
La reprise en début d’année est souvent brutale pour les professionnels RH, happés par l’urgence et la pression dès les premiers jours de janvier. Entre surcharge émotionnelle, gestion de crise et anticipation stratégique, comment tenir sur la durée sans s’épuiser ? Voici les clés pour préserver sa santé mentale et son efficacité dans un métier d’accompagnement sous tension.
La reprise est faite. Et déjà, tout est reparti
Les agendas se sont remplis. Les boîtes mail ont explosé. Les sujets sensibles ont refait surface. Les vacances semblent déjà loin. Très loin. Et pour beaucoup de professionnels RH, la reprise n’a pas été progressive. Elle a été rapide, dense, parfois trop, comme si tout avait redémarré d’un coup, sans véritable phase de transition. Comment tenir dans la durée ? Trouver l’énergie pour continuer à accompagner les managers ? Faire en sorte que cette année soit moins épuisante que les précédentes ?
Un rôle exigeant aux multiples facettes
L’enjeu, pour les RH, n’est pas seulement d’être opérationnels. Il est de tenir dans un rôle où l’on est en permanence au service de : répondre aux pressions externes, intervenir en pompier sur des situations qui auraient parfois pu être évitées, traiter l’urgence relationnelle et humaine. Tout cela en continuant à délivrer : expliquer et sécuriser les plannings juridiques, garantir le cadre social, guider les managers et les équipes. Et, en parallèle, porter une vision de long terme : anticiper les évolutions des métiers, l’impact de l’IA, les transformations organisationnelles, tout en restant attentif à un autre sujet devenu central : la santé mentale au travail.
Un risque de surcharge émotionnelle
Cela prend souvent la forme de situations très concrètes : un manager en difficulté qui appelle en urgence, un conflit d’équipe qui dégénère, une alerte sur la souffrance d’un collaborateur, une décision sociale à expliquer alors même qu’elle n’a pas été choisie. Le RH se retrouve alors en première ligne, exposé émotionnellement, sommé d’apporter des réponses rapides, tout en gardant la tête froide et le cadre. Dans ce contexte, le risque pour les RH est de fonctionner en permanence en réaction.
Recentrer son énergie
Or, pour pouvoir durer, il leur est nécessaire de prendre soin de leur propre charge mentale et émotionnelle. De décharger ce qui les encombre : les ruminations mentales, les irritants émotionnels, le sentiment de devoir absorber, contenir, sécuriser pour que le système continue de fonctionner. Dans un rôle où l’on est constamment tourné vers les autres, cette évidence est souvent reléguée au second plan. Pourtant, prendre soin de son équilibre et de son écologie personnelle n’est pas un confort : c’est une condition pour accompagner dans la durée, et préserver sa clairvoyance et son discernement.
Adopter une écologie de pensée
La première étape consiste à prendre du recul sur ses émotions et ses biais cognitifs. Observer ses réflexes de réactivité, ses postures — productives ou non. Éviter d’interpréter, de comparer, de ruminer ce que l’on souhaiterait voir différent, pour rester concentré sur ce qui est possible ici et maintenant. Accepter la réalité, même lorsqu’elle ne plaît pas, permet de sortir de l’emprise émotionnelle du « subir » pour redevenir acteur. Ainsi, se « décharger » suppose une écologie de pensée exigeante : se centrer sur le temps présent et sur ce que l’on contrôle réellement. Or, la seule chose que chacun contrôle, c’est soi : ses actions, ses arbitrages, ses choix d’investissement de temps et d’énergie — au service de ce qui fait sens du point de vue de son expertise, et non uniquement de ce qui est urgent du point de vue de la contrainte de l’autre.
Des espaces courts, mais structurants
Concrètement, cela peut passer par des rendez-vous courts, mais réguliers, avec soi-même : dix minutes en fin de semaine pour relire ce qui a été énergivore ou ressourçant, un temps de respiration entre deux réunions sensibles, ou encore un moment dédié pour clarifier ses priorités au regard de sa boussole avant de replonger dans l’opérationnel. Des espaces simples, mais structurants, pour remettre de la conscience là où le rythme pousse souvent à l’automatisme, et ainsi se poser des questions essentielles : qu’est-ce qui est important pour moi, aujourd’hui ? Où est ma valeur ajoutée réelle ? Que puis-je faire, moi, pour améliorer mon quotidien professionnel à moyen terme et sortir de ce sentiment de rouleau compresseur ? Le simple fait de s’autoriser ce temps de réflexion soutient une posture plus posée, une capacité de discernement renforcée, et constitue un véritable levier de prévention de l’épuisement.
Des rendez-vous avec soi pour durer
Pour tenir toute l’année, les RH n’ont pas besoin d’en faire plus. Ils ont surtout besoin de s’autoriser des rendez-vous courts, mais constants, avec eux-mêmes pour continuer à jouer pleinement leur rôle de tiers, de repère et de soutien dans des organisations en transformation.
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