5 clés pour mieux manager grâce aux neurosciences

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Le rôle du manager est aujourd’hui remis en question. Et pour cause, il est au cœur de l’expérience salarié : selon l’institut Gallup, 70% de la variation de l’engagement s’explique par les managers et 50% des salariés ont quitté leur travail à un moment donné de leur carrière pour s’en libérer… Si l’on ajoute à cela l’émergence de nouveaux modèles organisationnels, la digitalisation ou encore l’arrivée sur le marché du travail des Millennials, pas étonnant que la relation managériale « façon XXe » tangue légèrement. Mais est-ce pour autant la fin du manager ? Pas si sûr. La fonction se réinvente : entre néo-manager et manager 3.0, le chef devient à la fois RH, leader et coach. Les pratiques managériales se renouvellent en s’inspirant notamment des neurosciences qui permettent de comprendre le fonctionnement cérébral. En décryptant les mécanismes du cerveau, le neuromanagement pose les bases d’une nouvelle relation manager-managé en agissant sur la motivation, le bien-être et l’innovation. 

1/ Améliorer l’efficacité grâce à un environnement de travail “neuro-bienveillant” 
Créer un cadre de travail bienveillant ne s’invente pas du jour au lendemain… mais comprendre le fonctionnement du cerveau peut y contribuer. Marylise Chrétien et Sébastien Robert, les deux dirigeants de Lumerys – un cabinet qui accompagne les hauts dirigeants dans leur stratégie – expliquent qu’il est constitué de trois parties interconnectées : « le cerveau reptilien gère les comportements de base nécessaires à notre survie, le cerveau limbique où siègent nos émotions, puis le cortex, le lieu de la pensée, la partie plus rationnelle ». Une décision serait un processus hybride mêlant le rationnel à l’émotionnel. Dès lors, on comprend l’importance des émotions positives, du sentiment de sécurité et du bien-être pour booster l’efficacité du cerveau et prendre les bonnes décisions.
Que faire concrètement ? Optez pour un mode de gestion d’équipes en faveur de l’épanouissement du cerveau : accorder plus d’autonomie, déléguer, accompagner plus que suivre, faire confiance…

2/ Motiver ses équipes grâce à la reconnaissance
Le cerveau est dopé aux émotions positives : il marche au plaisir et non à la contrainte. La motivation d’un collaborateur passera rarement par l’injonction verbale : pour le captiver, il faut écouter, communiquer, donner du sens… La reconnaissance, particulièrement, active les circuits neurologiques de la récompense sur lesquels repose la motivation, mais aussi la confiance et la cohésion sociale. Émilie Letailleur, Présidente du Cercle Embelys, Think do tank dédié à l’accompagnement professionnel, souligne l’importance de l’intelligence émotionnelle (IE) dans les leviers de motivation :  « Daniel Goleman explique que les leaders qui réussissent ont un fort niveau d’IE incluant la connaissance de soi, l’empathie et les capacités sociales ».
Comment tendre vers ce leadership ? Mettre en place un rituel de feedback au sein de l’équipe, se former à des techniques de reformulation positives issues du coaching, acquérir les bases de la communication non violente

3/ Mieux gérer le stress grâce à l’axe coeur-cerveau
En comprenant les mécanismes du cerveau reptilien face à une situation professionnelle imprévue ou une gestion de crise, nous pouvons choisir d’y porter un regard différent, moins subi émotionnellement et plus positif. Grâce à l’observation de ses propres réactions physiologiques et processus mentaux, il est possible de développer la flexibilité de l’organisme pour lutter contre le stress. Pour tendre vers plus de sérénité managériale, les deux dirigeants de Lumerys proposent de travailler l’axe « coeur-cerveau » : « Grâce aux neurones en réseau du coeur, nous pouvons agir sur toutes les cellules du corps par réaction chimique. Comme une caisse de résonance, cela permet de créer un équilibre émotionnel face aux tensions extérieures. »
Comment faire ? En revenant à soi grâce à des moments de calme que l’on s’accorde au cours d’une journée et qui sont essentiels à l’hygiène mentale et émotionnelle. Les outils : la méditation, la cohérence cardiaque ou la pleine conscience.

4/ Donner du sens grâce à l’intelligence collective
Le cerveau est plus efficient en collectif : « plastique », il apprécie l’apprentissage, la nouveauté et l’interaction avec autrui. Les pratiques managériales tayloriennes en « silos » et peu collaboratives s’avèrent donc obsolètes. Fondée sur l’intelligence collective, l’innovation managériale favorise la créativité, le sentiment d’appartenance et l’engagement.
Par où commencer ? Réinventer ses habitudes de travail en s’appuyant, par exemple, sur les « processus délégués » initiés par Alain Cardon : lors de réunions ou de points projets, chaque collaborateur peut facilement contribuer à la prise de décision ou à la résolution de problèmes. Ou encore, initier un groupe de « co-développement » : des salariés qui partagent des problématiques professionnelles vont apprendre ensemble.

5/ Devenir un acteur du changement
L’imagerie cérébrale montre que notre cerveau valse constamment entre le mode automatique et adaptatif. Naturellement, nous réagissons aux changements – organisationnels, nouveau SI… – avec « l’option automatique » en suivant notre référentiel interne à savoir nos habitudes. C’est là que les résistances au changement se dressent. Or, en comprenant ces mécanismes internes, le manager peut plus facilement lever les blocages et les croyances limitantes en travaillant sur l’intelligence adaptative de ses équipes.
Comment ? Comme un muscle, le cerveau des individus qui pratiquent des activités différentes tous les jours développe souplesse et agilité situationnelle. Dès lors, pourquoi ne pas tenter des exercices permettant de s’extraire de la « routine neuronale » : défis, nouveaux projets, missions internes innovantes… Besoin d’aide au démarrage ? Zen Corp’s propose ateliers et outils pour prendre conscience de nos automatismes mentaux.

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