Avoir du temps, on en rêve tous ! D’autant plus qu’on a l’impression d’en manquer constamment. Voici 5 bonnes pratiques pour cesser de courir après et mieux équilibrer ses vies.
1 Faire des choix
Vous vous sentez souvent débordé, vous avez du mal à gérer votre temps et rêvez d’un meilleur équilibre de vie ? Vous n’êtes pas seul ! Nous sommes nombreux à avoir la sensation de courir constamment. Le paradoxe ? “Nous n’avons jamais eu autant de temps libre qu’aujourd’hui !, s’exclame Denis Monneuse, auteur du livre Apprenez à jongler entre vie pro et vie perso (De Boeck). On travaille moins, dort moins, cuisine moins, fait moins enfants qu’avant, mais on ne se rend pas compte de ce temps gagné, car nous voulons du temps pour nous, pour nos amis, pour notre famille, pour voyager… Nous voulons tout, tout de suite, ce qui est impossible.” Avec le Covid, le rapport au travail a changé et beaucoup, notamment les jeunes générations, refusent désormais que le travail vienne trop empiéter sur leurs vies.
“Les gens se sont mis à réfléchir sur le sens et beaucoup ont souhaité investir leur temps différemment en prenant davantage soin d’eux, décrypte Nina Bataille, coach, auteure et conférencière, spécialisée en neurosciences, auteure de J’arrête de courir après le temps (ESF). Aujourd’hui, l’injonction s’est inversée, elle est devenue : ‘Il faut que je sois équilibré’”. Oui, nous pouvons être épanouis sur tous les plans et réaliser nos rêves, mais pas forcément en même temps. “Parfois, on aura l’impression que les étoiles s’alignent, parfois, on avancera d’un côté ou de l’autre”, précise-t-elle.
La question à se poser : qu’est-ce qui est important pour moi ?
“Quelles sont mes aspirations personnelles et professionnelles ? Ce sont des choix à faire individuellement, en couple, avec son entourage”, souligne Denis Monneuse. Nina Bataille invite aussi à réfléchir aux conséquences :“Si notre cerveau voit celles à court terme, il a du mal à se projeter à 10, 20 ans. Quelles sont les conséquences à court et long terme de ce que vous faites dans votre vie personnelle et de votre investissement dans votre vie professionnelle ?”
2 Fixer ses limites
Si nous avons tendance à penser que nous pouvons tout faire, nos capacités d’attention et notre énergie sont pourtant limitées. Impossible d’être sur tous les fronts ! “Il faut prendre la responsabilité de son temps : c’est un choix à faire chaque jour, avance Nina Bataille. À quoi est-ce que je donne ma priorité ?” Force est de constater que malgré nos efforts, notre planning va parfois déborder. Selon la coach, “il s’agit d’être conscient de nos limites : qu’est-ce qui a dérapé ? Que dois-je faire différemment ?”
La question à se poser : quelle est ma limite ?
Difficile de poser des limites aux autres : à son entourage, à son patron et à soi-même pour commencer ! “On voudrait en poser des dizaines, alors qu’en déterminer une bonne, c’est déjà compliqué”, analyse Nina Bataille. La clé pour choisir la bonne limite pour soi ? “En poser une ou deux, pas plus, que l’on va pouvoir tenir à 70 % – 80 % du temps et ça sera alors gagné.”
3 Trouver son rythme
La cadence de travail, souvent effrénée, nie les rythmes humains, et surtout, le rythme qui est propre à chacun. Nous l’avons tous expérimenté : si nous sommes très productifs, créatifs à certains moments de la journée, à d’autres, il nous est difficile de nous concentrer. “Plutôt que de raisonner en termes de temps, il est important de raisonner en termes d’énergie et de faire les choses au bon moment pour être le plus efficace possible, assure Denis Monneuse. Souvent, on a une to-do-list avec 10 choses à faire dans la journée. Certaines tâches vont prendre 5 minutes et d’autres 3 heures, mais on les met sur le même plan. Ou on commence par les plus faciles, alors qu’il vaudrait mieux les faire quand on est plus fatigué en fin de journée.” Son conseil : avoir plusieurs to-do-lists. Une pour les tâches qui demandent de la réflexion et une autre pour celles qui n’exigent pas une grande concentration.
La question à se poser : comment je m’autorégule ?
Après l’heure, ce n’est plus l’heure ! Se donner un cadre est fondamental, qui plus est si on télétravaille, pour éviter de déborder. C’est prévoir à quelle heure on commence, on finit, prendre des pauses… “Et se demander ce qu’on fait de l’heure gagnée dans les transports : du sport, un repas pour sa famille ?, interroge Denis Monneuse. Comme il le rappelle, l’autorégulation est individuelle et collective à la fois : “En cas de garde alternée, par exemple, on peut réguler sa charge de travail avec son manager, ses collègues, selon les semaines où l’on a ses enfants.”
4 Trouver SON équilibre
Les études montrent qu’à partir d’un certain niveau de vie, le bonheur dépend avant tout du temps que l’on peut avoir. Travailler deux fois plus et gagner deux fois plus ne rend pas plus heureux. Pas davantage que de chercher à imiter l’organisation de son voisin. “Chacun a son propre équilibre de vie, rappelle Denis Monneuse. Parfois, on peut aussi le sacrifier sur le court terme.” Pour reprendre des études, préparer un projet, une reconversion… “Les gens les plus heureux sont aussi ceux qui achètent du temps, qui se font aider pour le ménage, la garde d’enfants”, ajoute Denis Monneuse.
La question à se poser : quel est mon rapport au temps ?
Pour Nina Bataille, “on est plus conscient de ses limites et de ses priorités, on savoure plus le temps qu’on a si on a fait un travail sur soi”. Selon elle, nos problèmes de temps sont généralement des syndromes : “La procrastination cache plus souvent un problème émotionnel – comme la peur de ne pas y arriver – qu’une mauvaise gestion du temps. Blinder son agenda peut relever de problèmes d’estime de soi : on va chercher à l’extérieur quelque chose qu’on ne trouve pas à l’intérieur. La charge mentale, elle peut exploser de façon temporaire. Mais si on est dans une boîte qui demande toujours plus, on a une coresponsabilité à poser des limites sans culpabiliser, ce qui implique de prendre du recul sur nos zones de vulnérabilité, par exemple, notre syndrome du (ou de la) bon(ne) élève… Quand est-ce qu’on veut trop faire plaisir, qu’on ne sait pas dire non et qu’on s’en rajoute ?”
5 Savoir vraiment se ressourcer
“Je vais travailler tard, je dormirai mieux et je ferai du sport la semaine prochaine”, “Mon conjoint comprendra si j’annule ce dîner”… L’écueil fréquent quand nous sommes pris par le temps ? Nous faisons passer à la trappe les temps pourtant les plus précieux pour nous. Pour souvent finir épuisés, effondrés dans le canapé, en train de scroller sur notre portable. “Les écrans nous donnent l’impression de déconnecter mais ce sont des loisirs passifs, pas des modes de ressourcement, prévient Denis Monneuse. Ils nous vident à moitié le cerveau et ne nous redonnent pas la forme. Surtout, on ne voit pas le temps que l’on passe dessus, c’est addictif. Pour sa santé mentale et se libérer de sa charge mentale, il est important de ne rien faire, de méditer, de rêvasser, de partager sa journée avec son entourage… On est plus efficace et productif lorsqu’on est reposé.”
La question à se poser : comment je souffle ?
Scène classique : problème au boulot, vous ruminez en boucle, rentrez chez vous, la tête toujours au bureau, à cran, tout vous énerve. “Les plongeurs ne remontent jamais d’un coup. C’est pareil quand on ressent trop de pression !, lance Nina Bataille. Quand le cerveau fonctionne trop, il faut se reconnecter au présent, à ses sens.” Les meilleurs alliés pour déconnecter ? La cohérence cardiaque, la respiration, la méditation… “On peut simplement chercher des objets d’une couleur autour de soi pour se reconnecter à sa vue ; décortiquer les sons qui nous entourent, détaille-t-elle. Le corps reprend sa place”. Et on peut alors décompresser en douceur.
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