Nos animaux de compagnie prennent une place grandissante dans nos vies… pourquoi pas dans nos entreprises ? La tendance du Pet at work (le fait d’amener son animal de compagnie au bureau) apparaît comme une réponse originale aux enjeux de bien-être et d’engagement.
55% des Français vivent avec un chat ou un chien. Plus de 80% d’entre eux les considèrent comme des membres de la famille. Les animaux occupent une place de choix dans nos vies. Et ce ne sont pas les cartons d’audience des émissions “Les Animaux de la 8” et “Animaux à adopter” sur feu C8, la chronique vétérinaire de “Télématin” sur France 2, l’une des émissions préférées des français ou la chronique de “Karim le véto” dans le “Journal de Mickey” qui vont nous dire le contraire.
N’y aurait-il pas là un fil à tirer jusqu’à nous, en entreprise, pour proposer à nos équipes une expérience collaborateur optimale ? C’est tout l’enjeu du concept de « Pet at Work ».
Un phénomène mondial qui s’installe en France
La place importante des animaux dans le foyer influence mécaniquement le rapport et la qualité de vie au travail. A tel point que l’on parle même de « pet parentalité ». Ce phénomène est de plus en plus répandu aux Etats-Unis, au Japon, en Allemagne et arrive tout doucettement en France. Amazon autorise plus de 8 000 chiens dans ses bureaux à Seattle, Google accueille chiens et chats en mettant à leur disposition leurs propres espaces de jeux et Purina (groupe Nestlé) a un programme « Pets at Work » international avec des guidelines pour toutes les filiales.
Une fois arrivées dans l’Hexagone, les entreprises semblent plutôt frileuses à l’idée de laisser entrer les chiens chez elles. C’est encore un sujet sur lequel il était aisé de penser que nous progresserions en entreprise après la période COVID. Pendant le confinement et juste après, il y a eu une forte augmentation des adoptions d’animaux en France. La SPA (Société Protectrice des Animaux) avait enregistré un taux d’adoption supérieur de 20% par rapport aux mêmes périodes les années précédentes.
Trois raisons expliquent cet élan :
1/ le besoin de compagnie accru pendant le confinement ;
2/ le télétravail a rendu plus facile l’accueil d’un animal ;
3/ l’envie de donner du sens et de faire un geste solidaire.
Or, seulement 9% des employeurs français acceptent les animaux sur le lieu de travail. Et pour cause, lorsque l’on pense chien, on pense assez vite « allergies », « aboiement », « morsure d’un mollet ou d’un pied de bureau » et « pipi sur la moquette ». Pourtant 61% des possesseurs de chiens aimeraient qu’ils soient acceptés sur leur lieu de travail et 70% considèrent que laisser leur chien seul à la maison est une charge mentale supplémentaire.
Lever les freins : mode d’emploi pour accueillir les animaux en entreprise
Alors comment faire pour lever les freins et rassurer aussi bien les entreprises que les collègues ?
Premièrement, définir des règles claires et un protocole sécurité et sanitaire. Par exemple, de la même façon qu’un candidat passe un entretien avant d’entrer dans l’entreprise, le chien rencontre un vétérinaire comportementaliste pour valider le fait qu’il saura se tenir dans les bureaux. Il peut également s’agir de prévoir après une période d’adaptation, comme en crèche, un renfort ménage ou encore d’exiger que le carnet de vaccination de l’animal soit à jour. Une charte du Pet at work, élaborée en amont, peut ainsi poser un cadre clair, précisant les obligations des propriétaires, les garanties sanitaires et les règles de vie partagées au sein des locaux.
Deuxièmement, définir des zones adaptées pour que chacun y trouve sa place. Par exemple, réserver un ascenseur aux chiens ou même pourquoi pas, créer une crèche canine dans les locaux ou simplement réserver un panier en crèche canine à l’extérieur comme il est possible de réserver un berceau en crèche. Adapter l’environnement de travail est essentiel : organiser des espaces identifiés comme dog-friendly, prévoir des points d’eau, des lieux de repos, et laisser à chacun la possibilité d’évoluer dans des zones sans présence animale si nécessaire. Il s’agit ici de concilier confort, liberté de choix et respect de tous.
Troisièmement, organiser des conférences et des ateliers pour expliquer la démarche, présenter les bienfaits des chiens sur le stress et la santé mentale, faire connaître les compétences de médiation des chiens en cas de conflits entre collègues et répondre aux questions. Cette phase de sensibilisation est capitale pour impliquer l’ensemble des collaborateurs et désamorcer les éventuelles inquiétudes liées aux allergies, aux phobies ou simplement aux habitudes de travail. Elle permet également d’ouvrir le dialogue autour d’un projet collectif, qui peut devenir un levier puissant de cohésion d’équipe.
Enfin, se faire accompagner par des spécialistes comme Poilu.s Paris, pionniers du sujet en France. Et surtout, ne pas chercher à généraliser trop vite : lancer un test à petite échelle avec un groupe de volontaires permet de prendre la mesure concrète de ce que cela implique au quotidien, de recueillir les retours et d’ajuster progressivement la démarche. C’est à cette condition que l’expérience peut s’inscrire dans la durée, avec des effets mesurables sur le bien-être des équipes.
Des bienfaits mesurables sur le bien-être et l’engagement
Car au-delà de l’enthousiasme, les bénéfices sont multiples : la présence d’animaux en entreprise contribue à réduire le stress, favorise la production d’ocytocine (l’hormone du lien et du bien-être), renforce les liens humains spontanés et remet de la vie dans des espaces de travail souvent aseptisés, notamment depuis le déploiement du flex office. Certaines entreprises y trouvent même un moyen de réguler des tensions entre collègues grâce aux vertus de médiation des animaux. Sans oublier l’impact sur l’attractivité : 19 % des actifs affirment qu’ils seraient prêts à revenir au bureau si leurs animaux y étaient les bienvenus.
La pratique du Pet at work ne se résume donc pas à une tendance sympathique : elle constitue un véritable levier d’engagement, de fidélisation et d’inclusivité. En reconnaissant la place qu’occupent les animaux dans nos vies, elle permet aussi de poser un regard nouveau sur la parentalité, la charge mentale, et la diversité des besoins dans l’entreprise.
Alors, êtes-vous prêts à réhumaniser vos environnements professionnels en faisant entrer dans vos bureaux les compagnons qui nous font tant de bien ?