Intrapreunariat : A 50 ans, il a créé sa start-up… au sein de son entreprise

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Développer des nouvelles idées en interne, plutôt que de démissionner pour aller les tester : tous les grands groupes encouragent désormais cette nouvelle forme d’innovation. Ils autorisent ainsi des collaborateurs à créer leur start-up en interne, sur leur temps de travail. Fabrice Plateau est l’un des ces « intrapreuneurs » : La Poste lui a laissé 18 mois pour créer « Oh my Keys », tout en restant salarié. Une chance.

À 50 ans, vous êtes devenu entrepreneur sans même quitter votre entreprise,  comment cela s’est-il passé ?
J’étais directeur des systèmes d’information dans une filiale de La Poste. J’avais une vie bien remplie, beaucoup de travail, une équipe et un budget à gérer… Ce qui a amené le changement, c’est un concours interne, « 20 projets pour 2020 ». Le Dg et le président ont poussé un maximum de gens à y participer, on a commencé à développer un projet de conciergerie de clés avec le directeur financier et un architecte solution de mon équipe. On s’est pris au jeu et on a passé les différentes phases du concours, encadrés par les départements stratégie et innovation du groupe. On a eu trois mois pour passer le concours. Oh my Keys a été sélectionné, et l’entreprise nous a détaché de nos postes pendant 18 mois pour aller au bout de l’idée.

Sans cet accompagnement de La Poste, qui vous permettait de vous lancer tout en restant salarié, vous auriez sauté le pas ?
Je pense que c’est possible… mais difficile au quotidien ! Quand on est sur une charge de travail, on a du mal à penser à autre chose et à prendre le temps de développer des idées. Je ne l’aurais pas forcément fait maintenant.

Que permet l’intrapreunariat ?
C’est un confort exceptionnel ! On conserve les mêmes avantages : le salaire net est garanti à 100% par le groupe, il y a juste un impact sur les primes. L’avantage d’être en start up c’est aussi que tout va beaucoup plus vite. À trois au quotidien, on fait des choses qu’on ne faisait pas : du marketing, de la communication, des ressources humaines, je refais de la réengineering… Ça vaut une très bonne formation qui coûterait très cher et dont les résultats ne seraient pas garantis !

Il existe de nombreux dispositifs d’accompagnements pour les start up, des incubateurs… en quoi innover en entreprise est différent ?
On a des facilités en plus. Je n’aurais jamais eu assez du reste de ma vie pour me créer le réseau qu’a La Poste. On a pu tester notre système de conciergerie dans quelques bureaux de poste, et on a accès à 26 millions de clients potentiels : c’est vraiment un accélérateur de possibilités de développement. Dire que les entreprises volent les idées des start up est un faux procès : pour nous c’est l’opportunité de s’appuyer sur un groupe.

Votre ancien poste ne vous manque pas ?
J’étais très pris dans ce que je faisais.  Là, on est dans le concret, le fait qu’on ait des clients fait beaucoup. Quand on est entré en négociation avec l’employeur, on a fait un chemin, aujourd’hui le résultat est positif, et le capital est créé.

Vous avez pensé à quitter l’entreprise pour faire vivre le projet seuls ?
Si le groupe ne s’était pas engagé autant, on aurait pu. Mais nous n’avons pas senti de barrière, et le réseau est un atout. On se sent soutenu, et puisqu’on a réussi à devenir actionnaire, tout le monde y gagne.

Comment voyez-vous la suite ?
Oh my Keys est désormais filialisé et je suis mandataire social depuis le 1er juin 2017. On a négocié pour être actionnaire de la start up, et on a des émoluments en plus du salaire garanti. Pendant quatre ans, nous avons aussi un accord : si ça ne fonctionne pas, je peux retrouver mon ancien poste. Tous les entrepreneurs en rêveraient ! J’ai désormais quatre ans devant moi pour développer l’entreprise avec un comité de suivi et l’objectif d’aller chercher des clients.

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