
Une remarque qui déstabilise en réunion, une question imprévue, une petite pique à laquelle on trouve la réponse parfaite… trois heures plus tard. Avoir de la répartie serait-il réservé à ceux qui ont naturellement le sens de la formule ? Emmanuel Chila, formateur en prise de parole et auteur de Je dis ça, je dis rien (Eyrolles), démonte plusieurs idées reçues et livre des techniques concrètes pour apprendre à mieux répondre sur le moment.
« J’aurais dû lui répondre ça ! » Qui n’a jamais refait une conversation mentalement en trouvant, bien trop tard, la réplique qui aurait fait mouche ? C’est justement le point de départ du nouvel épisode de Good Job!. L’invité ? Emmanuel Chila, formateur en prise de parole et auteur de Je dis ça, je dis rien. Avoir enfin de la répartie et arrêter de trouver la bonne réplique 3 heures plus tard, paru aux éditions Eyrolles.
Idée reçue n°1 : avoir de la répartie, c’est inné
Certaines personnes semblent avoir naturellement la réplique facile. Et Emmanuel Chila le reconnaît : comme dans le sport, certains disposent sans doute de davantage de facilités que d’autres. Mais cela ne signifie pas que la répartie serait réservée à quelques privilégiés : « C’est une compétence qui peut être développée. La répartie, ce n’est pas juste pour quelques personnes. »
Autrement dit, il est possible de progresser. Encore faut-il comprendre ce qui nous empêche parfois de répondre : le sujet nous touche-t-il personnellement ? Avons-nous suffisamment d’énergie ? Quelle relation entretenons-nous avec notre interlocuteur ? L’autorité entre également en jeu : on ne réagit pas forcément de la même manière face à un collègue et face à son chef.
Idée reçue n°2 : avoir de la répartie, c’est trouver la punchline qui tue
Avoir le dernier mot, faire rire tout le monde ou laisser son interlocuteur sans voix : voilà souvent l’image associée à la répartie. Pour Emmanuel Chila, c’est pourtant passer à côté de l’essentiel : « Une conversation qui est intéressante, c’est pas une conversation qu’on gagne. C’est une conversation qui enrichit les deux personnes. »
La bonne réponse n’est donc pas forcément la plus brillante. Elle peut simplement permettre de faire avancer l’échange. « On n’aura pas le dernier mot. Mais par contre, on aura fait bouger le curseur », insiste-t-il. Un changement de perspective qui permet aussi de retirer un peu de pression : avoir de la répartie ne signifie pas devoir se transformer en humoriste à chaque réunion.
Idée reçue n°3 : il faut répondre immédiatement
C’est sans doute le paradoxe le plus intéressant : pour avoir davantage de répartie, il faut parfois accepter… de ne pas répondre à toute vitesse. Le silence, notamment, peut devenir un véritable outil. Selon notre expert, « le silence, aujourd’hui, c’est la plus belle des paroles. C’est ça qui va appuyer mes idées. C’est ça qui va laisser le temps aux gens de réfléchir. »
Quelques secondes permettent de réfléchir, de souligner l’importance de ce qui vient d’être dit ou simplement d’éviter de réagir sous le coup de l’émotion. À condition, précise Emmanuel Chila, que ce silence soit assumé et non subi.
3 techniques pour gagner du temps et mieux répondre
Pas besoin, donc, de chercher systématiquement la formule brillante. Parmi les techniques proposées dans le podcast, trois sont particulièrement accessibles :
- Questionner. Demander à son interlocuteur de préciser sa pensée permet de s’assurer que l’on répond bien à ce qu’il voulait dire et non à notre propre interprétation.
- Reformuler. Là encore, l’objectif est de vérifier que l’on a bien compris, tout en se donnant quelques secondes supplémentaires pour construire sa réponse.
- Utiliser l’humour. Une manière de prendre de la distance et de décaler l’échange, à manier toutefois avec précaution. « L’humour de l’un n’est pas l’humour de l’autre », rappelle Emmanuel Chila. Ce qui nous amuse ne fera pas nécessairement rire notre interlocuteur. Et, surtout, le degré d’humour possible dépend fortement du contexte dans lequel on se trouve.
Mais toutes les techniques ne conviendront pas à tout le monde. Certains seront plus à l’aise avec l’humour, d’autres avec les questions ou les silences. L’objectif n’est donc pas de copier ceux qui semblent avoir toujours le bon mot : « N’essayez pas de faire quelque chose que vous n’êtes pas. »
Dans cet épisode de Good Job!, Emmanuel Chila va plus loin : comment s’entraîner concrètement ? Peut-on avoir la même répartie face à son manager que face à un collègue ? Comment répondre à l’écrit ? Et l’IA peut-elle devenir un coach pour travailler sa répartie ? Autant de pistes à découvrir dans l’épisode.
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