
L’absentéisme en entreprise continue de progresser en France. Selon l’édition 2026 du Datascope d’AXA, qui analyse les données de plus de 3 millions de salariés du secteur privé, le phénomène atteint un niveau inédit et s’inscrit désormais dans la durée. Derrière cette hausse, plusieurs dynamiques lourdes se dessinent, notamment autour des arrêts longs et de la santé mentale.
1° Un niveau record, en hausse continue depuis 2019
Premier constat : l’absentéisme ne ralentit pas. En 2025, le taux atteint 4,8 %, contre 4,5 % en 2024 et 3,2 % en 2019, soit une progression de 50 % depuis la crise sanitaire. La tendance ne montre aucun signe de stabilisation. AXA souligne qu’« aucun signal ne laisse présager l’atteinte d’un palier », confirmant une dynamique durable plutôt qu’un simple effet post-Covid. Dans le même temps, la fréquence des arrêts continue d’augmenter, avec 69,7 arrêts pour 100 salariés en 2025, contre 55,7 en 2019.
2° Les arrêts longs prennent de l’ampleur
La progression de l’absentéisme s’explique en grande partie par l’augmentation des arrêts de longue durée. En 2025, les arrêts de plus de 6 mois représentent 2,1 points du taux global, contre 1,6 point en 2022. Plus largement, les arrêts longs, c’est-à-dire ceux de plus de deux mois, constituent désormais la part la plus structurante de l’absentéisme, représentant plus des deux tiers du taux total.
À l’inverse, les arrêts très courts (1 à 3 jours), bien qu’ils représentent 44 % des arrêts, ont un impact marginal sur le taux global (moins de 0,2 point). Ce basculement vers des absences plus longues traduit une transformation profonde du phénomène.
3° Les jeunes et les cadres désormais en première ligne
L’étude met en évidence un déplacement des populations les plus exposées. Les moins de 35 ans et les cadres apparaissent comme les groupes dont la situation se dégrade le plus rapidement :
- +10 % d’absentéisme chez les moins de 30 ans ;
- +11 % chez les 30-35 ans, soit la plus forte hausse ;
- +8 % chez les cadres, après déjà +9 % l’année précédente.
Chez les jeunes, le phénomène est particulièrement marqué : ils cumulent une fréquence élevée d’arrêts et une forte progression des absences longues. AXA relève également une singularité : les moins de 30 ans enregistrent 105 arrêts pour 100 salariés en moyenne sur l’année. Autre signal d’alerte, les hommes cadres de 30 à 45 ans voient leur absentéisme bondir de 16 % en un an, porté notamment par l’explosion des arrêts très longs.
4° Les femmes restent les plus touchées
Malgré l’évolution des profils, les inégalités persistent. Le taux d’absentéisme des femmes atteint 5,8 % en 2025, contre 3,9 % pour les hommes. L’écart continue ainsi de se creuser.
Plus largement, les femmes concentrent une part importante des arrêts longs liés aux troubles psychologiques : elles représentent deux tiers de ces arrêts, avec une forte concentration chez les moins de 45 ans.
5° La santé mentale, cause principale des arrêts longs
C’est la tendance la plus structurante de l’étude. Les troubles psychologiques représentent 38 % des arrêts de longue durée en 2025, en progression continue ces dernières années. Chez les jeunes, la situation est encore plus marquée : les moins de 30 ans dépassent pour la première fois les 50 %, avec 51 % des arrêts longs liés à des troubles psychologiques.
Chez les 30-35 ans, cette proportion atteint même 54 %, ce qui en fait la catégorie la plus touchée en valeur absolue. Conséquence directe : l’âge moyen de survenue de ces troubles diminue, passant à 40 ans en 2025, contre 43,3 ans en 2019.
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