« Je veux un travail qui a du sens. » Cette aspiration traverse aujourd’hui tous les secteurs. Pourtant, malgré les reconversions, les formations et les bilans, beaucoup restent insatisfaits. Et si le problème n’était pas seulement le travail… mais notre manière de penser le sens ?

Une quête de sens… parfois contre-productive

Chercher du sens est devenu une évidence. Mais cette quête peut aussi générer une forme de pression silencieuse. Beaucoup de salariés imaginent qu’il existe un métier idéal, capable de réunir passion, utilité, reconnaissance et équilibre. Cette représentation, largement diffusée, installe une attente élevée… et souvent déçue.

Or, les recherches en psychologie du travail, notamment celles d’Yves Clot ou Christophe Dejours, montrent une réalité différente : Le sens ne se trouve pas “tout fait tout cuit ”, il se construit dans l’activité, au contact du réel, à travers le pouvoir d’agir et les marges de manœuvre du salarié — et non uniquement dans le contenu prescrit du poste. Autrement dit, changer de poste ne suffit pas toujours à retrouver du sens.

L’Ikigai: un modèle inspirant… mais souvent simplifié

L’ikigai est aujourd’hui très populaire. On le résume souvent à un point d’équilibre parfait entre ce que l’on aime, ce en quoi l’on est compétent, ce dont le monde a besoin et ce pour quoi l’on peut être payé. Mais cette lecture peut être trompeuse.

Elle laisse penser qu’il existerait une réponse unique, stable, presque évidente. Menant vers un job idéal. Dans la réalité, l’Ikigai est un processus évolutif. Il ne s’agit pas de trouver “le bon métier”, mais d’ajuster progressivement plusieurs dimensions de sa vie professionnelle.

Ce modèle invite moins à décider qu’à expérimenter et à revenir à une approche plus réaliste et pragmatique du sens.

Plutôt que de chercher une solution radicale, une autre voie consiste à observer ce qui, dans votre quotidien professionnel, fait déjà sens — même partiellement.

Les travaux de Deci et Ryan sur la motivation montrent que trois besoins jouent un rôle central :

  • se sentir autonome
  • se sentir compétent
  • se sentir relié aux autres

Lorsque ces besoins sont nourris, le sentiment de sens peut émerger, même dans un environnement imparfait. Cela ouvre une perspective plus accessible : le sens ne dépend pas uniquement du poste occupé, mais aussi de la manière dont vous y prenez place. Ce que vous pouvez transformer sans changer de métier

Et si vous rééquilibriez votre Ikigai… sans changer de métier ?

Avant d’envisager une reconversion, il est souvent utile d’explorer autrement votre situation actuelle. Non pas uniquement en termes de tâches ou de poste, mais à travers les quatre dimensions de l’Ikigai .

Car ce que ce modèle change profondément, ce n’est pas seulement la question “quel métier choisir ?”, mais plutôt « comment observer votre réalité professionnelle ».

Concrètement, cela consiste à se demander :

  • Ce que vous aimez déjà faire, même de façon ponctuelle dans votre travail
  • Là où vous êtes réellement compétent, parfois sans en avoir pleinement conscience
  • En quoi votre travail est utile, pour vos collègues, vos clients ou votre organisation
  • Ce qui est reconnu ou valorisé, financièrement ou symboliquement

Dans la plupart des situations professionnelles, ces dimensions sont déjà présentes… mais rarement alignées.

L’enjeu n’est donc pas forcément de tout changer, mais de rééquilibrer progressivement ces différentes sphères.

Cela peut passer par des ajustements concrets :

  • donner plus de place à certaines missions qui vous stimulent
  • développer une compétence qui renforce votre sentiment de légitimité
  • chercher davantage de feedback pour nourrir la reconnaissance
  • ou encore redonner du sens à certaines tâches en clarifiant leur utilité

Ce travail d’ajustement a un effet souvent sous-estimé : il transforme votre perception du travail. Vous ne subissez plus votre travail, mais vous commencez à interagir avec lui de manière plus consciente.

Et c’est souvent à cet endroit précis que le sens réapparaît : non pas comme une révélation soudaine, mais comme une construction progressive de ce qui fait votre équilibre, plus ancrée dans le réel.

Sortir du mythe du “travail parfait”

Le sens au travail n’est ni immédiat ni définitif. Il se construit, se transforme, parfois se fragilise.

L’Ikigai, dans sa version la plus fidèle, n’est pas une réponse toute faite. C’est une grille de lecture pour mieux comprendre ce qui vous met en mouvement — et ce que vous pouvez ajuster.

Et si, plutôt que de chercher le travail idéal, vous commenciez par explorer les marges de manœuvre déjà présentes dans votre réalité ?

 

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Spécialiste de l'IKIGAI et de l'accompagnement en évolution professionnelle Le cabinet Coach&volution permet de développer l'Ikigaï au service du bien-être au travail. Fondé en 2018 par Axelle Martinelli, il aide ainsi les personnes en reconversion, entrepreneurs et équipes à mieux se connaître pour stimuler leur équilibre de vie.

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