Fatigués ! Voilà comment se sentent les Français après deux ans de crise sanitaire. Comment récupérer pour repartir du bon pied ? Adrien Chignard, psychologue du travail, fondateur de Sens & Cohérence, nous explique les quatre dimensions de la psychologie de la récupération pour gagner en sérénité, mais aussi en énergie physique et mentale.

1/ Le détachement psychologique

Le repos fait partie intégrante de l’entraînement des sportifs de haut niveau. Imitez-les ! Mettez votre travail en mode avion pendant les vacances, le soir et le week-end. Ces temps off sont indispensables pour bien récupérer. Sans cette véritable déconnexion, vos congés seront moins réparateurs. L’idée n’est pas de travailler moins – notre cerveau a en effet une aversion à la perte – mais de densifier davantage votre vie personnelle avec des activités de détente qui vous font du bien : du sport, du temps en famille, des sorties avec vos amis…

Ce détachement vous évitera les ruminations, ainsi que les anticipations anxieuses. Vous savez la petite voix anxiogène qui fait tourner en boucle votre to-do-list dans votre tête et qui vous rappelle sans cesse ô combien votre agenda est très rempli ! Ne la laissez pas vous pourrir vos vacances. Soyez au contraire pleinement présent avec les gens qui vous entourent. Cette considération va nourrir vos liens, mais vous sera aussi bénéfique. Rappelons que les autres sont notre premier rempart contre la détresse psychologique.

2/ La relaxation

On pense souvent, à tort, que seules les mauvaises nouvelles nous épuisent. Or, par exemple, quand on est dans une entreprise en pleine croissance, l’intensité émotionnelle est forte et cela fatigue également beaucoup. Après une période très dense, votre corps a besoin de retrouver du calme, vos muscles et votre cerveau ont besoin de faire des pauses. Ce que je vous recommande ? La marche à pied, idéalement en pleine nature. 45 minutes de marche par jour (environ 7000 pas) suffisent à réduire le stress et l’hypertension. Et bonne nouvelle, cela ne coûte rien !

La marche va aussi vous permettre une réévaluation cognitive : vous allez en effet remettre les choses en perspective et arrêter de vous focaliser sur ce qui ne va pas (et de surestimer le négatif). La marche permet de cheminer en cheminant. Et donc de prendre de la distance ce qui est salutaire. Et si vous vous intéressiez davantage à ce qui va bien dans votre vie ?

3/ L’expérience de maîtrise

Vos loisirs sont distrayants, mais ils vous permettent aussi, l’air de rien, d’élargir vos compétences et vos ressources en dehors de votre travail. En essayant de nouvelles choses, vous élargissez votre répertoire de réponses comportementales et favorisez votre flexibilité psychologique : ce sont des compétences que vous pourrez transférer dans votre activité professionnelle.

Qu’est-ce que votre “moi audacieux” n’a pas fait depuis longtemps ? Pourquoi ne pas démarrer (ou reprendre !) un carnet de rêves ? La vie est trop courte pour être petite ! Faites la liste de vos envies et de vos rêves les plus fous. En les réalisant, vous vous créerez des souvenirs forts. Le quotidien nous happe par des corvées répétitives et ennuyantes, mais n’arrêtez jamais de rêver et de mettre de la nouveauté dans vos journées.

4/ Le désir de loisirs

Vous avez le droit de dire non, même en dehors du travail ! Vous avez essayé le running ou le yoga et ce n’est pas pour vous ? Arrêtez ! Si vous avez persévéré une fois, puis deux, abandonnez pour autre chose. Le temps pour vous est bénéfique quand il est ressourçant : pour cela, il doit être en cohérence avec VOS besoins et vous faire kiffer. Prenez du plaisir dans vos loisirs : c’est vous qui décidez quand et comment vous les menez. Certains aiment aller à piscine tôt le matin, d’autres adorent bouquiner pendant des heures. Cela vous apportera un réel sentiment d’auto-efficacité, sentiment qui est corrélé avec l’estime de soi.

Pour ne rater aucune actualité en matière de qualité de vie au travail, inscrivez-vous à la newsletter de My Happy Job, parcourez nos hors-séries thématiques  et découvrez notre annuaire du bien-être au travail.

A lire aussi :
7 règles d’or pour bien dormir
5 choses à savoir sur le déni de burn-out

Article précédent“Il ne faut jamais cesser de rêver !”
Article suivant“Il est urgent de reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle !”
Diplômée de Sciences-Po Paris, Fabienne Broucaret a fondé My Happy Job en 2016. Elle en a été la rédactrice en chef jusque fin 2022. Conférencière et journaliste, elle a écrit "Mon Cahier Happy at Work" (Solar) et "Télétravail" (Vuibert). Elle a aussi co-écrit “2h chrono pour déconnecter (et se retrouver)” avec Virginie Boutin (Dunod). Passionnée par les questions de mixité, elle est enfin l’auteure des livres "Le sport, dernier bastion du sexisme ?" et "A vos baskets toutes ! Tour de France du sport au féminin" (Michalon).

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici