Entre “ASAP”, “prendre le lead” et “on revient vers toi”, certaines expressions utilisées au bureau agacent de plus en plus les salariés. Selon une enquête menée par Preply, ces formules sont tellement devenues omniprésentes dans le monde du travail qu’elles sont parfois devenues difficiles à supporter.

“On se fait un call ?”, “Je te mets dans la boucle”, “C’est dans le pipe”… Dans les open spaces comme en visioconférence, ces expressions se multiplient. Anglicismes, vocabulaire corporate et tournures passives-agressives se sont progressivement imposés dans les échanges quotidiens. Mais, à force d’être répétées, certaines finissent par crisper les salariés.

Selon une enquête réalisée par Preply avec l’institut Censuswide en avril 2026 auprès de 1 501 Français, plusieurs de ces expressions sont désormais perçues comme particulièrement agaçantes.

“On revient vers toi”, l’expression qui irrite le plus

En tête du classement figure la phrase “On revient vers toi”, citée par 15,59 % des répondants. Elle devance “C’est OK” (15,26 %) et “C’est dans le pipe” (14,26 %).

Derrière elles, d’autres formulations bien connues du monde de l’entreprise apparaissent également dans le top des expressions les plus irritantes : “sortir de sa zone de confort”, “brainstormer”, “prendre le lead” ou encore “ASAP”. L’enquête révèle aussi que 16 % des Français considèrent les anglicismes au bureau comme “souvent agaçants”.

Un langage perçu comme flou ou passif-agressif

Ces expressions sont régulièrement associées à des formulations jugées passives-agressives, floues ou encore à une forme de “bienveillance forcée”. Certaines tournures, pensées pour motiver les équipes, peuvent aussi être vécues comme des injonctions déguisées. C’est le cas de phrases comme “sortir de sa zone de confort” ou “être force de proposition”. Dans certains cas, le vocabulaire sert également à adoucir les rapports hiérarchiques ou les demandes directes. “Prendre le lead”, par exemple, remplace parfois des consignes formulées plus frontalement.

Des anglicismes omniprésents

Le développement de ce vocabulaire est largement lié aux grandes entreprises internationales, aux cabinets de conseil et aux start-up. Dans ces environnements, l’anglais est devenu bien plus qu’une langue de travail : un marqueur culturel. Employer des termes comme “deadline”, “roadmap” ou “feedback” permet de renvoyer une image d’efficacité, d’agilité et d’innovation.

Plusieurs facteurs expliquent leur diffusion : le mimétisme avec les modèles professionnels dominants, la recherche d’une communication perçue comme plus rapide, mais aussi une dimension sociale. Maîtriser ce langage devient une manière de montrer que l’on connaît les codes contemporains du travail.

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Diplômée de Sciences-Po Paris, Fabienne Broucaret a fondé My Happy Job en 2016. Elle est aussi la rédactrice en chef de Courrier Cadres, Rebondir et L'Officiel de la franchise. Elle anime le podcast "Good Job" et co-anime le podcast "Les petits cailloux" avec Aurélie Durand. Elle a écrit "Mon Cahier Happy at Work" (Solar) et "Télétravail" (Vuibert). Elle a aussi co-écrit “2h chrono pour déconnecter (et se retrouver)” avec Virginie Boutin (Dunod) et "Le SAV des managers" (Vuibert) avec Aurélie Durand.

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