
Si le mois de mai est souvent synonyme de repos, sa succession de jours fériés peut paradoxalement générer un surplus de pression pour les salariés. Entre gestion des binômes, anticipation des dossiers clients et délégation, il est pourtant possible de sécuriser la charge de travail. Deux experts donnent leurs conseils pour préparer ses absences, lisser l’activité et apprendre à véritablement décrocher.
Le mois de mai, et notamment ses ponts, créé une dynamique particulière avec sa succession de coupures, qui peut fragiliser la concentration et la continuité du travail. Cette spécificité française pèse aussi sur l’activité des entreprises. L’Insee estime que le frein à l’activité en mai coûterait environ 1,5 milliard d’euros. Pour les équipes et les collaborateurs, c’est un mois à anticiper.
« Le mois de mai n’est pas une surprise en France. Tout le monde a bien conscience que l’on travaille moins avec les ponts et qu’il va falloir répartir différemment la charge de travail. La question est de savoir comment anticiper cette période collectivement », indique Emilie Narcy, DRH au sein du cabinet de recrutement international Approach People.
Gérer collectivement les ponts
Selon les dates des jours fériés, il est possible d’optimiser ses congés du mois de mai pour avoir de plus longues vacances en ne posant que quelques jours. Or, si tous les collaborateurs d’une même équipe souhaitent poser les mêmes jours, il devient difficile de gérer.
Pour Jean-Jacques Clavier, coach certifié ICF, c’est au manager de gérer collectivement cette période : « Dans l’année, il y a plusieurs périodes charnières pour les équipes, que ce soit pour gérer les absences pendant les ponts de mai ou les congés en juillet et août pour maintenir l’activité. C’est au manager que revient la charge d’organiser et de sécuriser le fonctionnement de son équipe. »
Il est alors essentiel de poser des règles communes : permettre à chacun de poser une semaine à cette période, prévoir un planning partagé pour que chacun se repère. « Je demande à mes équipes, dès le mois de janvier, si certains ont des projets prévus pour la période de mai. On ne donne pas de priorité aux plus anciens, mais c’est plutôt la prime aux premiers. Ceux qui prévoient leurs congés en amont les posent en amont », précise la DRH.
Avoir une vision globale de sa charge
Au-delà de l’aspect planification interne, Emilie Narcy, anticipe dès le mois de mars l’organisation de l’activité pendant ces périodes de ponts. « Chaque collaborateur contacte ses clients pour savoir comment ils s’organisent de leur côté. Si les clients sont français, l’activité risque d’être ralentie des deux côtés, mais s’il s’agit de clients internationaux qui n’ont pas les mêmes jours fériés qu’en France, il est essentiel de les prévenir et de s’organiser. »
Pour faciliter cette organisation, elle recommande de travailler en binôme pour qu’une personne soit toujours sur place. « Tous les salariés n’ont pas les mêmes attentes concernant les ponts. Certains vont souhaiter prendre plusieurs jours, d’autres non. Lorsqu’on travaille en binôme, on peut mettre en place une organisation intelligente dans laquelle l’un peut prendre la place de l’autre. Il est plus facile de se concerter pour répartir les jours de manière équilibrée », estime Emilie Narcy.
En termes d’organisation personnelle, les collaborateurs doivent aussi réfléchir à la meilleure manière d’appréhender cette période pour profiter des moments de déconnexion. « Je conseille de regarder le mois de mai dans une logique glissante sur deux à trois semaines. Cela permet de lisser le travail sur une plus longue durée. Les résultats sont rarement attendus sur une semaine, mais sur du long terme. Avoir une vision globale de ce mois permet de ne pas subir la charge. »
Pour Jean-Jacques Clavier, chaque salarié peut aussi regarder les dépendances des uns et des autres. « Pour organiser son absence, un collaborateur peut s’interroger sur les décisions qui repose sur lui et comment il peut gérer sa délégation. Cela permet de relâcher la pression et d’accepter que les activités avancent même quand il n’est pas là ».
Apprendre à décrocher
Il estime aussi essentiel de s’interroger sur la manière de travailler autrement pour que décrocher véritablement soit possible. « On évoque souvent l’anticipation et l’injonction au décrochage pendant les congés, mais parfois le système collectif de l’entreprise empêche d’y parvenir. »
Et si vraiment le collaborateur ne parvient pas, le coach invite à poser des règles pendant ses congés. « Un manager peut décider de se rendre disponible une heure par jour pendant ses congés ou de n’être joignable que par SMS. Même si cela maintient le lien avec l’entreprise, ce cadre permet de créer la soupape nécessaire pour poser des jours. »
Car ces temps de pause permettent à chacun de prendre du recul, de se ressourcer et de revenir avec une énergie nouvelle. Bien préparés, ils favorisent un meilleur équilibre personnel et une plus grande efficacité.
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