, à l’heure où 20% des salariés français — plus de 5 millions au total — sont impactés par la perte d’autonomie d’un proche et contraints de l’assister au quotidien. Découvrez les résultats du baromètre “Aider et Travailler 2020” réalisé par Interfacia, Tilia, Responsage et Le Lab RH auprès de plus de 600 salariés aidants et anciens aidants, ainsi qu’auprès de leurs managers et collègues (1).

Plus des trois quarts (77%) des salariés concernés par la problématique de l’aidance parlent de leur situation sur le lieu de travail. 49% le font avec leur manager, tandis que 30% s’adressent directement à leur DRH, notamment dans le but d’aménager leur temps de travail — une solution envisagée par 45% des personnes interrogées, soit une augmentation de 18 points depuis 2017. 40% des aidants travaillent d’ailleurs déjà à temps partiel. Un choix subi dans les trois quarts des cas.

Ils sont répartis de manière pratiquement équivalente entre les entreprises de moins de 250 collaborateurs (49%) et de 250 collaborateurs et plus (51%). L’étude fait voler en éclat plusieurs idées reçues :
– Les salariés aidants ne sont pas forcément des séniors : ils sont presque autant à avoir moins, que plus de 50 ans ;
– Ils sont à peine plus d’un quart à accompagner une personne dépendante du fait de son vieillissement ;
– Ils sont 65% à aider pendant plus de 6 ans et près de 39% pendant plus de 10 ans ;
– Ils sont aujourd’hui 39% à s’occuper d’au moins deux personnes dépendantes ; une augmentation de 19 points par rapport à 2017 !

Les salariés aidants sont 78% à considérer que l’aidance a un impact négatif sur leur travail. Une tendance en nette augmentation — 19 points — au cours des trois dernières années. Les principaux effets néfastes ? La dégradation de leur santé, qui concerne 76% d’entre eux, la désorganisation du travail pour eux et pour leur équipe, et la sensible diminution de leur vie sociale. Pour Christine Lamidel, fondatrice et Directrice de Tilia, compte-tenu « de la complexité et des difficultés que rencontrent les collaborateurs aidants pour allier vie professionnelle et responsabilités liées à leur rôle, il est crucial que les entreprises adaptent leur stratégie RH pour une organisation plus inclusive et préventive en intégrant des dispositifs pour alléger leur quotidien. »

La moitié des aidants (50%) considère tout de même que l’aidance a un impact positif sur leur vie professionnelle, un chiffre en hausse de 24 points depuis 2017. 82% ont notamment acquis de nouvelles compétences grâce à leur situation, et la moitié (50%) précise que celle-ci leur a permis d’améliorer leur relation avec leur hiérarchie et leurs collègues. Un aidant dans une équipe représente enfin une force : plus d’humanité, d’empathie, de sens, et de résilience.

La principale solution prônée par l’étude ? La création d’un statut de salarié-aidant, quelle que soit la cause de la dépendance de la personne fragilisée. L’ensemble des propositions sont détaillées dans le Livre blanc du Baromètre Aider & Travailler 2020 qui sera disponible le 6 octobre 2020, à l’occasion de la Journée Nationale des Aidants.

(1) Etude réalisée par Olystic entre juin et juillet 2020.

Pour ne rater aucune actualité en matière de qualité de vie au travail, inscrivez-vous à la newsletter de My Happy Job, parcourez nos hors-séries thématiques  et découvrez notre annuaire du bien-être au travail.

A lire aussi :
– Des solutions concrètes en faveur de l’équilibre vie pro-vie perso
Anne-Sophie Tuszynski : “On a tous à gagner à mieux concilier les maladies et les fragilités avec le travail”

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici