
Dans un monde professionnel instable, la capacité à se diriger soi-même devient une compétence clé. Le self-leadership ne se limite pas à l’autonomie : il s’agit d’un travail d’alignement, de gestion émotionnelle et d’impact sur son environnement. Florence Dambricourt, CEO de Talking4good et autrice du livre ‘Self-leadership en action’, décrypte cette approche qui remet l’individu au cœur de son propre pilotage.
Et si tout ne dépendait pas de ce qui vous arrive, mais de la manière dont vous choisissez d’y répondre ? Le self-leadership, c’est précisément cette capacité que chacun a à s’auto-diriger et à être autonome dans ses décisions.
Pour Florence Dambricourt, autrice du livre ‘Self-leadership en action’, il ne s’agit pas d’une technique de plus, mais d’une véritable approche de vie. « C’est la capacité à se guider avec discernement, à s’ancrer et garder le cap sur l’essentiel tout en cultivant un impact sur soi, sur les autres et sur son environnement professionnel », résume la CEO de Talking4good.
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Observer son environnement
Selon elle, le self-leadership est une aptitude innée que chacun a en soi. Mais la manière dont il est utilisé dépend de la personne. Pour l’activer et en faire un pilier, il est essentiel de commencer par observer ce qui se passe dans son environnement et comment chacun y réagit. « Nous adoptons tous des comportements différents selon le contexte. Une personne ne réagira pas de la même manière avec des amis et avec sa famille, ce qui montre sa flexibilité et sa capacité d’adaptation », considère l’experte.
Par ailleurs, activer son self-leadership implique aussi d’observer ses automatismes dans une situation analogue pour les modifier. « Si cela fait des années qu’une personne réagit de la même manière face à une situation de tension, et si cette réaction n’apporte pas de résultat positif, c’est le moment de se poser pour voir ce que l’elle peut faire différemment », estime l’autrice.
Ainsi, le self-leadership ne consiste pas seulement à s’adapter à son environnement mais à agir en cohérence avec ce qui anime profondément. Ce qui suppose d’identifier ses valeurs propres. Cet alignement entre ses valeurs personnelles et ses décisions quotidiennes transforme une simple autonomie en self-leadership.
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Gérer ses émotions
Pour parvenir à modifier ses comportements, Florence Dambricourt invite tout d’abord à apprendre à gérer ses émotions : « Une émotion qui nous traverse a toujours un message à faire passer. La colère est une émotion qui est très mal perçue dans notre société. Si on ne l’écoute pas, elle revient toujours plus forte. Pour modifier sa manière de réagir, il est essentiel de l’identifier, de l’accueillir et de la vivre pour en faire quelque chose. »
Ainsi, écouter sa colère permet de poser des limites, d’être ferme quant à ses besoins, d’apprendre à dire non et donc de développer son assertivité.
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Hacker son cerveau
En plus de la gestion des émotions, l’experte propose aussi d’identifier ses propres fonctionnements. « Le cerveau fonctionne sur la prédiction et l’anticipation. Tout ce qui nous arrive est enregistré dans notre cerveau et lorsqu’une situation se reproduit, il va réagir de la manière dont il en a l’habitude. Pour sortir de ces comportements, il faut se poser, prendre conscience de ses schémas et hacker son cerveau », estime Florence Dambricourt.
Pour déconditionner ces mécanismes, la spécialiste propose des astuces simples : « De nombreuses personnes ont tendance à appréhender des situations de manière négative. Pour hacker son système d’action, je conseille de se concentrer sur les choses telles qu’on voudrait qu’elles se produisent plutôt que sur ce que l’on ne souhaite pas. »
Elle invite ainsi à formuler des phrases au ‘Je’, au présent et de manière affirmative. Une personne qui craint de prendre la parole en public visualisera souvent le négatif, “je vais me planter, je vais avoir un blanc, je vais bafouiller”. Mais si elle se concentre sur le succès en se représentant que son discours sera fluide, que les blancs seront des respirations, et que ses sensations physiques traduisent de l’excitation et non du stress, le cerveau va reconsidérer les éléments et intégrer une réalité plus positive.
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Miser sur des micro-changements
Sortir de ses schémas habituels passe aussi par la mise en place de micro-gestes quotidiens pour pratiquer régulièrement le changement. « Souvent, on voit le changement comme une montagne, un cataclysme qui va bouleverser notre monde. En réalité, le changement est partout. Le cerveau évolue tout le temps et c’est un muscle à renforcer. C’est pourquoi les micro-actions sont essentielles », estime Florence Dambricourt.
Par exemple, un manager qui a du mal à laisser de la place à son équipe peut prendre l’habitude de s’exprimer en dernier lors des réunions pendant une semaine pour se décentrer. « Ces pratiques modifient les comportements en les ancrant dans le quotidien et donc en apportant une réponse durable », affirme-t-elle.
Pour parvenir à changer de prisme, il est aussi essentiel de prendre soin de son énergie. Sans respect de ses besoins fondamentaux – sommeil, pauses, alimentation – le cerveau épuisé risque de retomber dans ses vieux automatismes.
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Agir sur le monde
Cependant, tout ne vient pas de soi, alerte la conférencière : « Le regard intérieur n’est que la moitié de l’histoire ». Si travailler sur soi est essentiel, la transformation passe aussi par le collectif. « Nous sommes toujours en interaction. Dans un environnement toxique, le système entier va créer de l’anxiété. Les collaborateurs vont inconsciemment activer des drivers de stress, ce qui nourrit le cercle vicieux », précise-t-elle.
Pour casser la dynamique dans une situation de conflit, un collaborateur peut se poser une intension sur ce qu’il souhaite créer : avoir un échange constructif dont chaque partie ressort apaisée par exemple. Cet état d’esprit change la dynamique entre les deux parties prenantes. « Si une seule personne décide de changer son attitude, cela va avoir un impact sur mes collaborateurs dont les agissements évolueront aussi », affirme-t-elle.
Et cette démarche ne s’arrête pas à la sphère individuelle, car chaque individu est un maillon d’un système vivant. En changeant ses propres mécanismes, chacun agit le collectif. L’enjeu est là : passer d’une addition de talents individuels à une équipe véritablement talentueuse dans son collectif, où le self-leadership de chacun devient le moteur d’une performance partagée et plus humaine.
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