
Vous vous sentez en baisse de vitalité psychique et physique ? Vous en avez assez d’être constamment fatigué ou de multiplier les coups de pompe ? Voici les conseils de nos experts pour soigner votre sommeil, votre alimentation et vos habitudes afin de retrouver votre forme.
Les expressions ne manquent pas pour qualifier ces coups de pompe plus ou moins intenses, plus ou moins chroniques, que nous connaissons tous : être sur les rotules, lessivé, vidé, HS… “Nous nous fatiguons physiquement et mentalement bien plus qu’il ne faudrait, car nous vivons à des rythmes supérieurs à nos rythmes biologiques et naturels. Nous vivons dans une société qui valorise le fait d’être en constant mouvement, de faire 50 000 choses à la fois. Cela demande une vraie prise de conscience pour pouvoir faire autrement”, avance Florence Parot, coach et sophrologue, auteure de 9 clés pour surmonter la fatigue : épuisement, tensions, surmenage… Un programme simple pour réveiller votre vitalité ! (Eyrolles).
Même son de cloche chez Philippe Zawieja, psychosociologue, chercheur en santé au travail et auteur de La Fatigue (Que sais-je ?) : “Avec la modernité, la culture de la performance s’est accélérée sur tous les aspects, pas seulement au travail. Nous cherchons à atteindre l’idéal dans tous les rôles sociaux que nous sommes amenés à endosser : être un mari, un sportif, un fils, un ami, un travailleur, un papa idéal, tout en trouvant notre épanouissement personnel et en gardant un équilibre entre nos temps de vie. Tout cela, ça fatigue !” Sans oublier notre connexion constante : aux news, aux écrans, aux réseaux sociaux, qui sollicitent en permanence notre cerveau et l’épuisent.
Prenez votre fatigue à bras-le-corps
Cette fatigue, nous sommes pourtant nombreux à la minimiser, à la banaliser. “Je suis crevé, mais ce projet est tellement excitant !”, “Un dernier coup de collier et c’est bon…” ou encore “Je suis en vacances bientôt, je soufflerai à ce moment-là”, ajoute Florence Parot : “Mais on ne peut pas récupérer toute une année sur cinq semaines, surtout que celles-ci sont souvent disséminées. L’idéal serait d’avoir au moins une fois dans l’année trois semaines d’affilée de congés. Mais ce n’est même pas suffisant si on a un rythme de folie toute l’année.”
Autre ennemi de la récupération de notre énergie : plutôt que de nous reposer, nous nous lançons souvent dans une autre activité ou dans un scroll infini sur notre smartphone. “On ajoute alors une dose de stress qui défatigue et donne un coup de fouet à court terme, explique Philippe Zawieja. Cela donne l’impression d’un repos, car on a changé d’objet d’attention, mais rapidement, cela engendre encore plus de fatigue. Il faut, à un moment, arrêter la machine. Déconnecter, et pas seulement des appareils électroniques.”
Pour lutter contre notre fatigue, une seule solution : (ré)apprendre à ne rien faire. “C’est se ménager des temps sans activité, des espaces d’oisiveté, d’improductivité, qui ne servent à rien”, continue Philippe Zawieja. Micro-sieste, sas dans les transports pour laisser son esprit vagabonder, moment en forêt… “L’improvisation, la rêverie et l’ennui sont régénérateurs pour l’esprit humain”, poursuit le psychosociologue.
Réapprenez à dormir
Bien dormir est évidemment le nerf de la guerre pour lutter contre la fatigue. “Même les personnes qui ont l’impression de dormir correctement ne dorment souvent pas assez pour leur chronotype, indique Florence Parot, soit en nombre d’heures, soit parce que leur rythme de sommeil est décalé par rapport à leurs besoins naturels.” Ainsi, en matière de sommeil, nous sommes tous différents. “Il est important de se connaître, de savoir de combien d’heures on a réellement besoin et si on est plutôt du soir ou du matin.” Si se lever tôt est difficile, l’idéal est de trouver le moyen de travailler différemment, en ayant par exemple des horaires flexibles.
Pour Philippe Zawieja, le sommeil est une discipline : “Pour favoriser son endormissement, on arrête les sollicitations cognitives trente minutes avant de dormir, on déconnecte des appareils électroniques dont les ondes lumineuses stimulent le cerveau — pas de smartphone ni d’ordinateur au lit ! —, on réintroduit la lecture, le tricot, pour organiser un sas entre sa période d’activité et de sommeil.” Du bon sens ? “Oui, mais on en manque ! s’exclame-t-il. C’est comme l’activité physique. Si on court tard le soir, cela va retarder notre endormissement, car on déclenche une réaction biologique similaire à celle du stress.” Oui au sport, bien sûr, mais pas à n’importe quelle heure !
Écoutez vos besoins naturels
Le danger, à trop tirer sur la corde et à ne pas s’écouter ? Que cette fatigue s’accumule, se transforme en fatigue chronique, en burn-out, ou engendre des maladies. “Notre corps et notre cerveau ont besoin de récupérer régulièrement, assène Florence Parot. C’est comme si on voulait utiliser notre portable sans jamais le recharger : cela ne marcherait pas !” Des pauses régulières dans nos journées sont fondamentales pour reprendre des forces. Et pas uniquement pour se jeter sur une énième tasse de café. “Attention aux mauvais carburants”, prévient Florence Parot. L’adage dit que nous sommes ce que nous mangeons : manger sainement et de façon équilibrée, éviter les aliments trop sucrés, salés, gras ou raffinés qui favorisent la fatigue, permet de retrouver de l’énergie. Même chose pour l’alimentation que pour le sommeil : nous n’avons pas tous les mêmes besoins. Alors, et vous, quels sont les vôtres ?
Les 7 bonnes habitudes anti-fatigue de Philippe Zawieja
– Différenciez la bonne de la mauvaise fatigue. La première a une cause identifiable — par exemple, un effort physique inhabituel — et disparaît avec du repos, contrairement à la fatigue psychique.
– Identifiez les activités qui vous fatiguent le plus pour reprendre le contrôle.
– Adoptez les méthodes d’optimisation du temps normalement utilisées pour accroître la performance, afin de vous dégager du temps — sans chercher à le remplir.
– Sanctuarisez des zones de répit, de paresse. Consentez-vous le droit à ne rien faire, à vous ennuyer, plutôt que de vouloir transformer chaque instant en moment productif, y compris pendant les vacances.
– Évitez le multitasking, qui fatigue et n’est pas productif.
– Nos phases d’activité frénétique ne servent qu’à occuper notre temps et notre esprit, parfois sur des choses sans intérêt qui nous évitent d’être seuls face à nous-mêmes. Réapprenez à être seul.
– Ressourcez-vous dans la nature : on y est hors du temps, dans une activité dont la seule finalité est le plaisir ressourçant tout en étant fatigant — ce qui favorise l’endormissement plus tard.
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