Vous venez d’être recruté ou promu, mais vous passez votre temps à douter de vous, en craignant que vos collègues ou votre chef ne se rendent compte que vous n’êtes pas à la hauteur ? Vous êtes manifestement en proie au syndrome de l’imposteur.

Qui n’a jamais connu ce sentiment paradoxal, fait de fierté d’avoir obtenu un poste que l’on convoitait, mais teinté de la crainte de ne pas le mériter ? Ce sentiment disparaît généralement au bout de quelques jours, à mesure que la confiance dans la nouvelle fonction s’installe. Mais ça n’est pas le cas pour tout le monde. Certains collaborateurs ou managers vont continuer à travailler en prenant sur eux, alors qu’ils sont en proie à une anxiété continue. Convaincus qu’ils n’ont pas la capacité pour le poste, et qu’ils ont été choisis « par erreur », ils luttent intérieurement pour dissimuler la supercherie qu’ils supposent. Le syndrome de l’imposteur est même particulièrement fréquent chez les personnes très compétentes, voire perfectionnistes, précisément parce qu’elles mesurent mieux l’étendue de ce qu’elles ne savent pas encore. Une situation aussi insoutenable dans le temps, que contre-productive.

On repère pourtant assez rapidement un « imposteur » :

  • il a beaucoup de difficultés à recevoir les compliments, qu’il minimise ;
  • il a tendance à attribuer ses succès à la chance, au hasard ou aux autres – jamais à ses propres compétences ;
  • il a du mal à doser son énergie : soit il se lance à corps perdu dans le travail, pour mériter sa place, soit il procrastine, se sentant à l’avance dépassé par les enjeux qu’il s’impose ;
  • il évite les nouvelles responsabilités, de peur d’être démasqué ;
  • il est hypervigilant, ce qui le rend irritable dans la journée et l’épuise, au point d’avoir beaucoup de mal à dormir et à récupérer.

Le syndrome de l’imposteur a des répercussions mentales, avec une cogitation permanente, mais aussi des conséquences physiques : nervosité ou apathie, maux de tête ou de ventre, troubles du sommeil…

La sophrologie, l’atout pratique

Face à ce sentiment d’illégitimité, la sophrologie présente de nombreux avantages. On pourrait penser qu’il suffit de rassurer le prétendu imposteur pour que son inquiétude disparaisse. En effet, qui est recruté aujourd’hui sans avoir passé une batterie d’entretiens ou de tests pour valider ses compétences ? Convaincre intellectuellement le collaborateur – ou son collègue – ne suffit pourtant pas ; les doutes internes subsistent.

C’est là où la sophrologie peut entrer en jeu, car elle permet de créer de nouveaux vécus intérieurs positifs. Cette approche psychocorporelle repose sur un principe fondamental : le cerveau ne fait pas toujours la différence entre ce qui est vécu et ce qu’il imagine. Aussi, en entraînant l’esprit à revivre des expériences de réussite et à se projeter dans des situations maîtrisées, on recalibre progressivement la perception de soi.

Trois exercices peuvent soutenir et transformer les victimes du symptôme de l’imposteur

Déplacer le négatif

Si la respiration est la fonction ralentisseuse naturelle du corps, elle peut aussi potentialiser la diminution des pensées anxieuses, en y ajoutant une intention.

On commence donc par inspirer pendant 5 à 6 secondes puis on expire sur 8 à 10. On le fait déjà une dizaine de fois, pour activer le système nerveux parasympathique, puis on y ajoute une intention : à chaque expiration, on évacue les pensées critiques. Dès qu’une pensée apparaît, on imagine qu’on la « pousse dehors ». Cet exercice est à refaire dès que ces cogitations s’installent (surtout en fin de journée ou avant de s’endormir).

Visualiser pour remobiliser ses ressources

Par le passé, nous avons tous vécus des expériences positives, des succès mérités, des victoires sincères… Ce sont d’ailleurs les raisons objectives pour lesquelles on évolue dans sa carrière.

Je vous invite donc à prendre quelques instants seul avec vous-même, au calme, et à revisiter certains de ces événements bien réels. Repassez-vous mentalement les images des moments de doutes mais aussi des dépassements, des efforts, des résultats récompensés… Mobilisez le plus de sensations possibles : physiques, psychologiques, émotionnelles… Fermez les yeux, revenez en détail sur ces moments. Quelle était votre posture ? Vos sensations ? Votre état d’esprit ? Laissez ces impressions revenir pleinement. Sentez vibrer en vous la satisfaction, la fierté, le sentiment de plénitude. Oui, vous êtes capable ! Si vous avez réuni tout ce potentiel par le passé, vous pouvez encore le faire aujourd’hui.

Se créer une phrase-antidote

Enfin, on peut utiliser un mantra personnel. A l’antienne « Je ne suis pas à la hauteur », vous allez opposer une affirmation positive réaliste, comme par exemple :

  • Je progresse chaque jour
  • J’ai confiance dans mes capacités d’adaptation
  • Je m’appuie sur mon expérience
  • Je m’autorise à travailler avec assurance
  • J’ai en moi le potentiel pour le faire
  • J’avance, un pas après l’autre…

Dès que la pensée critique pointe son nez, on se répète intérieurement le mantra antidote. Si possible en se synchronisant sur la respiration : en inspirant on se recentre sur soi, en expirant on prononce mentalement la phrase. Il faut le faire au moins une dizaine de fois.

Le doute peut être une attitude constructive. Il ne signifie pas que vous n’êtes pas à votre place. Au contraire, il est souvent le signe que vous prenez votre travail au sérieux. La sophrologie vous invite à considérer aussi, avec la même rigueur, tout ce que vous faites bien pour accompagner votre prise de poste.

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Sophrologue du travail Auteure de 14 ouvrages sur la sophrologie au quotidien. Conférencière et formatrice en entreprise. www.espaceducalme.com

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