Nouveaux espaces de travail : le fossé générationnel

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Les résultats de l’étude « La relation entre l’environnement de travail et le bien-être des salariés », réalisée par OpinionWay pour le cabinet CD&B, ont été révélés aujourd’hui. Cette deuxième édition marque une nette fracture entre les générations, notamment dans l’adhésion au coworking. Synthèse en sept questions-réponses.

Quel est l’aménagement de bureau le plus fréquent ?
81% des salariés cohabitent avec un ou plusieurs collègues. L’open-space (33%) et le bureau fermé avec moins de 5 personnes (30%) sont les configurations les plus répandues. « Le bureau individuel, avec porte, reste un attribut statutaire de l’autorité », précise Frédéric Micheau, directeur de département chez OpinionWay.

Les salariés sont-ils satisfaits de leur espace de travail ?
Ils lui attribuent en moyenne une note de 6.5 sur 10 (la satisfaction monte à 7 pour ceux qui occupent seul un bureau et descend à 6 pour ceux partageant un open-space). Une note stable par rapport au premier baromètre réalisé un an auparavant. Le plus inquiétant ? La moitié des personnes interrogées ne constatent aucune amélioration au cours des cinq dernières années et 20% ne sont jamais consultées en ce qui concerne l’aménagement de leur espace de travail. « Associer les collaborateurs au projet très en amont est pourtant essentiel », soutient Jean-Michel Peretti, professeur à l’ESSEC.

Quelle influence l’environnement de travail a-t-il sur les collaborateurs ?
Les locaux ne sont pas anodins et ont de vraies incidences sur de nombreux aspects de la vie des salariés : qualité du travail (capacité à se concentrer, productivité, créativité…), relations humaines (convivialité, capacité à collaborer, travail en équipe…) et perception personnelle (plaisir à venir travailler, fierté d’appartenir à l’entreprise, niveau de stress…).

Le desk sharing, une pratique populaire en France ?
Pas du tout ! A peine 10% des salariés pratiquent le desk sharing, 68% y sont carrément défavorables. Cette pratique est beaucoup plus connue chez les plus jeunes (40% auprès des moins de 35 ans) que chez leurs aînés (25% auprès des salariés de 50 ans ou plus) ainsi que chez ceux encadrant des collaborateurs (47% contre 23%). Les jeunes sont plus enclins à adopter ce mode de travail (40% auprès des moins de 35 ans contre 23% auprès des 50 ans et plus). L’absence de bureau fixe peut donner le sentiment d’un déclassement et d’une déshumanisation. « Cette pratique est plébiscitée par de plus en plus d’entreprises, nous le remarquons sur nos carnets de commande. La mise en place de ce modèle exige une organisation managériale souple fondée sur l’autonomie et l’agilité », explique Michel Ciucci, Directeur Général de CD&B, expert en transformation des espaces de travail qui a notamment accompagné l’entreprise Tétra Pack dans la mise en place du desk sharing dans ses locaux. « Tous les salariés, dont la moyenne d’âge est de 45 ans avec une forte ancienneté, y étaient réticents, se souvient Cécile Tourneboeuf, en charge de l’accompagnement au changement chez CD&B. C’est simple, à la première réunion évoquant cette solution, ils ont tous quitté la salle ! Nous avons travaillé sur leurs appréhensions, par exemple la gestion des dossiers, et trouvé des aménagements pour y répondre au mieux. Nous avons ainsi conçu des zones dédiées aux RH ou encore aux services généraux à proximité de leurs rangements. Cinq mois après l’aménagement, 80% des collaborateurs étaient satisfaits. »

Quid du télétravail ?
Alors qu’un cadre sur deux travaille régulièrement à domicile, c’est le cas pour seulement 10% des employés. « Deux facteurs expliquent cet écart. D’abord les différences en matière d’outils numériques mis à disposition. Ensuite, le management. Le télétravail demande une vraie confiance de la part de la hiérarchie », estime Frédéric Micheau.

Le coworking est-il entré dans les mœurs ?
Il est désormais connu de la majorité des salariés (61%), mais cette pratique est clivante sur le plan générationnel. En effet, 58% des moins de 35 ans y sont favorables, contre seulement 37% chez les plus de 50 ans. De même, l’opposition au coworking augmente sensiblement avec l’âge passant de 42% chez les moins de 35 ans à 63% chez les salariés de 50 ans et plus. « Cette distinction s’explique facilement. Les outils et les espaces collaboratifs font partie d’une tendance relativement récente, impulsée par la génération 15-35 ans. Dans la pratique, les réticences s’effacent aisément à condition que le déploiement de ces nouveaux modes de travail fasse l’objet d’un véritable accompagnement », déclare Michel Ciucci.

Quels sont les avantages attribués au coworking ?
La socialisation avec des salariés d’autres entreprises, le fait de travailler plus près de chez soi (et ainsi de limiter les transports) ou encore la rupture avec une certaine forme de monotonie. Autant de bonnes raisons de s’y mettre, non ?

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Crédit photo : CD&B – Startway

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