La qualité de vie au travail est un enjeu prioritaire pour plus de 9 employeurs sur 10. Voilà le principal enseignement d’une enquête menée par Gras Savoye Willis Towers Watson (1). Eclairage de Julien Rémy, directeur de clientèle.

Votre étude montre que les actions menées en faveur de la qualité de vie au travail (QVT) ne sont plus un épiphénomène…
Julien Rémy. Oui, tout à fait. On sent un intérêt grandissant des entreprises. Il s’agit d’une tendance qui va beaucoup plus loin que le baby-foot en s’intéressant aux relations avec les collègues ou les managers, au sens donné au travail, aux perspectives de carrière, à la qualité de l’environnement de travail… La prise de conscience est bien là, et les entreprises commencent à se structurer pour y faire face. 44% des entreprises que nous avons interrogées sont ainsi dotées d’une équipe ou d’interlocuteurs dédiés à la QVT. Leur maturité sur le sujet reste cependant assez hétérogène : les grandes entreprises sont souvent en avance sur les plus petites, et y allouent, sans surprise, plus de moyens.

Concrètement, quelles sont les initiatives prises par les entreprises ?
J.R. Le champ d’action est large. Les dispositifs les plus déployés sont ceux visant à l’amélioration de l’ergonomie et de la posture au travail (66%), au développement des moments de convivialité entre collaborateurs (52%) et au télétravail (48%). 45% des sociétés interrogées ont aussi mis en œuvre des campagnes de sensibilisation et de prévention des risques psycho-sociaux.

Quels sont les impacts de ces mesures ?
J.R. 77% des personnes interrogées pensent que ces initiatives sont efficaces, dont 16% tout à fait convaincues. Les impacts sont multiples : sur le bien-être des collaborateurs, la performance de l’entreprise ou encore la rétention des talents et l’attractivité de l’entreprise.

Quels sont aujourd’hui les principaux freins au déploiement d’une démarche QVT en entreprise ?
J.R. C’est justement la mesure de l’impact de ces mesures car il est difficilement quantifiable. Il existe des études mais elles demeurent assez théoriques. Pour certains employeurs, les liens entre les actions menées et les gains demeurent assez diffus. Une donnée intéressante pour dépasser cet obstacle est le taux d’absentéisme. C’est quelque chose de très concret et de mesurable dont le coût est considérable. Dans notre étude, après la maladie, les premières causes d’arrêts de travail sont les problèmes musculaires, les douleurs chroniques, le sentiment de surcharge de travail, les accidents de travail et la fatigue. Agir en faveur de la qualité de vie et de la santé au travail permet de réduire l’absentéisme, ce n’est pas une fatalité !

Et demain ?
J.R.
Parmi les actions à mettre en place en priorité, la formation des managers arrive en tête (pour 52% des interrogés), notamment en matière de ré-accueil après une longue maladie ou de reconnaissance au travail. 39% des répondants estiment aussi important de développer encore plus les actions de sensibilisation et de prévention aux risques psycho-sociaux, au même titre que l’accompagnement psychologique des salariés en situation difficile.

(1) Entreprises françaises, de toutes tailles : 116 répondants, dont 28% d’entreprises de plus de 1000 personnes.

Pour ne rater aucune actualité en matière de qualité de vie au travail, inscrivez-vous à la newsletter de My Happy Job, parcourez nos hors-séries thématiques  et découvrez notre annuaire du bien-être au travail.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici