Avoir confiance, c’est notamment apprendre à accepter les pensées négatives comme les émotions, pour pouvoir mieux les gérer. Il s’agit ainsi de prendre conscience de son fonctionnement. Détails avec Annie Leibovitz, auteure de La Boite à outils de la confiance en soi (éditions Dunod).

Comment être acteur de sa confiance ?

On peut être acteur dans le sens où on a un pouvoir sur ses pensées. On peut en changer le processus de fonctionnement. Lorsqu’on se dit ‘je ne suis pas à la hauteur’, on se projette dans des scenarios catastrophes, on imagine le pire d’une situation. Même si cela prend du temps, il faut inverser son processus de pensée. Le cerveau croit à ces schémas mentaux qu’on a construits, il s’en fait une représentation. A l’inverse, on peut projeter une image mentale positive, en visualisant de la réussite : ça aussi, le cerveau va le croire.

Mais a-t-on conscience de ses pensées négatives ?

Pas toujours. En revanche, les personnes peuvent ressentir qu’elles sont stressées, par exemple. Ce stress, que l’on se construit soi-même avec ses croyances, se manifestera sur le corps, il aura un impact sur la santé (on a du mal à s’endormir, on a des ruminations, des angoisses, etc.). Le corps donne le signal d’alerte, comme le font également les émotions !

Les pensées négatives génèreront des émotions inconfortables, qui peuvent déborder, notamment dans la relation aux autres en se mettant dans une colère disproportionnée par rapport à son interlocuteur ou à l’événement, par exemple. Mais cela peut aussi être des émotions de tristesse, de peur ou d’inhibition (on se met en retrait). Il y a plusieurs manifestations possibles. Dépasser tout cela demande du travail !

S’agit-il alors d’accepter ses émotions ?

C’est en effet une phase qui est essentielle. Parfois, une personne ne veut pas entendre ses émotions, elle fait comme si elles n’existent pas. Or, il faut les apprivoiser. Ce sont des émotions parfois désagréables mais il faut les accueillir : on vit avec et on l’accepte. Car une fois que c’est accepté, on peut commencer à comprendre ce qu’il se passe. Si on est dans le déni, on ne peut pas aller plus loin et c’est le corps qui, à nouveau, tire le signal d’alarme.

La confiance passe aussi par la connaissance de soi, en acceptant notamment ses points faibles…

Il faut en effet connaitre ses mécanismes : les pensées, le corps, les émotions. Les points d’entrée sont différents, mais tout est lié.  Cela nécessite un travail de conscience de soi : rien n’est jamais acquis définitivement. A partir du moment où on a conscience de son fonctionnement, on peut devenir acteur si la « souffrance » liée au manque de confiance devient trop importante. On sait ce qu’il faut mettre en place, en étant accompagné ou en le décidant soi-même à l’aide d’exercices dédiés. S’il n’y a pas conscience, on ne peut pas aller plus loin : c’est la première étape de l’apprentissage. Et, en changeant un mécanisme, il faut réapprendre à communiquer avec soi-même.

Comment recréer de la confiance avec les autres ?

En premier lieu, il faut comprendre que la confiance est liée à l’estime de soi. L’estime de soi revient à dire : ‘quelle est la valeur que je me donne ?’ La confiance, elle, correspond aux compétences : ‘de quoi suis-je capable ?’ Je peux être dans une période difficile, manquer d’estime, mais garder confiance dans mes capacités car j’ai de l’expérience. Ca, c’est le socle, la partie invisible de l’iceberg. La partie visible, c’est l’affirmation de soi : comment est-ce que je compose avec les autres ? S’affirmer, cela signifie tenir compte de ses besoins, de ses limites, de ses envies, tout en respectant ceux des autres. C’est dire ce sur quoi on est d’accord, pas d’accord, mais tout en tenant compte aussi de ce qui l’est pour les autres : on entre dans une forme de communication constructive et transparente. Cela permettra de construire une relation équilibrée.

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Diplômée en lettres modernes, Céline Tridon a suivi une formation en journalisme à l’IPJ. Elle y a confirmé son envie de travailler pour la presse écrite et web, souhait exaucé à travers la collaboration avec différents supports sur les thématiques « entreprise », « monde du travail », « management » et « RSE ». En 2023, elle reprend la rédaction en chef de My Happy Job.

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