S’autoriser une pause dans sa carrière ? Ils l’ont fait !

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Ils sont partis voyager au bout du monde, ont repris leurs études en vue d’une reconversion… Pour ces salariés au parcours non linéaire, l’annonce de leur choix a été une étape clé à bien négocier. Comment faire pour être bien compris ? Témoignages.

Partir au bout du monde, plaquer son job pour faire de l’humanitaire… Qui n’a pas rêvé de faire une pause dans sa vie professionnelle ? Mais comment ne pas passer pour un irresponsable, un idéaliste ou pire, un fainéant ? Pour Florent Piponnier, tout dépend de la manière dont on prépare son projet. Ancien responsable développement durable chez Festilight, il a quitté son CDI pour faire le tour d’Europe à vélo. « Pour le PDG, c’était clairement un an de vacances. En revanche, mes collègues ont compris : je partais à la découverte d’initiatives citoyennes et durables, donc en rapport avec mon boulot. » Même s’il regrette d’avoir dû démissionner, s’autoriser de changer de cap est pour lui un « état d’esprit ». « Avec un diplôme d’ingénieur, cela aurait été ridicule d’avoir peur de quitter mon job : je savais que ce ne serait pas un blanc sur mon CV, que je valoriserai mon expérience ». Près de 9000 km plus tard, c’est chose faite. Sur son profil LinkedIn, son voyage est aussi mis en avant que ses précédentes expériences professionnelles avec les réalisations et les compétences acquises : création d’un site web, réalisation d’un documentaire (en cours), collecte de fonds, conférences, gestion des relations presse…  Ces sept mois et demi ont également été sources de rencontres et de réflexions sur sa vie. Quelques mois après son retour, il est en train de monter sa boîte, et les propositions de boulot ne manquent pas.

Insister sur le positif

« C’est important de ne pas dire : « j’en ai ras-le-bol, je plaque tout » », confirme Marguerite Chevreul, ancienne DRH qui coache aujourd’hui des cadres sur leur stratégie de carrière. « Quand on décide de faire une pause, il faut l’annoncer de façon positive. Le congé parental comme un temps pour éduquer ses enfants, pas comme une contrainte, par exemple. Pour un voyage, si on dit : « je vais me dorer la pilule sur une plage », ça risque d’être mal compris, mieux vaut souligner le besoin de prendre du recul, présenter ça comme une expérience nouvelle, non une fuite. » C’est ce qu’a fait Angélique Mangon. La journaliste parcourt depuis octobre dernier l’Amérique latine, seule avec son sac à dos (1). « J’en ai parlé petit à petit à ma famille, d’abord en disant que ce serait quelques mois, puis le projet s’est précisé », raconte-elle. L’objectif de ce voyage ? Aller à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont un lien fort à la terre et s’engagent pour la préserver, partager le quotidien de communautés indigènes, d’agriculteurs et de citoyens engagés. « Au moment du départ, des opportunités de travail se sont présentées et j’ai douté. Ma mère m’a dit : « pars ! » ». Pari gagné : « il faut y aller progressivement pour être compris », croit-elle, même si elle reconnaît que n’étant pas en CDI, elle avait moins de pression.

Ne pas s’attacher aux réactions des gens

Reste à trouver le bon moment pour l’annoncer. « Il y a un délai légal à respecter », tranche Marguerite Chevreul. « Rien ne sert de l’annoncer avant, car on pourrait vous accuser d’être démotivé », conseille la coach. Ne pas trop attendre permet malgré tout d’accompagner la recherche de son propre remplaçant, sans laisser l’entreprise dans une situation délicate. Aurélie Coiffard est devenue bijoutière-joaillière, après une expérience de technicienne d’expérimentation dans l’agriculture. « Ça ne me plaisait plus… » Elle en a seulement parlé à son conjoint au début pour s’assurer de « son soutien ». Puis, elle l’a annoncé à son patron. « On m’a décelé une tumeur au même moment, qui signifiait un arrêt maladie longue durée. Il a accepté de me faire une rupture conventionnelle ». Aujourd’hui, elle patienterait davantage avant de dévoiler son envie de changement. « J’aurais ainsi pu prolonger mes droits et suivre une formation plus longue. » Qu’importe, elle ne regrette pas. « Le bilan de compétences m’a permis de réaliser un rêve que j’avais laissé tomber. Si on s’attache trop aux réactions des gens, on ne fait rien », défend-elle. « C’est plus facile quand on a un projet », reconnaît cependant Marguerite Chevreul. « Mais la manière de l’annoncer conditionne le retour : mieux vaut laisser une image professionnelle, même si on s’autorise une parenthèse. »

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(1) https://surlaroutedelapachamama.com

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