
Vous venez d’être recruté ou promu, mais vous passez votre temps à douter de vous, en craignant que vos collègues ou votre chef ne se rendent compte que vous n’êtes pas à la hauteur ? Vous êtes manifestement en proie au syndrome de l’imposteur.
Qui n’a jamais connu ce sentiment paradoxal, fait de fierté d’avoir obtenu un poste que l’on convoitait, mais teinté de la crainte de ne pas le mériter ? Ce sentiment disparaît généralement au bout de quelques jours, à mesure que la confiance dans la nouvelle fonction s’installe. Mais ça n’est pas le cas pour tout le monde. Certains collaborateurs ou managers vont continuer à travailler en prenant sur eux, alors qu’ils sont en proie à une anxiété continue. Convaincus qu’ils n’ont pas la capacité pour le poste, et qu’ils ont été choisis « par erreur », ils luttent intérieurement pour dissimuler la supercherie qu’ils supposent.
Le syndrome de l’imposteur est particulièrement fréquent chez les personnes très compétentes, voire perfectionnistes, précisément parce qu’elles mesurent mieux l’étendue de ce qu’elles ne savent pas encore. Une situation aussi insoutenable dans le temps que contre-productive.
On repère pourtant assez rapidement un « imposteur » : il a beaucoup de difficultés à recevoir les compliments, qu’il minimise ; il a tendance à attribuer ses succès à la chance, au hasard ou aux autres, jamais à ses propres compétences ; il a du mal à doser son énergie, alternant surinvestissement et procrastination ; il évite les nouvelles responsabilités, de peur d’être démasqué ; et il est hypervigilant, ce qui le rend irritable et l’épuise, au point d’avoir du mal à dormir et à récupérer. Le syndrome de l’imposteur a des répercussions mentales (cogitation permanente) mais aussi physiques : nervosité ou apathie, maux de tête ou de ventre, troubles du sommeil…
La sophrologie, l’atout pratique
Face à ce sentiment d’illégitimité, la sophrologie présente de nombreux avantages. Convaincre intellectuellement le collaborateur ne suffit pourtant pas ; les doutes internes subsistent. C’est là où la sophrologie peut entrer en jeu, car elle permet de créer de nouveaux vécus intérieurs positifs. Cette approche psychocorporelle repose sur un principe fondamental : le cerveau ne fait pas toujours la différence entre ce qui est vécu et ce qu’il imagine. En entraînant l’esprit à revivre des expériences de réussite et à se projeter dans des situations maîtrisées, vous pouvez recalibrer progressivement votre perception de vous-même.
Trois exercices pour transformer les victimes du syndrome
— Déplacer le négatif. Si la respiration est la fonction ralentisseuse naturelle du corps, elle peut aussi potentialiser la diminution des pensées anxieuses. Inspirez pendant 5 à 6 secondes puis expirez sur 8 à 10, une dizaine de fois, pour activer le système nerveux parasympathique. Ajoutez ensuite une intention : à chaque expiration, évacuez les pensées critiques. Dès qu’une pensée apparaît, imaginez que vous la « poussez dehors ». Cet exercice est à refaire dès que les cogitations s’installent (surtout en fin de journée ou avant de vous endormir).
— Visualiser pour remobiliser vos ressources. Par le passé, vous avez sans doute vécu des expériences positives, des succès mérités, des victoires sincères. Prenez quelques instants seul avec vous-même, au calme, et revisitez certains de ces événements bien réels. Repassez-vous mentalement les images des moments de doutes mais aussi des dépassements, des efforts, des résultats récompensés. Mobilisez le plus de sensations possibles : physiques, psychologiques, émotionnelles. Fermez les yeux, revenez en détail sur ces moments. Laissez ces impressions revenir pleinement. Sentez vibrer en vous la satisfaction, la fierté, le sentiment de plénitude. Si vous avez réuni tout ce potentiel par le passé, vous pouvez encore le faire aujourd’hui.
— Se créer une phrase-antidote. Vous pouvez utiliser un mantra personnel. À l’antienne « Je ne suis pas à la hauteur », opposez une affirmation positive réaliste : Je progresse chaque jour / J’ai confiance dans mes capacités d’adaptation / Je m’appuie sur mon expérience / Je m’autorise à travailler avec assurance / J’ai en moi le potentiel pour le faire / J’avance, un pas après l’autre… Dès que la pensée critique pointe son nez, répétez-vous intérieurement le mantra antidote, en vous synchronisant sur la respiration : en inspirant, vous vous recentrez sur vous-même, en expirant, vous prononcez mentalement la phrase. Faites-le au moins une dizaine de fois.
Le doute peut être une attitude constructive. Il ne signifie pas que vous n’êtes pas à votre place. Au contraire, il est souvent le signe que vous prenez votre travail au sérieux. La sophrologie vous invite à considérer aussi, avec la même rigueur, tout ce que vous faites bien pour accompagner votre prise de poste.
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