
Courage, persévérance, résilience… Les Finlandais ont un mot qui rassemble ces traits de caractère en un seul : le Sisu. Comment adopter cet état d’esprit combatif au travail pour faire face aux périodes de stress ? Conseils d’expertes.
Au travail, on se retrouve parfois face à une montagne. Cette présentation que l’on doit tenir devant toute son équipe, ces objectifs de résultats qu’on croit ne jamais pouvoir atteindre… Pour ne pas rester paralysé par la peur ou le stress causés par de telles situations, il va falloir faire appel à une sorte de force intérieure. Les Finlandais, réputés pour être le peuple le plus heureux au monde (depuis 8 années consécutives selon le World Happiness Report), ont un mot bien singulier pour décrire cette mentalité : le « sisu ». Difficilement traduisible, le concept désigne à la fois le courage, la ténacité, la résilience et la persévérance. Cet état d’esprit peut être adopté par n’importe qui et il pourrait bien se montrer utile dans un contexte professionnel. Voici comment l’appliquer en quelques conseils.
Accepter l’inconfort
Cette force intérieure, les Finlandais la doivent en premier lieu à leur environnement naturel. Les 5,5 millions d’habitants du pays sont entourés de forêt et de lacs, supportent des températures glaciales et une longue période d’obscurité durant la saison hivernale. A titre d’exemple, les enfants jouent dehors quotidiennement, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente. Ils acquièrent ainsi dès le plus jeune âge la première clé du sisu : s’adapter à l’inconfort. Autrement dit, il ne faut pas toujours attendre que les conditions parfaites soient réunies pour agir.
Au travail, faire preuve de sisu peut vouloir dire candidater à son poste de rêve, travailler durement sur un projet, ou encore oser avoir des conversations difficiles. « Si quelque chose ne va pas, les Finlandais n’hésitent pas à en parler entre quatre yeux », résume Joanna Nylund, journaliste et autrice du livre Sisu, l’art finlandais du courage. « En finnois, il y a une expression qui dit : il faut mettre le chat sur la table (qui s’apparente à la version française « mettre les pieds dans le plat », NDLR), explique-t-elle. Les Finlandais ne sont pas du genre à faire du small talk, par contre ils sont très directs dans leur façon de communiquer, et cela demande du courage. » Résultat, il est – selon la spécialiste – plus facile de résoudre des conflits professionnels.
Faire un pas de plus sans paniquer
Autre composante du sisu : la capacité à retrouver son calme face à une situation stressante afin d’avancer. En témoigne la façon dont le pays se prépare à toute éventualité de la part de son voisin russe, sans céder à la panique. « Dans le contexte géopolitique actuel, notre président Alexander Stubb répète souvent cette phrase : let’s keep our head cool and carry on (gardons la tête froide et continuons, NDLR), indique la journaliste. Telle est la mentalité des Finlandais, ce qui nous rend très efficaces en situation de crise. »
D’après Joanna Nylund, cela s’applique aussi dans le milieu professionnel, où chacun tâche de ne pas rester bloqué dans ses ruminations mais plutôt de faire un pas de plus. « On essaie d’accueillir nos émotions, puis de les calmer afin de penser de façon plus claire et rationnelle. Cela évite de prendre des décisions impulsives », détaille-t-elle. Comment s’y entraîner ? En se baignant dans l’eau froide, comme le fait un Finlandais sur trois en hiver. Immerger son corps dans une baignoire ou sous une douche glaciale oblige à respirer profondément pour informer son cerveau qu’il n’est pas en danger. En le pratiquant régulièrement, on apprend peu à peu à s’apaiser.
Reconnaître ses limites et demander de l’aide
Le sisu peut toutefois devenir une obstination toxique. Pour l’éviter, il faut aussi savoir reconnaître que les efforts sont vains et oser demander de l’aide quand on en a besoin. Cela requiert parfois une encore plus grande dose de courage. C’est ce qu’on comprend dans le livre Gentle Power écrit par Emilia Elisabet Lahti, docteure en psychologie et conférencière spécialiste du Sisu.
Que l’on travaille en entreprise ou à son compte, quelques signes peuvent montrer qu’il vaut mieux laisser tomber une problématique. Parmi eux : l’épuisement, le stress chronique ou encore la forte baisse de motivation au sein de ses équipes. « Avoir un sisu équilibré, c’est savoir dire non à une tâche supplémentaire et communiquer sur son état de fatigue », complète Katja Pantzar, journaliste et autrice du livre Finding Sisu. Elle recommande alors de se poser cette question fatidique : « Dois-je continuer à me battre ou mettre mon énergie ailleurs ? » On vous laisse méditer.
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