Face à l’essor du télétravail et du flex office, les entreprises doivent repenser leurs espaces pour améliorer l’expérience collaborateur. Aménagement, ergonomie et lieux de vie deviennent ainsi des leviers clés pour attirer, engager et fidéliser les salariés, tout en soutenant leur performance.

Au-delà du simple confort, l’ergonomie s’impose aujourd’hui comme un sujet central de qualité de vie au travail. « 26% des salariés jugent la transformation des espaces de travail comme prioritaire, note Great place to work et Up&Desk dans l’enquête Great insights 2026. Et dans un contexte où un tiers des collaborateurs estime que leur entreprise ne peut pas augmenter les salaires, les attentes se tournent vers des améliorations concrètes de leur environnement ».

D’autant qu’avec la généralisation du télétravail et le développement du flex office, les salariés passent moins de temps en entreprise. Or, pour Pierre-Alexandre Pillet, fondateur de Sowen, « face à cette situation, de nombreux dirigeants ont pris conscience que pour faire revenir les collaborateurs au bureau, il fallait qu’ils se sentent bien ».

Un constat partagé par Karine Coulet, experte en environnement de travail au sein de Lyreco France : « Les salariés viennent effectivement moins sur le lieu de travail. Aussi lorsqu’ils s’y rendent, ils doivent vivre une bonne expérience, prendre du plaisir à y aller, à rencontrer des collègues et à collaborer ».

Penser la multiplicité des usages

Cela suppose de repenser les locaux, d’accorder davantage d’attention à l’aménagement afin d’améliorer l’expérience collaborateur. « Les lieux de travail doivent prendre en considération la multiplicité des usages, avec des salles de réunion connectées, des espaces de convivialité bien pensés, des bureaux aménageables pour offrir un meilleur environnement », considère Pierre-Alexandre Pillet.

Pour les structures en flex-office, l’ergonomie des espaces doit aussi être réfléchie pour permettre à chaque collaborateur de s’approprier l’espace partagé. C’est le cas d’Edenred que Lyreco a accompagné. « Dans son approche, l’entreprise a particulièrement veillé au bien-être des salariés. Chaque poste a été équipé de sièges facilement réglables et d’écrans montés sur des bras ajustables (hauteur, profondeur, latéralité), évitant aux salariés de devoir tout reconfigurer chaque semaine », relate Karine Coulet.

Au-delà des bureaux en eux-mêmes, les espaces doivent intégrer des différentes zones, notamment en open space. « Pour rendre ces espaces attrayants, il est important de donner du volume et de la clarté à l’ensemble. En parallèle, développer des espaces de repli, comme des box acoustiques, des petites salles de réunion, permet aux collaborateurs de s’isoler », conseille Pierre-Alexandre Pillet.

Pour renforcer l’attrait des locaux, des organisations misent aussi sur la convivialité des lieux, avec la création d’espaces informels où les salariés peuvent se réunir autour d’une activité ou d’un café. Cela passe aussi par le choix du mobilier et des matériaux mais aussi par l’installation de végétaux pour rendre les espaces plus chaleureux.

Une expérience collaborateur globale

Mais attention, l’environnement matériel n’est pas le seul vecteur du bien-être au travail, prévient Karine Coulet : « C’est agréable d’avoir de beaux locaux, de beaux espaces et des bureaux ergonomiques, mais cela ne révolutionne pas tout. Les changements d’environnement de travail ne se décrètent pas, ils doivent s’accompagner. Les organisations doivent impliquer les équipes pour amener un réel bien-être ».

L’expérience collaborateur doit être conçue dans sa globalité et co-construite. Cela peut notamment passer par la mise en place de groupes de travail permettant aux salariés d’exprimer leurs besoins, leurs craintes ainsi que leurs attentes.

D’autant que l’ergonomie doit être conçue d’un point de vue physique, mais aussi mental. « Ces deux sujets sont interdépendants, car les lieux influent sur la santé physique et mentale, estime l’experte. L’ergonomie physique est essentielle pour éviter les douleurs physiques et les troubles musculo-squelettiques. En revanche, si tout va bien de ce côté mais que le collaborateur subit du bruit, des va-et-vient, des odeurs de cigarette ou de nourriture parce que le bureau est situé près d’une zone fumeur ou d’une cuisine, la santé mentale en prend un coup. »

Le bien-être en faveur de la performance

La question de l’organisation de l’espace de travail devient d’autant plus essentielle pour attirer les nouvelles générations qui ont des exigences concernant la qualité de vie au travail. « Les générations Z et Alpha n’accepteront pas ce que les précédentes ont accepté. Aujourd’hui, le fait d’avoir un CDI n’est plus l’unique attente. Les jeunes veulent travailler pour des entreprises sensibles aux questions de qualité de vie au travail, mais aussi aux enjeux de RSE pour trouver du sens », considère l’expert en environnement de travail.

Avec un gain pour les entreprises, car la santé physique et mentale des salariés a un impact direct sur la productivité et la performance.

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